EMILY BARNETT « LES OISEAUX DE PASSAGE »

Quatrième de couverture

13 novembre 2015, 21 h 30. À Paris, Juliette descend la rue du Faubourg du Temple à vélo pour se rendre chez un ami. Le temps de comprendre ce qui vient de se passer et ce vers quoi elle se dirige – ces scènes de carnage –, elle tombe sur Paul, qu’elle n’a pas revu depuis le lycée. Il se trouvait au Carillon et a échappé de justesse à l’attentat. Elle abasourdie, lui blessé, ils vont errer dans cette nuit meurtrière qui les ramène à un autre drame : la disparition de Diane, à la personnalité magnétique, quand ils étaient adolescents.

Avec Les Oiseaux de passage, Emily Barnett met en scène une génération, celle qui s’est connue en groupe dans les années 1990 et a perdu peu à peu le sens du collectif, pour le retrouver, peut-être, un soir de terreur, vingt ans plus tard.

Mon avis

13 novembre 2015. Une date que personne ne peut oublier. Juliette a un rendez-vous, elle est en retard, heureusement pour elle. Paul, lui, se retrouve au milieu de l’indicible. Et cette terrible nuit, ils se retrouvent, eux qui s’étaient perdus de vue à l’adolescence. Ils errent dans les rues de Paris, reparcourant leurs souvenirs, et le drame qui les a marqués à jamais… Ils étaient un petit groupe, ils fréquentaient « Les oiseaux de passage »…

Les souvenirs, la jeunesse, la vie en groupe dans les années 90. L’adolescence, ses joies et ses douleurs. Et la façon dont chacun vit les choses, les relations. Chacun se construit ses souvenirs, parfois pour se protéger, parfois pour survivre..

Un roman touchant, une écriture à fleur de peau. Une très jolie découverte.

Extraits

▪️Cette nuit, on n’en voit pas le fond. Une grande gueule noire et ouverte: celui qui s’isole risque d’être englouti, de disparaître.

▪️La vie, pas plus que l’expérience, n’avait de valeur en dehors de sa traduction en réflexions existentielles.

▪️Mais profites-en parce que ça passe vite.

– Qu’est-ce qui passe?

– L’absence de passé et de futur. Ce pur présent. Ce qu’il n’est plus possible de vivre à nouveau.

▪️Dans la vie, il y avait des êtres qui s’aimantaient ou pas.

▪️Mais chacun est maître de ses souvenirs. Notre bien-être et parfois notre survie en dépendent.

Note: 5/5

Flammarion, 2019, 192p.

PHILIPPE VILAIN « UN MATIN D’HIVER »

Quatrième de couverture

Elle a trente ans, elle est professeur de littérature. Lui enseigne la sociologie. Elle est française, solitaire et passionnée. Lui est américain, désinvolte et mystérieux. Alors que tout les oppose, ils tombent amoureux, se marient, ont un enfant. Une vie de couple heureux. Banalité ? Bonheur ? Un jour, Dan disparaît.

Quinze ans après, le souvenir de sa disparition s’étant émoussé, leur fille ayant grandi, d’autres hommes étant entrés dans sa vie, elle tente de comprendre l’inexplicable. Peut-on vivre avec un fantôme ?

Mon avis

Elle est française, il est américain. Elle est professeur de littérature, il est professeur de sociologie. Ils se rencontrent, s’aiment, ont un enfant… Le bonheur… Et un jour, il prend un avion et disparaît. Comment vivre avec l’absence, avec l’inexplicable? … Mais la vie elle, continue. L’enfant grandit…

Le parcours d’une femme amoureuse. Son amour et sa reconstruction. Ses questionnements, ses doutes, sa douleur face à l’absence. Les épreuves endurées, pour un homme qui devient un fantôme.

Énorme coup de coeur pour ce roman d’une sensibilité profonde.

Une écriture maîtrisée et poétique, tellement belle.

