ALAIN LE NINÈZE « DANS LES YEUX DE MONA LISA »

Quatrième de couverture

Cinq siècles après la mort de Léonard de Vinci, Mona Lisa parle. Cinq siècles à écouter, observer, espionner… Elle raconte ici son histoire, depuis le temps où elle vit le jour à Florence jusqu’à notre époque où, devenue le plus célèbre tableau du monde, elle trône en idole au musée du Louvre. Célébrité, disgrâce, kidnapping et agressions diverses, détournement d’image, vie clandestine pendant les guerres, voyages diplomatiques à travers le monde, la Joconde a traversé bien des épreuves. Elle a fréquenté aussi les grands de l’Histoire, de François 1er à John F. Kennedy en passant par Louis XIV et Napoléon. Et elle a vu, parfois, ce que ses yeux n’auraient pas dû voir…

L’auteur

Essayiste et romancier, Alain Le Ninèze est l’auteur d’une dizaine d’ouvrages parus notamment chez Autrement, au Seuil, chez Actes Sud et aux ateliers henry dougier ( « L’Énigme Gerstein » 2017). Passionné par l’histoire de l’art, il a raconté l’histoire de Michel-Ange décorant la chapelle Sixtine dans un roman historique récemment paru, « Libica. Michel-Ange et la Sibylle » (Actes Sud, 2014).

Mon avis

Et si Mona Lisa nous racontait son histoire… Elle nous parlerait de bien des choses, 500 ans se sont déroulés sous ses yeux. Le regard de la femme la plus regardée du monde… En janvier 2019, elle, la dame au sourire énigmatique entreprend de raconter « sa vie » au gardien qui veille sur elle… De l’atelier de Florence où Léonard de Vinci l’a peint au Musée du Louvre où elle réside désormais, elle a côtoyé d’illustres personnages et en a traversé d’innombrables épreuves. Ses yeux ont parfois vu ce qu’elle ne devait pas voir…

Et aujourd’hui que font ces deux jeunes gens qui la visitent un peu trop souvent…

On voyage avec La Joconde, et on voyage dans l’histoire de France. La grande Histoire qui se mêle à la petite histoire du tableau de Léonard de Vinci: achetée par François Ier, elle accompagna le peintre à Amboise, au Clos-Lucé, parcourut la France de château en château et vécut des périodes de grandeur mais également des périodes clandestinité…

Une belle découverte, un bel hommage au célèbre tableau, et un excellent moment de lecture.

Extraits

▪️La gloire était une chose qui se nourrissait d’elle-même et s’accroissait sans fin, à la façon d’une boule de neige roulant dans la neige.

▪️Rien à voir avec le regard vide des touristes qui ne fait que glisser sur moi comme il a glissé, ce regard, sur les divers monuments qu’il est d’usage de visiter quand on vient à Paris. Ces gens pourront dire en rentrant dans leur pays qu’ils m’ont vue, oui, comme ils ont vu Notre-Dame et la Tour Eiffel. Ils m’ont vue, mais ils ne m’ont pas regardée.

▪️… nous savons tous les deux que l’art a besoin de liberté pour s’épanouir. Il a besoin comme la plante à besoin de lumière pour croître.

Note: 4,5/5

Ateliers Henry Dougier, 2019, 190 p.

PATRICIA SARRIO « LES FUNAMBULES »

Quatrième de couverture

Depuis onze ans qu’elle exerce la profession d’assistante sociale à Dijon, Charlie a vu passer suffisamment de dossiers entre ses mains pour savoir qu’aucun ne se ressemble. Ainsi, lorsqu’on lui demande de faire ses valises pour partir en Bretagne à la recherche du père biologique d’un petit garçon, elle n’imagine pas une seconde que cette aventure va bouleverser sa vie. Mais, là, face à l’immensité de l’océan et à une myriade d’habitants hauts en couleurs, Charlie va elle-même retrouver goût à la vie…

« Une très belle histoire, pleine de belles descriptions. Un vrai feel-good. » Clarisse Sabard, auteure du best-seller « Les Lettres de Rose » et membre du jury du Prix du Livre Romantique.

« Très belle histoire, pleine d’émotions avec des personnages attachants et un bel univers. » Marie Vareille, auteure du best-seller « Je peux très bien me passer de toi » et membre du jury du Prix du Livre Romantique.

