NATHALIE AFLALO « C’EST UNE CHANSON QUI NOUS RESSEMBLE »

Quatrième de couverture

Ça se passe à Paris et à Lyon, mais aussi à Göteborg, à Amsterdam, à Romans.

Ça se passe maintenant. Et il y a vingt-cinq ans.

Le tourbillon de la vie, des destins croisés.

Un roman choral où l’on fait la connaissance de Nathan, Charlotte, Raphaël, Valérie, Suzanne, Arnaud… et de plein d’autres personnages comme au cinéma .

Des enfants, un chien, et même un chat.

Des retrouvailles, des rencontres, des hasards, la quête de soi et du bonheur, de l’amour, de l’amitié, des choix, des déceptions, des chagrins, des rires, de la manipulation, du courage, des secondes chances, de la résilience, de la bonne bouffe, du vin, des plantes, du running, et du yoga.

Et beaucoup de musique…

L’auteur

Nathalie Aflalo est née et a grandi à Paris. Après avoir vécu mille vies, habité aux États-Unis et en Italie, dessiné et édité pendant près de 15 ans des tissus, elle a choisi de poser ses valises à Lyon avec ses trois filles et son chien. C’est une chanson qui nous ressemble est son premier roman.

Mon avis

Et vous que feriez-vous si votre premier amour réapparaissait dans votre vie? Oseriez-vous quitter la banquise pour le volcan?

Ils se sont aimés, ils se sont quittés, il y a longtemps!

Chacun a construit sa famille: un mari, une femme, des enfants.

Et puis un jour, ils se retrouvent! Et le destin fait bouger toutes les lignes d’horizon …

Un roman comme la vie! Des destins qui s’entrecroisent au rythme d’une chanson. Des rencontres, des retrouvailles. Les joies, les chagrins, les hésitations et les élans d’une génération. Des êtres qui se perdent parfois en route, mais restent toujours à la recherche du bonheur. Des êtres et des chansons qui nous ressemblent. Des personnages touchants et attachants. Et la musique qui donne l’atmosphère et le rythme au roman. Une très agréable lecture.

Extraits

▪️Il sortit le reste des bouquins qu’il avait pris chez sa grand-mère. Des livres de poche aux pages cornées, aux couvertures abîmées, dont les couleurs étaient fanées. Des trésors inestimables à ses yeux. Le papier était jauni, et ils avaient cette odeur particulière de moisi et de vieux qui l’emporta instantanément dans un voyage spatio-temporel.

▪️Peut-on se laver de sa tristesse ?

▪️Nathan avait toujours pensé que les hasards de la vie constituaient autant de clins d’œil du destin auxquels il fallait prêter attention.

▪️Mais souvent, le rire est seulement l’expression du bonheur de se trouver ensemble.

▪️Il retrouvait le bonheur des joutes verbales épistolaires avec Charlotte. Il avait oublié son sens de la repartie et éprouvait du plaisir à choisir les mots, à les polir comme des pierres précieuses, à se réapproprier ce goût de l’écriture qu’il affectionnait plus jeune, et qu’il avait petit à petit abandonné.

▪️Se détacher de tout. Sentir chaque pensée comme un wagon rattaché à d’autres. Rester sur le quai. Les regarder défiler. Pas de passé, ni de futur, la chaleur l’envahit, elle était ici et maintenant, ressentant une gratitude infinie pour la plus petite des particules qui l’entourait.

▪️En quoi consiste la différence entre être amoureux et aimer? Peut-être une forme de passion qui consume en détruisant tout sur son passage? Aimer, c’est s’inscrire dans la durée, c’est se sentir à sa place.

Nathalie Aflalo, 2019.

DOMINIQUE BARBÉRIS « UN DIMANCHE À VILLE-D’AVRAY »

Quatrième de couverture

« En fait, a murmuré ma sœur sans me regarder, j’ai pensé à quelqu’un. J’ai fait une rencontre, il y a des années, je ne te l’ai jamais dit ? Il m’est arrivé quelque chose. Une rencontre! Le mot est tombé bizarrement avec l’ombre. J’ai arrêté tout net de fredonner. Je me rappelais la formule de maman: « Va voir ce que ta sœur fabrique. » En réalité, sur certains points, Claire Marie me fait penser à ces canards qui ont l’air de glisser sur l’eau (un glissement d’objets immobiles) mais leurs pattes remuent sous la surface à toute allure. »

Deux soeurs se retrouvent à Ville-d’Avray, un dimanche alors que fléchit la lumière. L’une révèle à l’autre son errance avec un inconnu : une brève histoire, inquiète et trouble comme les eaux des étangs tout proches, mystérieuse et violente comme notre insatiable besoin de romanesque.