Extraits

▪️… car la littérature a toujours été autre chose qu’un métier à mes yeux : une compagne fidèle plutôt, un secours nécessaire, une amie que j’appelle au milieu de la nuit, dans mes insomnies, aux heures où tout le monde rêve. La littérature m’est une maladie, un malaise existentiel, une migraine lancinante. Comment dire? Si je devais donner une image, je dirais que la littérature est un peu comme l’inspecteur Colombo lorsque l’enquête semble lui échapper et qu’il finit par revenir vers le présumé coupable pour lui dire: « Encore une petite question ! «  C’est cela qu’est pour moi la littérature, une petite question, encore une petite question.

▪️On est jamais celui qu’on voudrait être dans le regard des autres.

▪️J’aime les fins et les débuts, les histoires infinies.

▪️Une nouvelle histoire, un nouvel amour tient toujours du miracle. On se retrouve avec un homme, une femme, quelque part. Quelque part dans une ville, c’est une rue que nous avons fréquentée sans savoir que nous y ferions l’amour ; c’est un immeuble devant lequel nous sommes souvent passés sans le remarquer , c’est une fenêtre qui nous fait voir le monde différemment.

▪️Je n’étais sensible qu’au langage amoureux, à la naissance et aux états de l’amour racontés dans les romans- La surprise, l’éblouissement et l’admiration, le plaisir et l’espérance, la sidération, la dépendance et le doute- qui me paraissent décrire mon propre état. Ainsi quand je lisais dans « Belle du Seigneur: « Aimé hier soir, je lisais un livre et soudain je me suis aperçue que je ne comprenais rien et que je pensais à vous » j’avais l’impression que cette phrase m’était adressée.

▪️Ce n’est pas l’amour qui fait peur, ce sont les mots, les déclarations enflammées, leurs poésie. Le silence est préférable, il est déjà une phrase pour celui qui sait le lire.

▪️Le bonheur n’a pas de mots, il n’a que des images radieuses, des béatitudes et des joies, des enflammades chantonnées dans l’intimité d’une chambre spartiate, des fulgurances et des serments, des appréhensions et des certitudes fragiles.

▪️Les grandes joies disent tout,elles sont des sourires et des confettis à la place des mots. Le bonheur n’a pas de mots, il n’a que des images radieuses,des béatitudes, des enflammades chantonnées dans l’intimité d’une chambre spartiate…

▪️« … à mes yeux, les histoires ne sont d’ailleurs ni tristes ni gaies, ni heureuses ni malheureuses, elles sont simplement ce que nous faisons d’elles, je dirais même qu’elles sont belles de ce que nous faisons d’elles et de ce qu’elles font de nous: belles des surprises qu’elles nous offrent et des découvertes qu’elles nous font faire, belles des malheurs mêmes qu’elles nous font traverser et des peines qu’elles nous font éprouver, belles des passions et des émotions fortes qui nous font vibrer, belles de ce qu’elles nous révèlent, belles des peurs qu’elles nous font surmonter, belles de ce qui nous arrive et de ce qu’elles nous font devenir. Nous appartenons à nos histoires comme nos histoires nous appartiennent, et nous en sommes tantôt les personnages, tantôt les auteurs, tantôt les simples spectateurs: tour à tour, nous incarnons les trois instances du roman de nos vies, de l’épique des jours. 

Note: 5/5 💙💙

Grasset, 2019, 144p.

FLORENCE HERRLEMANN « L’APPARTEMENT DU DESSOUS »

Quatrième de couverture

Dans le petit immeuble parisien du Marais où elle vit depuis des lustres, Hectorine voit d’un jour à l’autre l’appartement du dessous investi par une nouvelle voisine, Sarah. Pour lui souhaiter la bienvenue, la vieille dame dépose une lettre sur le pas de sa porte. Cette missive sera suivie de beaucoup d’autres, retraçant une traversée du XXe siècle incroyable, entre le Cabourg de La Recherche, le Berlin du IIIe Reich et le Paris d’après-guerre.