L’auteur

Patricia Sarrio écrit depuis toujours: bouts de romans, nouvelles, chroniques… Après « Bienvenue dans la jungle », roman policier »romantico-humoristique un peu sniper », « Les Funambules » est son deuxième roman

Mon avis

Un voyage en Bretagne qui bouleverse la vie. Charlie, assistante sociale accepte de partir en Bretagne, sur les traces du père biologique de Théotime, un de ses petits protégés dont la vie vient de basculer. Elle qui aime la photographie et dont le mariage n’est plus qu’une cohabitation, s’accorde alors une échappée belle… Ses rencontres au bord de l’océan, dans un petit village breton changeront son destin…

Un livre plein d’espoir, tout en émotion. Des personnages d’une grande humanité, et d’une grande bienveillance! Une jolie histoire! Une agréable lecture!

Extraits

▪️Et le sentiment qui l’habitait a ce moment précis était indéfinissable. Se sentait-elle libérée? Peut-être. Mais surtout indifférente. Légère . Flottante. Un peu à la dérive aussi.

▪️Quand tu aimes, il faut partir, disait Cendrars.

▪️Elle aurait été incapable de dater le moment où ils avaient doucement glissé de l’amour au desamour. Et encore. Utiliser le pluriel impliquait qu’ils auraient été parfaitement synchronisés, ce qui n’était pas le cas.

▪️Tu crois qu’on sait quelque chose avec les enfants? La première chose que tu apprends, quand tu deviens parent, c’est que tu ne maîtrises rien. Tu n’as pas fabriqué un autre toi, tu as fabriqué un autre, tout court.

Note: 4/5

Patricia Sarrio, 2018, 326p.

SOPHIE LEMP: « LES MIROIRS DE SUZANNE »

Quatrième de couverture

Suzanne a quarante ans, une vie tranquille, un mari et deux enfants. Un matin, son appartement est cambriolé. Ses cahiers, journal de son adolescence, ont disparu. Des cahiers qui racontent Antoine, l’écrivain qui avait trois fois son âge, qui racontent cet amour incandescent, la douleur du passage à l’âge adulte.

Martin est livreur, il pédale pour épuiser ses pensées. Un soir, il trouve les cahiers au fond d’une poubelle et dévore ces mots qui le transpercent. Qui le ramèneront à la vie.

« Ne jamais oublier ce que j’ai vécu de fort dans ma vie. Mes émotions, mes peurs, mes joies, mes tristesses. Être sereine. Martin poursuit sa lecture. J’ai quinze ans. En ce moment, j’attends. Mais un jour, tout s’épanouira. Martin sent que quelque chose l’étreint, l’urgence de continuer à lire. »

L’auteur

Sophie Lemp est romancière et auteure de fictions radiophoniques pour France Culture. Après Le Fil (Éditions de Fallois, 2015) et Leur séparation (Allary Éditions, 2017), Les miroirs de Suzanne est son troisième roman.

Mon avis

On a tous plus ou moins tenu un journal à l’adolescence. Que se passerait-il si on nous volait ces cahiers racontant notre passé…

Tout commence comme un banal fait divers. Un vol dans un appartement. Quelques objets ont disparu: un ordinateur, … Parmi les objets volés les cahiers de jeunesse de Suzanne, ce journal qu’elle tenait à l’adolescence. Troublée par cette disparition, elle se replonge dans ses souvenirs. Elle cherche à retrouver la jeune fille qu’elle a été avec ses rêves et ses espoirs. Et l’écriture devient une évidence, une nécessité malgré les doutes… Écrire pour tenter de maintenir en vie les souvenirs envolés … raconter surtout un souvenir, un souvenir en particulier: Antoine…

Martin, quant à lui retrouve les carnets, un soir, dans une poubelle, il les lit et peu à peu retrouve ses rêves…

Le livre raconte deux renaissances: l’une par l’écriture, l’autre par la lecture. Les souvenirs, les premiers amours, les premiers émois, les rêves, les désirs …

Une écriture subtile porte l’histoire que l’on dévore d’une traite! De livre en livre, Sophie Lemp, a le don de m’émouvoir! Et la fin de ce roman est si jolie: poétique et discrète! Un coup de coeur! Et voilà, j’attends déjà le prochain!