L’auteur

Dominique Barbéris est une romancière française. Elle enseigne à Sorbonne-Université et y anime des ateliers d’écriture. Son premier livre La Ville a été publié chez Arléa en 1996. Ses huit autres livres sont chez Gallimard : Les Kangourous a été adapté à l’écran en 2005 par Anne Fontaine sous le titre « Entre ses mains ». « Quelque chose à cacher » a eu le Prix des Deux Magots et le Prix de la Ville de Nantes en 2008. Et « L’Année de l’éducation sentimentale » le Prix Jean-Freustié / Fondation de France en 2018.

Mon avis

C’est la fin de l’été. Un dimanche de septembre, à la frontière entre l’automne et l’été. Deux soeurs s’installent dans le jardin d’un pavillon de Ville-d’Avray; les ombres, un certain malaise, un jus de fruit et des verres, une conversation, ou plutôt un aveu, un aveu dans un murmure: une rencontre quelques années plus tôt, une brève histoire curieuse et troublante …

Comme un vieux film en noir et blanc, ce livre évoque les souvenirs, la mélancolie des dimanches après-midi, les amours littéraires de la jeunesse, le hasard des rencontres, le besoin d’un peu de romanesque dans la vie. Une atmosphère traverse le roman: un peu Modiano, un peu Simenon. Une pépite!

Extraits

▪️Nous avions réclamé le livre et le lisions, le soir, au lit, la lumière éteinte, nous brodions sur le scénario, inventions des épisodes qui nous ravissaient et nous faisaient peur.

▪️C’est ainsi, la vie; on essayait de porter vaillamment ses rêves ou ceux des autres.

▪️… peut-être que cette tristesse , nous la partage tous, cette tristesse qu’on sent quand les choses ferment, quand elles finissent

▪️En fait, a murmuré ma sœur sans me regarder, j’ai pensé à quelqu’un. J’ai fait une rencontre, il y a des années, je ne te l’ai jamais dit ? Il m’est arrivé quelque chose. Une rencontre! Le mot est tombé bizarrement avec l’ombre. J’ai arrêté tout net de fredonner. Je me rappelais la formule de maman: « Va voir ce que ta sœur fabrique. » En réalité, sur certains points, Claire Marie me fait penser à ces canards qui ont l’air de glisser sur l’eau (un glissement d’objets immobiles) mais leurs pattes remuent sous la surface à toute allure.

▪️… l’arbre. J’ai pensé que nos souvenirs étaient comme lui, qu’ils avaient un tronc solide et caché dans l’ombre.

▪️Le hasard, ça n’existe pas tout à fait, … on peut aider; on a la liberté de choisir.

▪️Qu’est-ce qui lui restait à attendre? Qu’est-ce qui pouvait encore advenir? Simplement que les heures « la blessent », une à une? — voilà que me revenait d’on ne sait où, de très loin, cette vieille citation latine que monsieur Jumeau nous avait traduite; une devinette inscrite sur un cadran solaire romain: « Toutes blessent, la dernière tue ». Il avait expliqué que c’étaient les heures. Enfant, j’avais été frappée par cette image de blessure. À l’époque, je n’imaginais pas qu’une blessure puisse être purement intérieure . Ou plus exactement, je ne voyais pas le temps comme une blessure.Je me suis dit: Pourtant c’est vrai; pourtant c’est juste; c’est ce qu’elles ont fait; c’est ce que les heures font au bout du compte, elles le font même si vite!

Note: 5/5 💙💙

Première sélection du Prix Goncourt 2019 et Prix Goncourt des Lycéens 2019, Première sélection du Prix Fémina

Éditions Arléa (coll. La rencontre), 2019, 128p.

JEANNE-MARIE SAUVAGE-AVIT « CÉLESTE, FILLE DE PERLINE »

Quatrième de couverture

Saint-Étienne, 1945

À la libération, Céleste a vingt ans. Alors que les scènes d’épuration se multiplient partout en France, sa vie bascule brutalement dans l’horreur lorsqu’elle est accusée à tort de liens avec l’occupant allemand. Incapable de reprendre une vie normale auprès des siens, elle part s’installer à Lyon où elle fait bientôt la connaissance d’Alexander, un jeune G.I.