Mais pourquoi toutes ces lettres? « Un jour, vous saurez », promet la centenaire à Sarah qui se prend au jeu, intriguée par cette voisine invisible dont les confidences laissent percer l’aiguillon d’un douloureux secret…

Dans ce roman totalement insolite qui redonne vie et fraîcheur au genre épistolaire, Florence Herrlemann insuffle un véritable hymne à la vie, à la parole qui délivre et à la transmission entre générations. Ce voyage fascinant au cœur de l’Histoire nous rappelle aussi que l’amitié est le plus tendre des pactes.

Mon avis

Sarah s’installe dans un appartement du Marais ayant appartenu à son arrière grand-mère. Elle travaille dans le monde de l’édition. Sa voisine, Hectorine, une très vieille dame, lui dépose une lettre devant sa porte. Débute ainsi une « répondance ». Si au premier abord, Sarah est désappointée par cette intrusion dans sa vie, elle prend cependant, peu à peu goût à cette correspondance énigmatique. Au fil des lettres, la vieille dame dévoile pas à pas son histoire. Quel est son secret?

Un roman épistolaire, comme je les aime, intelligent et intrigant. Tout au long de ces lettres, on se pose des questions. Pourquoi ces lettres? Quel lien existe-t-il entre ces deux femmes? Où tout cela mènera-t-il?

Un roman qui se déguste comme une petite madeleine aux saveurs d’antan!

Extraits

▪️La littérature a toujours fait partie de ma vie. Elle m’a permis de croire encore en l’humanité, lorsque ce mot n’était devenu pour moi qu’une idée dénuée de sens, une coque vide. Elle m’a indiqué le chemin, m’a aidée à distinguer ce qui a du prix de ce qui n’en a pas. Elle m’a donné la force de continuer à garder la tête haute, à sourire, à ressentir, à rêver. Elle m’a appris à supporter la douleur, le froid, à contenir ma colère, à adoucir mes peines, à grandir, a aimer et aimer encore. Elle m’a sauvé la vie.

▪️J’ai découvert combien nos émotions nous rappellent que nous sommes vivant.

▪️Bien sûr, la raison pour laquelle on aime un livre reste subjective. C’est une histoire de sensibilité, on est touchées pas.

▪️Je préfère être celle que vous imaginez à travers mes écrits. Je suis intimement persuadée que l’image que vous vous faites de ma personne est infiniment plus séduisante que ce que je suis devenue.

▪️« Où en êtes-vous de vos lectures des grands classiques? Quels sont vos livres de chevet? Ce sont des questions auxquelles ne peuvent couper ceux qui m’intéressent. Dis-moi ce que tu lis, je te dirai qui tu es. Je suis persuadée de cela.

▪️L’amour, on y pense vraiment que quand il est absent. Quand il manque. C’est comme l’air qu’on respire. Il suffit que nous soyons à bout de souffle , haletants, pour le chercher à tout prix, pour désirer remplir nos poumons d’une longue goulée d’air. De même pour l’amour, c’est quand il manque qu’on se met à le chercher partout. Encore faut-il ouvrir grands les yeux. On le trouve dans la main bienfaitrice qui se tend pour nous remettre debout . Dans la bouche d’un inconnu dont les mots réconfortants explosent en un feu d’artifice.

▪️L’amour a aussi cette formidable faculté de nous rendre merveilleusement, extraordinairement ridicule.

Note: 5/5 💙💙

Albin Michel, 2019, 254 p.

LIVIA MEINZOLT « LE BRUIT DES PAGES »

Quatrième de couverture

2016, Paris

Éva hérite d’une librairie dans le quartier de la Butte aux Cailles. Les exigences du vieux propriétaire avec lequel elle s’était liée d’amitié ? Que la librairie ne soit jamais vendue et qu’Éva y conserve un tableau représentant une jeune femme, penchée sur un carnet, aux pieds d’un acacia majestueux. Bientôt, elle se prend à imaginer la vie de la femme du tableau, Apollinariya Ivanovna Lubiova, une jeune aristocrate russe, vibrante de rêves et d’idéaux au coeur de l’été 1916.