Extraits

♡ Ce qui était glissé entre les pages, un ticket de cinéma, des violettes cueillies sur un chemin de campagne, un petit bout de carton sur lequel était vaporisée L’eau d’Hadrien d’Annick Goutal, des lettres écrites jamais envoyées, d’autres reçues, quelques photos.

♡ … mais quand elle rencontre des difficultés, c’est toujours en écrivant qu’elle tente de les résoudre. Des dizaines de fois, elle a commencé à écrire un roman mais elle n’est jamais allée au-delà d’une vingtaine de pages.

♡ Retrouver l’avenir et ses possibles. Le monde si vaste. Les emportements. Les visages dont on se souvient alors qu’on les a seulement croisés.

♡ Le calme revenu, elle avait cessé d’écrire, sacrifiant à ce nouvel amour la lumière que l’écriture faisait naître en elle.

♡ … tout entière à ce qu’elle vient d’amorcer, à cette impression de tenir quelque chose, quelque chose de volatil, si fragile. Écrire.

♡ Il faudrait que j’écrive ses mots, ses rires, ses excès, sa fragilité, ma pudeur, mon désir, mes peurs. /Écrire pour dire, sans forme, ce que j’ai dans la tête, dans le coeur, dans le corps, ces pensées… Écrire. Pour ce qu’il me transmet. Pour cet amour que j’ai pour lui. Écrire l’attente au téléphone. Sa voix. Son manteau en cuir noir. Sa façon de bouger sur la musique. Ses contradictions. Folie.

♡ Suzanne laisse les souvenirs l’assaillir en pensant à ces mots de Barbara rester bien à l’intérieur de soi. L’écriture peut-être le lui permettra. Rassembler. Pour avancer. Avoir peur mais avancer toujours.

♡ … les couleurs d’un Chagall, la mélancolie de Modigliani, la lumière d’un Matisse.

♡ Elle n’a pas écrit depuis le printemps mais ce soir, les images et les mots en elle se bousculent de nouveau.

Note: 5/5 💙💙

Allary Éditions, 2019, 184 p.

Autre chronique du même auteur:

Sophie Lemp «Leur séparation»

MICHÈLE LESBRE « RENDEZ-VOUS À PARME »

Quatrième de couverture

RENDEZ-VOUS A PARME. Dans les cartons de livres que lui a légués Léo, un vieil ami avec qui elle partageait la passion du théâtre, la narratrice découvre un exemplaire de La Chartreuse de Parme. Les premières pages la ramènent à l’été de ses quatorze ans, quand un homme de l’âge de son père lui lisait le roman à haute voix sur une plage. A la fin de la saison, il lui avait murmuré : « Quand vous serez plus grande, vous irez à Parme, il faut lire ce roman de Stendhal à Parme. » Des années plus tard, elle décide d’obéir à cette affectueuse injonction. Laissant désemparé l’homme qu’elle vient de rencontrer, elle prend seule le train pour l’Italie. Dans la sereine ville de Parme, la ferveur de ses préparatifs s’est évanouie. Mais, lorsqu’elle pénètre dans le théâtre Farnèse, son voyage soudain revêt un autre sens : sur la scène vide, défilent les silhouettes absentes dont les spectacles ont tant compté. Patrice Chéreau, Philippe Clévenot, Vàclav Havel, Tadeusz Kantor, Peter Brook et tant d’autres l’emportent dans une belle sarabande. Plutôt que celles, bien loin, de La Chartreuse de Parme, elle est venue suivre ici les traces d’un passé qui lui est essentiel. Le théâtre dès lors guide sa mémoire, envahit son séjour, l’apaise, et l’entraîne vers le présent. Quand, sur une impulsion, elle demande à son amant parisien de la rejoindre, un autre voyage peut commencer… Rendez-vous à Parme est un roman lumineux sur le désir, une invitation à vivre, comme au théâtre, tous les possibles.