Par amour pour lui, elle deviendra une « épouse américaine », une de ces femmes qui vont traverser seules l’Atlantique vers une nouvelle famille, tandis que leurs maris continuent leur progression à travers l’Europe. Mais Céleste peut-elle devenir l’épouse soumise qu’on attend d’elle dans l’Illinois puritain des années quarante ou, à l’exemple de sa cousine Claire, exigera-t-elle davantage de la vie ? Une vie de femme libre ? 

Après le best-seller Cueilleuse de thé, Jeanne-Marie Sauvage-Avit revient à ses premières amours en nous offrant un magnifique destin de femme plongée en plein cœur de l’Histoire.

L’auteur

Professeure d’histoire et de géographie à la retraite, Jeanne-Marie Sauvage-Avit a vécu ses vingt premières années à Saint-Étienne. Installée désormais dans la région de Martigues, elle partage ses loisirs entre l’écriture, le jardin et les randonnées. Elle est l’auteure du best-seller Cueilleuse de thé, qui a remporté le Prix du Livre Romantique en 2017, et de Perline, Clémence, Lucille et les autres, lauréat du Prix Femme Actuelle.

Mon avis

Accusée à tort, Céleste subit l’humiliation, en ce 22 août 1944. Traumatisée, elle se réfugie à Lyon où elle rencontre un soldat américain, blessé.

Ils s’aiment. Ils se marient, et alors qu’il reste combattre en France, elle part seule, rejoindre sa nouvelle famille américaine de l’autre côté de l’Atlantique…

De beaux portraits de femmes qui rêvent d’indépendance. Des femmes fortes et volontaires. Des femmes qui cherchent leur chemin vers l’émancipation, la liberté, dans un monde qui change, mais qui parfois leur impose encore d’épouser tel ou tel mari. Ce monde qui les voit encore trop souvent prisonnières des conventions et de la bienséance.

Au cœur du roman, une belle histoire d’amour, comme un parcours semé d’embûches… Une jolie écriture.

Extraits

▪️Ils apprirent plus à se connaître par l’écriture qu’ils ne l’avaient fait en bavardant. L’écriture a quelque chose de magique; les sentiments s’y expriment sans fausse pudeur, les anecdotes révèlent les passions et les désirs, le mot ne se cache pas derrière un geste qui pourrait l’affaiblir.

▪️La lettre ne disait rien des émotions éprouvées par la jeune fille. Comment savoir si les yeux brillent ou si les lèvres tremblent quand on n’a que des mots à lire ?

▪️L’amour est une passion friable qui ne dure qu’un temps. Il ne faut pas regretter le sentiment qui s’éloigne mais passer à autre chose, la tendresse, l’estime ou l’amitié.

▪️… le temps était un implacable consommateur de rêves et de sentiments…

▪️La haine est un sentiment dangereux, disait-il. Elle ruine la vie de celui qui s’en repaît. » Et il ajoutait : « Tiens-toi à l’écart des gens haineux. Ils pourraient te détruire. »

▪️Il n’y a pas plus léger soulagement que celui qu’on éprouve quand on a dépassé ses peurs.

Note: 4/5

Éditions Charleston, 2019, 288p.

DOMINIQUE JEZEGOU « LE SECRET DERRIÈRE LE MUR »

Quatrième de couverture

« Le secret derrière le mur » est une aventure du cœur et de l’esprit qui vous fera remonter le temps, de notre époque à celle des corsaires… Anne et Gil se rencontrent à Lisbonne, au Portugal et tombent follement amoureux l’un de l’autre. Ils s’installent tous deux au Pays basque et Anne découvre le destin incroyable de la famille de Gil, les Alméida, à la fois basques et portugais. Après qu’un drame terrible eut brisé leur union, Anne décide de retourner habiter au Croisic, avec leur fils Nicolas. Luttant contre son chagrin, elle décide de restaurer une vieille demeure sur la côte. En y découvrant une pièce murée, elle va faire ressurgir des évènements très anciens et peu à peu comprendre que, quelque chose d’unique la lie à cet endroit et à ceux qui l’ont fréquenté. En trois lieux et trois époques, cette histoire explore les sentiments, montre qu’ils peuvent transcender le temps, mais aussi comment, des êtres, malgré des périodes et des vies très différentes, ont finalement beaucoup en commun : la solitude, le chagrin lié à la disparition d’un être cher, la quête du bonheur. En réalité, une seule chose agit sur notre destinée à tous. L’amour.