Mais tandis que les mois passent, fiction et réalité semblent se confondre… Et si la librairie renfermait des mystères insoupçonnés ? Le voyage d’Éva à Saint-Pétersbourg pourrait-il l’aider à comprendre le lien étrange qui l’unit à Apollinariya ?

« COUP DE COEUR! LA QUALITÉ LITTÉRAIRE DE CE ROMAN EST ABSOLUMENT REMARQUABLE. LE CHARME A COMPLÈTEMENT AGI SUR MOI. » Clarisse Sabard, auteure du best-seller « Les Lettres de Rose »

L’auteur

Livia Meinzolt a 27 ans. Très jeune, elle a su qu’elle voulait écrire, mais elle a consacré les premières années de sa vie d’adulte à explorer sa seconde passion : les voyages. Ces cinq années passées sur les routes du monde, et notamment en Russie où elle est tombée amoureuse de Saint-Pétersbourg, ont nourri son imagination. Le Bruit des pages, son premier roman, a séduit le jury du Prix du Livre Romantique. Elle est originaire du sud des Cévennes. 

Mon avis

Eva hérite de la librairie d’Ernest. Trois conditions sont liées à ce don: qu’elle ne soit jamais vendue, qu’un tableau (représentant une jeune fille écrivant sous un acacia) demeure dans la librairie et qu’un livre de Nikolaï Tchernichevsky soit exposé dans la vitrine. La librairie à l’origine appartenait à un russe qui s’est suicidé.

Eva, depuis toujours, désire écrire, elle entreprend l’écriture d’un journal intime apocryphe, dans un carnet de style ancien, relié de cuir et incrusté de fines dorures. Le journal intime d’une jeune fille russe du début du 20ème siècle. La jeune fille du tableau exposé dans la librairie. Une jeune fille qui aspire à vivre le tremblement incertain du bonheur. La révolution est aux portes, un amour immense bouscule sa vie.

L’histoire d’Eva et d’Apollinariya: deux histoires intimement liées, deux triangles amoureux, un passé frémissant … un présent surnaturel … s’aimer dans l’éternité… « lovés entre le bruit des pages »

Dans un de ses livres Tatiana de Rosnay écrit : «Parfois, la lecture d’un livre m’entraîne vers un autre? »(« Rose »). Et c’est exactement ce qui se passe avec ce livre, baigné de littérature. Il donne envie de lire ou relire les romans russes. Il donne envie de lire de la poésie. Et un livre qui entraîne d’autres lectures, c’est tout ce que j’aime de la littérature. Une histoire entraînante, douce, poétique et littéraire. Une écriture efficace et juste. Un coup de cœur, un livre que l’on savoure tant pour l’histoire que pour l’amour de la littérature.

Extraits

▪️ Être entourée de livres… c’est la vision que je me suis toujours faite du paradis!

▪️ma voix s’est échappée sur la page. Elle a enroulé les mots mystérieux, nés à l’ombre de l’été… J’ai tant hâte d’aimer! De vivre le tremblement incertain du bonheur.

▪️ce livre n’était pas de ceux que l’on dévore, mais de ceux que l’on savoure plusieurs fois.

▪️Un sourire qui renverse toutes les certitudes, et chaque incertitude.

▪️Mais accepter la réalité signifiait accepter la vie. Pas le rêve, pas le « et si » et le « peut-être »

Note: 5/5 💙💙

Prix: Prix du livre romantique 2019

Éditions Charleston,2019, 400p.

STÉPHANIE DUPAYS « COMME ELLE L’IMAGINE »

Quatrième de couverture

Laure avait des mots d’amour mais pas les preuves : Vincent n’évoquait jamais de date pour une prochaine rencontre. Et ce décalage entre les paroles et les actes la perturbait. Les messages maintenaient un lien entre eux, mais ils rendaient aussi la distance plus palpable et transformaient Vincent en une divinité inaccessible.