L’auteur

Michèle Lesbre vit à Paris. « Rendez- vous à Parme » , son douzième livre chez Sabine Wespieser éditeur, renoue avec la veine romanesque du « Canapé rouge » (2007) ou de « Écoute la pluie » (2013)

Mon avis

Laure aime le théâtre. Cette passion l’unissait à Léo, qui vient de lui léguer six cartons de livres. Parmi les livres, elle découvre « La Chartreuse de Parme » de Stendhal. Un souvenir lui revient. Un été sur une plage normande et la lecture que lui faisait de ce livre un homme qui avait perdu sa fille. Il lui avait dit: « Quand vous serez plus grande, vous irez à Parme, il faut lire le roman de Stendhal à Parme. »

Son exemplaire de « La Chartreuse  » en poche, elle prend un train pour l’Italie, laissant l’homme qu’elle vient de rencontrer… Les souvenirs affluent, le passé revit au fil des jours. Le théâtre… Et puis une invitation aussi soudaine que surprenante…

Ce livre a le charme d’un voyage en Italie sur les traces des souvenirs. Parme, Bologne, Turin, le lac de Côme… autant de lieux, autant de souvenirs…

L’écriture est magnifique: poétique et douce. Une invitation à relire Stendhal, que j’ai saisie sur le champ! Une invitation à lire certains auteurs italiens aussi. Une lecture qui entraîne d’autres lectures: tout ce que j’aime. Un énorme coup de coeur!

Extraits

♡ Voilà les livres dont je me souviendrai au paradis, ils sont pour toi. 

♡ C’était un tout autre roman, je l’habitait avec bonheur, comme retranchée en un temps suspendu où l’histoire se mêlait à la vie.

♡ L’amour comme une sorte de voyage. L’amour n’est- il pas un voyage?

♡ Stendhal écrivait sans doute son roman avec en tête les bouleversements de 1831, à Modène, même s’il se termine un an avant, et c’était ce que j’aimais, cette façon d’évoquer l’histoire à travers la vie et les sentiments.

♡ La littérature est le grand théâtre du temps.

♡ Nos vies sont peuplées d’ombres flottantes.

♡ En m’endormant, je pensais que les commencements avaient jalonné ma vie […] et que j’aimais follement ces commencements. Je n’avais peut- être rien su faire d’autre que de succomber au charme de ce qui survient, l’inattendu, le merveilleux cadeau du hasard. Je m’étais perdue souvent, mais ces perpétuelles improvisations me construisaient. 

♡ Il y a des villes pour les chagrins et d’autres pour le bonheur, parfois ce dont les mêmes.

Note: 5/5💙💙

Sabine Wespieser Éditeur, 2019, 116 p.

CATHY BONIDAN «  CHAMBRE 128 »

Quatrième de couverture

Un roman peut parfois changer une vie. Qui n’a pas rêvé de voir survenir un petit grain de sel romanesque dans sa vie ? Un peu de merveilleux pour secouer la routine et oublier les ennuis de bureau? Quand Anne-Lise réserve la chambre 128 de l’hôtel Beau Rivage pour de courtes vacances en Bretagne, elle ne sait pas encore que ce séjour va transformer son existence.

Dans la table de chevet, elle découvre un manuscrit sur lequel figure juste une adresse où elle décide de le réexpédier Retrouvera-t-elle son auteur? La réponse, qui lui parvient quelques jours plus tard, la stupéfait…

Au point qu’Anne-Lise va tenter de remonter la trace de tous ceux qui ont eu ce livre entre les mains. Chemin faisant, elle va exhumer histoires d’amour et secrets intimes. Pour finalement peut-être se créer une nouvelle famille…

Par l’auteur du « Parfum de l’hellébore », le premier roman aux 11 prix littéraires.

L’auteur

Institutrice à Vannes, Cathy Bonidan écrit depuis l’âge de 14 ans. C’est en voulant partager ce qu’elle écrivait sur un site d’auteurs indépendants qu’elle se fait repérer : elle reçoit son premier prix littéraire et rencontre celle qui va devenir son éditrice. Un comble pour un auteur qui voulait rester dans l’anonymat !

Mon avis

Ma passion pour les romans épistolaires, n’est plus un secret pour personne. Et ce roman est un petit bijou.

C’est l’histoire d’un roman perdu dans un avion et retrouvé dans une chambre d’hôtel. Et l’histoire de ceux qui ont eu le roman entre leurs mains. Durant trente ans, le livre voyage et touche profondément ses lecteurs. Au point de les faire parfois changer radicalement de vie. Anne-Lise le retrouve dans la table de chevet de sa chambre d’hôtel et part sur les traces du roman et de lettres en lettres, elle reparcourt son chemin de mains en mains , de lieux en lieux; son histoire faite de sentiments d’amour et d’amitié, de secrets intimes et de destins tragiques.