L’auteur

Longtemps journaliste dans la presse écrite, Dominique Jézégou a notamment vécu et travaillé en Afrique ainsi qu’en Polynésie française. Après « Vin de Tahiti, jusqu’au bout du rêve », l’histoire d’un vignoble, publiée aux éditions Féret, elle poursuit son expérience littéraire avec son premier roman intitulé « Le secret derrière le mur ».

Mon avis

Une rencontre à Lisbonne, dans un musée, et c’est l’amour fou. Le Portugal, ses poètes, le fado, la saudade en toile de fond de cet amour qui se dessine …

Mais ses vacances se terminent, et elle rentre à Nantes. Lui se partage entre le Portugal et le Pays basque…

Le Pays Basque où il décident de s’installer et de construire leur vie. Mais, un jour, c’est le drame …

Une maison au Croisic, une demeure qui vous trouve…

Un livre comme un voyage dans le temps et dans l’espace où l’amour, le deuil, le courage de surmonter les épreuves se côtoient. Le parcours douloureux d’une femme qui lentement se reconstruira pour elle et pour son enfant. S’accordera-t-le droit de vivre à nouveau?

C’est aussi une histoire de corsaires, l’histoire d’un secret…

Et puis il y a l’amour pour les livres: Pessoa, Tabucchi , Saramago…

Des personnages bienveillants et touchants. Une écriture précise et délicate.

L’art de raconter une histoire, est totalement maîtrisé, dans ce roman. Une belle lecture.

Extraits

▪️« Peut-être, est-ce cette demeure qui m’a trouvée…

Elle était là au détour d’un chemin, surgissant derrière un bouquet d’arbres et je l’ai aimée tout de suite…

L’air sentait bon, le soleil dardait ses derniers rayons et la lumière était belle en cette fin d’après-midi. C’était l’heure que je préfère, ce court instant où le temps et l’espace semble se conjuguer, un vrai moment de paix où tout est suspendu.

L’heure douce, comme l’appelait mon bien-aimé…

▪️Voyager, c’est aussi prendre des leçons d’histoire.

▪️ … les livres qui s’accumulaient sur les rayonnages de leur bibliothèque. Celle ci penchait d’ailleurs dangereusement sous le poids de la quantité d’ouvrages qu’elle contenait. Indifférents à la distinction de styles et d’idées, les auteurs voisinaient. Certains ouvrages avaient du être lus à plusieurs reprises, car la reliure était fatiguée. Je constatais que Pessoa avait effectivement une large place. J’aimais ces bibliothèques qui révèlent la vraie nature de leur lecteur, plus passionné par le contenu que par le contenant.

▪️Les souvenirs deviennent précieux lorsqu’on sait qu’on ne reviendra pas en arrière.

▪️Les livres avaient toujours eu pour moi, un effet profondément rassurant. Je sentais, comme toute lectrice qui se reconnait, l’odeur familière des livres, du papier et de l’encre d’imprimerie.

▪️En rentrant, je m’assis sur le canapé et sortis de mon sac le livre découvert ce jour là. Je caressai sa tranche dorée et sa reliure de vieux cuir, décorée de mords et de nerfs dorés. Je fermai les yeux tout en humant son odeur au charme poussiéreux, celle que j’aimais chez les livres anciens et qui ne manquait pas d’ouvrir dans mon esprit, mille portes imaginaires.

▪️J’avais toujours aimé les livres aussi loin que je me souvienne. Enfant, j’étais déjà fascinée par leur odeur, puis par les images et les personnages. C’était des objets simples et élégants. Uniques. Je les ouvrais et ils révélaient des mondes inconnus. Ils me faisaient voyager. Plus tard, en grandissant, cette passion avait pris une autre dimension, j’avais découvert une autre pensée que la mienne. Le livre avait ainsi façonné ma conscience, enrichi ma sensibilité, ouvert mon esprit.

▪️On dit parfois que les livres sont des âmes fortes.

▪️La correspondance passée est toujours très intéressante. C’est pour moi comme un véritable laboratoire intérieur. Les épistoliers en sont rarement conscients, mais ils nous éclairent en profondeur sur leur espace intérieur, mais aussi sur l’époque, le contexte et l’histoire.

▪️Pour l’avoir expérimenté jeune, je savais que lorsqu’on a commencé, le bonheur de découvrir des histoires, ne cesse jamais.