Laure est tombée amoureuse de Vincent en discutant avec lui sur Facebook. Depuis des mois, ils échangent aussi des SMS à longueur de journée. Elle sait tout de lui, de ses goûts, de ses habitudes mais tout reste virtuel. Si Vincent tarde à lui répondre, l’imagination de Laure prend le pouvoir et remplit le vide, elle s’inquiète, s’agace, glisse de l’incertitude à l’obsession. Quand une rencontre réelle se profile, Laure est fébrile : est-ce le début d’une histoire d’amour ou bien une illusion qui se brise?

Subtile analyste du sentiment amoureux, Stéphanie Dupays interroge notre époque et les nouvelles manières d’aimer et signe aussi un roman d’amour intemporel sur l’éveil du désir, l’attente, le doute, le ravissement.

Mon avis

Universitaire, spécialiste de Flaubert, Laure, « rencontre » Vincent sur Facebook, un soir d’été, au hasard d’une conversation « virtuelle » sur un film. Au fil des mois, ils apprennent à se connaître, mais sans se voir! Pourtant un sentiment naît et envahit la vie de Laure. Elle rêve de le rencontrer. Sera-t-il comme elle l’imagine?

Une histoire qui colle à notre temps. Le sentiment amoureux à l’heure des réseaux sociaux: amours virtuelles, amours imaginées, rêvées. Les réseaux sociaux qui envahissent nos vies et changent notre façon d’aimer. Certaines choses cependant ne changent pas: le désir, l’inquiétude, l’attente, les doutes, l’imagination, l’obsession, l’idéalisation, l’illusion. Ces amours peuvent-elles vivre dans la réalité?

Ce livre est un bonheur: que de phrases soulignées, que d’extraits recopiés; des références littéraires et cinématographiques. Une fine analyse de notre société et du sentiment amoureux et une écriture élégante! Une pépite!

Extraits

▪️… quelqu’un à qui elle pouvait faire part de l’écho qu’un vers suscitait en elle, d’une parole marquante, de la forme d’un nuage, de tous ces éclats de poésie qui émaillent la trame des jours.

▪️… car pour elle, dans les choses aussi infimes que le choix d’une étoffe, d’une matière, d’un objet, se situait le tremblement d’un être, sa singularité.

▪️… les livres […] elle aimait être entourée de leurs présence silencieuse.

▪️Laure souffrait d’une déformation professionnelle: elle voyait le réel à travers les livres. Enfin, plus exactement, elle n’en souffrait pas. Elle avait besoin des mots des autres pour décoder les êtres et les choses; interposer la littérature entre elle et le monde la protégeait. Elle n’aurait su dire de quoi.

▪️Comme il y a des accords mets-vin. On pourrait imaginer des accords lectures -lieux; certains livres résistent au tumulte et au morcellement de la lecture dans le métro, d’autres nécessitent la solitude et la verdure ou, à l’inverse, la présence discrète des habitués du café d’à côté.

▪️Elle lisait peu ses contemporains, préférant attendre que le temps trie pour elle.

▪️Les livres et les films n’étaient pas seulement des livres et des films, ils constituaient un lien entre les êtres, le symbole et le prétexte d’un dialogue ininterrompu. Découvrir quelqu’un , c’est se plonger dans un univers de pensée et de sensations, s’approprier un style.

▪️Raconter transformait ce commencement en mythe fondateur. Organises par un récit , le hasard devenait nécessité, la coïncidence prenait.

▪️… dans la lecture, deux fantaisies se faisaient écho.

▪️… j’aime quand la poésie est proche de la conversation.

▪️- L’amour n’est jamais autre chose que l’écriture d’une fiction, de toute façon.

– Oui, mais il y a des fictions qui font plus de bien que d’autres.

▪️La réalité est toujours impuissante face aux sortilèges de l’imaginaire.

▪️Savoir avait toujours rassuré Laure. Tout maîtriser pour ne pas pas être prise au dépourvu.