S’il fallait encore le démontrer, ce livre prouve qu’ un roman « peut parfois nous embarquer si loin qu’il nous pénètre et nous transforme à jamais » et « qu’ils sèment dans notre quotidien quelques mots ou quelques phrases qui vont faire leur route dans notre subconscient ». Le pouvoir des mots sur nos vies est une évidence!

On s’attache aux personnages, on les quitte à regret! Un coup de coeur!

Extraits

♡ À tous les romans qu’on a lus. À tous ceux qu’on lira encore. Parce qu’à la manière de marchands de sable, ils sèment dans notre quotidien quelques mots ou quelques phrases qui vont faire leur route dans notre subconscient. Et nous changer. En toute discrétion, mais de façon irrémédiable.

♡ … car les choses qu’on laisse inachevées nous accompagnent toute notre vie comme autant de douleurs chroniques qui résistent aux meilleurs antalgiques.

♡ Mais après tout ne dis- tu pas toujours que les raisons qui nous mènent à la lecture sont forcément les meilleures… 

♡ On s’oublie tellement à force de regarder les autres, d’apprendre à les connaître, de tenter d’exister dans leurs yeux que lorsqu’ils s’éloignent, on ne sait plus qui on est.

♡ Je sais qu’une histoire peut accaparer nos étés et nos automnes. Je sais qu’un roman peut nous embarquer si loin qu’il nous pénètre et nous transforme à jamais. Je sais que des personnages de papier peuvent modifier nos et rester toujours à nos côtés

♡ La route de votre roman continue , celle de votre vie aussi…

♡… nous savons, vous et moi, la fragilité des instants parfaits.

Note: 5/5 💙💙

Éditions de la Martinière, 2019, 286 p.

HYAM ZAYTOUN « VIGILE »

Quatrième de couverture

Un bruit étrange, comme un vrombissement, réveille une jeune femme dans la nuit. Elle pense que son compagnon la taquine. La fatigue, l’inquiétude, elle a tellement besoin de dormir… il se moque sans doute de ses ronflements. Mais le silence revenu dans la chambre l’inquiète. Lorsqu’elle allume la lampe, elle découvre que l’homme qu’elle aime est en arrêt cardiaque.
Avec une intensité rare, Hyam Zaytoun confie son expérience d’une nuit traumatique et des quelques jours consécutifs où son compagnon, placé en coma artificiel, se retrouve dans l’antichambre de la mort.

Comment raconter l’urgence et la peur ? La douleur ? Une vie qui bascule dans le cauchemar d’une perte brutale ? Écrit cinq ans plus tard, Vigile bouleverse par la violence du drame vécu, mais aussi la déclaration d’amour qui irradie tout le texte. Récit bref et précis, ce livre restera à jamais dans la mémoire de ceux qui l’ont lu.

L’auteur

Comédienne, Hyam Zaytoun joue régulièrement pour le théâtre, le cinéma et la télévision. Elle collabore par ailleurs à l’écriture de scénarios. Elle est aussi l’auteur d’un feuilleton radiophonique – « J’apprends l’arabe » – diffusé sur France Culture en 2017. Vigile est son premier texte. 

 Mon avis

Une nuit où tout bascule. Une nuit traumatique. L’homme qu’elle aime fait un arrêt cardiaque. Et ce sont des jours d’angoisse, d’attente, de peur, de douleur, d’entraide et de courage qui commencent. Des jours de cauchemars sans fin…. Peine et espoir s’alternent… Cinq plus tard, elle raconte.

Un texte bouleversant, tellement beau. L’amour parcourt les pages. L’émotion envahit le lecteur, il est rare qu’un texte touche autant.

Extraits

▪️Une histoire de pulsation. Une certitude physique qui mute en pensée.

▪️La mort est comme un diable qui susurre à l’oreille qu’il est déjà trop tard…

▪️Tendre des fils. Ne pas se laisser submerger par la déferlante.

▪️On dirait que tu me connais déjà. Et dans tes gestes, tu parles corps à corps. Tu me désarmes.

▪️Cette façon de s’accorder le droit d’aimer pour deux.

▪️Je ne connaissais pas notre bonheur.

▪️Je repense à cette histoire. Une histoire de famille, que je reconstitue à force de récits, à force d’images aperçues ça et là dans la maison de tes parents.