▪️Être amoureux, c’était donner à l’autre la possibilité de blesser.

▪️L’amour n’est pas un carcan, c’est une conjonction heureuse, aléatoire, une dynamique des corps, une mécanique céleste.

Note: 5/5 💙💙

Mercure de France, 2019, 160p.

CLARISSE SABARD « CEUX QUI VOULAIENT VOIR LA MER »

Quatrième de couverture

« Ceux qui voulaient voir la mer

Ne connaissaient pas la misère

Ils avaient fait tant de rêves

Voir le soleil mourir dans la mer… »

Pour des raisons personnelles, Lilou décide de quitter Paris pour Nice avec son fils, Marius. Et en arrivant dans le Sud, elle ne s’attendait pas à s’attacher à Aurore, cette vieille dame qu’elle croise au parc et qui commence à lui raconter sa vie. Chaque jour, Aurore attend le retour de son amoureux, Albert, parti tenter sa chance à New York après la guerre. Mais malgré sa promesse, il n’est jamais revenu… Lilou décide alors de tout faire pour retrouver le grand amour de son amie. Mais à trop vouloir remuer le passé, le présent ne risque-t-il pas de la rattraper ?

« UNE ODE À L’AMOUR, ENTRE PASSÉ ET PRÉSENT, AVEC UNE TOUCHE DE RÉALITÉ QUI REND LE TOUT INCROYABLE. » Alexandra, du blog La bibliothèque des rêves

L’auteur

Clarisse Sabard est née en 1984 dans une petite ville située en plein coeur du Berry. Après un bac littéraire, elle s’oriente vers le commerce. Un AVC la rattrape et elle décide de réaliser enfin son rêve : écrire. Passionnée de littérature et de voyages, elle vit aujourd’hui à Nice et se consacre à l’écriture. Son premier roman, Les Lettres de Rose, a reçu le Prix du Livre Romantique. Elle est également l’auteure de  » La plage de la mariée »,  » Le jardin de l’Oubli » et  » La vie est belle et drôle à la fois » aux Éditions Charleston

Mon avis

La vie n’a pas toujours été facile, pour Lilou. Mère célibataire, elle a envie de changement, et décide de quitter Paris pour emménager à Nice avec son fils. Un nouveau départ dans une nouvelle ville, plus bleue, plus lumineuse. Peu à peu, elle s’installe dans sa nouvelle vie: son métier d’agent de bibliothèque, un cours de yoga, une voisine pleine de préjugés, de nouveaux amis, de nouvelles rencontres et parmi elles, une vieille dame qui attend le retour de son amour, assise sur un banc. Cette femme la touche, et avec bienveillance, elle écoute son histoire. Une histoire faite de joies autant que de drames, l’histoire d’une femme qui s’accroche à son passé … Elle voudrait l’aider, retrouver son amour d’autrefois…

Un roman plein d’humanité et baigné de nostalgie, une nostalgie parfois heureuse. Des sujets douloureux abordés avec douceur.

Deux beaux portraits de femmes: deux femmes attachantes et touchantes, qui savent qu’il suffit d’un rien pour que tout vacille, deux femmes qui ont vécu des drames mais ont su se relever. Une écriture sensible et vivante, à trait joyeuse. Une fois commencé, il est impossible de lâcher ce roman. Un vrai coup de cœur!

Extraits

♡ Ce qui me plaisait, c’était le fait de rouler. Le temps paraissait s’étirer à l’infini. Nous chantions nos airs préférés à tue-tête. J’aimais vraiment cette sensation de liberté. C’était grisant. Tout devenait possible, vous comprenez ?

♡ Je pense que chacun est libre de son destin. Libre de se défaire des chaînes mentales qui le retiennent. Tout le monde peut choisir sa vie.

♡ Quoi qu’on en dise, le passé est vivant et se rappelle constamment à nous , même si nous faisons tout pour l’oublier. Les absents s’accrochent et sont toujours présents, malgré eux. Malgré nous.

♡ C’est la façon dont nous vivons qui compte. La façon dont nous nous relevons.

♡ J’ai toujours pensé qu’on devient adulte des l’instant où on pardonne à ses parents. Ça ne veut pas dire qu’on accepte ce quia été fait, mais simplement qu’on fait la paix avec le passé.

♡ Les regrets, c’est exactement comme les yaourts à la cerise. Personne n’en veut.

♡ La vie est un vaste chantier en perpétuelle construction… Elle a beau être remplie de fracas, il serait complètement stupide d’y renoncer.

♡ Le cœur est imprévisible, c’est ce qui fait tout le charme de l’amour.

Note: 5/5 💙💙

Éditions Charleston, mars 2019, 318 p.

ALAIN LE NINÈZE « DANS LES YEUX DE MONA LISA »

Quatrième de couverture

Cinq siècles après la mort de Léonard de Vinci, Mona Lisa parle. Cinq siècles à écouter, observer, espionner… Elle raconte ici son histoire, depuis le temps où elle vit le jour à Florence jusqu’à notre époque où, devenue le plus célèbre tableau du monde, elle trône en idole au musée du Louvre. Célébrité, disgrâce, kidnapping et agressions diverses, détournement d’image, vie clandestine pendant les guerres, voyages diplomatiques à travers le monde, la Joconde a traversé bien des épreuves. Elle a fréquenté aussi les grands de l’Histoire, de François 1er à John F. Kennedy en passant par Louis XIV et Napoléon. Et elle a vu, parfois, ce que ses yeux n’auraient pas dû voir…

L’auteur

Essayiste et romancier, Alain Le Ninèze est l’auteur d’une dizaine d’ouvrages parus notamment chez Autrement, au Seuil, chez Actes Sud et aux ateliers henry dougier ( « L’Énigme Gerstein » 2017). Passionné par l’histoire de l’art, il a raconté l’histoire de Michel-Ange décorant la chapelle Sixtine dans un roman historique récemment paru, « Libica. Michel-Ange et la Sibylle » (Actes Sud, 2014).

Mon avis

Et si Mona Lisa nous racontait son histoire… Elle nous parlerait de bien des choses, 500 ans se sont déroulés sous ses yeux. Le regard de la femme la plus regardée du monde… En janvier 2019, elle, la dame au sourire énigmatique entreprend de raconter « sa vie » au gardien qui veille sur elle… De l’atelier de Florence où Léonard de Vinci l’a peint au Musée du Louvre où elle réside désormais, elle a côtoyé d’illustres personnages et en a traversé d’innombrables épreuves. Ses yeux ont parfois vu ce qu’elle ne devait pas voir…

Et aujourd’hui que font ces deux jeunes gens qui la visitent un peu trop souvent…

On voyage avec La Joconde, et on voyage dans l’histoire de France. La grande Histoire qui se mêle à la petite histoire du tableau de Léonard de Vinci: achetée par François Ier, elle accompagna le peintre à Amboise, au Clos-Lucé, parcourut la France de château en château et vécut des périodes de grandeur mais également des périodes clandestinité…

Une belle découverte, un bel hommage au célèbre tableau, et un excellent moment de lecture.

Extraits

▪️La gloire était une chose qui se nourrissait d’elle-même et s’accroissait sans fin, à la façon d’une boule de neige roulant dans la neige.

▪️Rien à voir avec le regard vide des touristes qui ne fait que glisser sur moi comme il a glissé, ce regard, sur les divers monuments qu’il est d’usage de visiter quand on vient à Paris. Ces gens pourront dire en rentrant dans leur pays qu’ils m’ont vue, oui, comme ils ont vu Notre-Dame et la Tour Eiffel. Ils m’ont vue, mais ils ne m’ont pas regardée.

▪️… nous savons tous les deux que l’art a besoin de liberté pour s’épanouir. Il a besoin comme la plante à besoin de lumière pour croître.

Note: 4,5/5

Ateliers Henry Dougier, 2019, 190 p.