▪️Près de ton lit maintenant je détisse. Et tisse autrement. Je gagne du temps. Que nos enfants grandissent. Que l’on s’aime encore plus. À tes oreilles, je glisse une autre histoire. Et tes lèvres prendront bien le relais mon amour.

▪️-Moi, quand je serai papa, vous serez papi et mamie. […] Cela m’a submergée. […] Et j’ai dit, Oui. Oui à Victor. Oui à l’avenir qu’il nous dessinait simplement. Et j’ai osé. Pour la première fois, à nouveau, je nous ai vus vieillir ensemble. (Excipit)

Note: 5/5 💙💙

Prix: Sélectionné pour le Grand Prix des Lectrices et des Lycéennes de ELLE

Le Tripode, 2019, 128 p.

SANDRINE YAZBECK « LES IMPARFAITS »

Quatrième de couverture

Londres 2013. Depuis la disparition de sa femme Clara cinq ans plus tôt, Gamal, ancien grand reporter de guerre n’a jamais cherché à la retrouver. Aussi quand il découvre qu’Howard, son meilleur ami, se rend en secret à Positano dont elle est originaire, tout se met à vaciller.

Entre mensonge et trahison, amour, amitié et rivalité, le puzzle d’un trio apparemment parfait s’ouvre sur leurs failles et leurs secrets. À la fois intimiste et ouvert aux grands enjeux du monde, Les imparfaits entrelace les émotions, les relations, les leurres que nous entretenons autant avec ceux que nous croyons connaître qu’avec nous-mêmes.

L’auteur

Ancienne avocate internationale, Sandrine Yazbeck a vécu 7 ans à Londres, avant de s’installer à Boston. Père libanais, mère française, mari irlandais, deux jeunes enfants, elle a décidé de se consacrer à l’écriture à 40 ans. « Les imparfaits » est son premier roman.

Mon avis

Elle est partie sans un mot et sans laisser d’adresse. Après trente ans de mariage, Clara s’est volatilisée. Cinq ans plus tard, Gamal, son mari, découvre par hasard que son meilleur ami, Howard, lui ment. Alors qu’il avait prétendu partir en convalescence en Floride, il a réservé un hôtel à Positano…. Positano, l’endroit où Clara a passé sa jeunesse. Et puis il y une inscription en arabe sur une carte postale représentant « La trahison des images » de Magritte …

Un triangle amoureux fait de mensonges, de secrets, de non-dits, d’incompréhensions et de trahisons. Chacun ne connaît jamais qu’une partie de la vérité. Tout être cache quelque chose. Au fil du récit, la vérité peu à peu transparaît.

Une écriture poétique (surtout dans les passages du journal de Clara, le journal pour toi qui voudras bien le lire). Un énorme coup de cœur de cette rentrée littéraire 2019! Je ne peux que conseiller cette petite merveille!

Extraits

▪️C’était cela aussi, fondamentalement, l’amour… Laisser partir celui qui voulait s’en aller

▪️Ce serait formidable si, pour rattraper le temps perdu, il suffisait de monter et descendre les escaliers.

▪️J’aurais davantage faire confiance au temps dans la vie, j’aurais dû savoir me reposer sur lui.

▪️Il y a tant de choses que je n’ai jamais vues (ou les ai-je oubliées?) comme on a tendance à ne pas voir les choses à portée de main et qu’on croit pouvoir voir n’importe quand.

▪️Ma vie était devenue une fenêtre? Vers quoi?

▪️Les secrets parviennent toujours tôt ou tard à la connaissance de celui que l’on épargne.

▪️Au loin, les nuages, rares, semblent avoir été esquissés au pinceau d’une main indécise, parfois tout en épaisseur, parfois tout en transparence, môme un arbitrage impossible entre le ciel et le blanc, le lumineux et l’opaque, l’illusion et la matière.

▪️J’ai suivi tête baissée un chemin dont je n’ai jamais voulu questionner ni le tracé ni les motivations

▪️Il y a des fautes que l’on ne peut oublier. On a beau les enfouir, les nier, les enrober , tenter les excuses, les explications, l’amende honorable, laisser les années passer, rien n’y fait, il y a des fautes qui, où que l’on regarde, vous sautent au visage.

Note: 5/5 💙💙

Albin Michel, 2019, 154 p.