▪️Je ne crois pas non plus au hasard, je crois plutôt à une coïncidence pleine de sens qui dirige la destinée.

▪️… des livres. Je réalisai qu’ils avaient toujours été de solides compagnons dont j’avais recherché la proximité dans les moments les plus complexes de ma vie. J’éprouvais donc un certain plaisir à ouvrir chaque jour la porte du magasin, à longer les rangées de livres, à caresser du bout des doigts les reliures, à découvrir les couvertures, à tourner les pages … A eux seuls, ils m’offraient des voyages immobiles.

▪️… tout ce, à quoi nous tenons, est fragile. Combien nos existences sont fragiles. Comme du cristal. Tout peut se briser. En un instant.

▪️Lorsque nous nous plongeons dans notre histoire familiale, bien plus souvent qu’on ne croit, la petite et la grande histoire se confondent, jusqu’à faire émerger, des secrets, des souvenirs lointains, refoulés, avec leur héritage de blessures et de chagrins. J’avais plongé très profondément dans ce passé inconnu, j’étais allée bien plus loin que je ne l’aurais imaginé. Sans doute fallait il creuser encore davantage pour avoir toutes les réponses.

▪️les mots s’effacent pour toujours, si on ne les prononce pas, au bon moment.

▪️Penchée sur le livre, je restai plusieurs minutes à fixer les mots. Si nous pensions comme ce violoncelliste, en combien de secondes se résumerait notre existence?

▪️j’ai découvert que dans ce qui nous lie les uns aux autres, les frontières n’existent pas, elles peuvent être repoussées toujours plus loin. L’amour est infini. Et quand tout s’achève ici bas, en réalité tout commence, car il reste l’éternité.

Note: 4,5/5

5 sens Éditions, 2019, 544 p.

VALÉRIE LAVALLÉ «  SAISIS TA CHANCE, CALYPSO! »

Quatrième de couverture

Ne jamais, jamais, l’avoir rencontré. Voilà ce que voudrait Calypso, en ce beau matin de novembre, alors qu’elle pense à sa récente rupture avec Yann. Yann est l’homme de sa vie – et il l’a quittée. Brutalement. Une blessure qui jette une ombre sur tout le reste de sa vie si parfaite.

Plongée dans ses pensées, Calypso ne voit pas venir la voiture qui la percute violemment. Cela pourrait être la fin de l’histoire… ce n’est que le début. Car le choc l’a projetée six mois plus tôt, dans une vie à laquelle Yann n’appartient pas encore.

Tout est donc encore possible et Calypso va devoir saisir sa chance pour tenter de réécrire l’histoire, son histoire.

Une merveilleuse comédie romantique au ton enjoué, vif et résolument moderne, dans laquelle amour et amitié tiennent des places essentielles. Irrésistible Calypso !

L’auteur

Maman 4G, ultra connectée (mais aussi ultra-fatiguée) vivant à Bisseuil (dans la Marne), Valérie Lavallé raconte sa vie de maman avec un soupçon de second degré et une bonne dose de déculpabilisation sur son blog allomamandodo.com, suivi par près de 60 000 fans. « Saisis ta chance, Calypso! », son premier roman, a été finaliste du Prix du Livre Romantique.

Site web : http://allomamandodo.com/

Mon avis

Et si l’on pouvait revivre sa vie et refaire les choses en mieux. Qui n’a jamais rêvé de cela! Un matin de novembre, Calypso, un cappuccino à la main et perdue dans ses pensées, se fait percuter par une voiture. Elle pensait à « l’homme de sa vie », Yann, celui qui vient de la quitter, et souhaitait ardemment ne l’avoir jamais rencontré. Le choc ne l’a pas seulement projeté au sol mais l’a également propulsée dans le temps. Que s’est-il passé? L’occasion peut-être réécrire son histoire en mieux et s’offrir un autre destin…

Comme un flashback de sa vie… Une seconde chance…

Un roman pétillant qui m’a fait penser au film « Sliding doors » ( « Pile et face ») avec Gwyneth Paltrow. Revivre sa vie, refaire les choses en mieux, et au final se rendre compte que tout ce que nous vivons a forgé notre histoire. Il ne faut rien regretter, car tout nous a conduit à maintenant.

Un livre qui a le pouvoir de vous isoler du monde, une fois commencé, on perd toute notion du temps.

Extraits

▪️Mais chacun perçoit la littérature (et l’amour) comme il le veut.

▪️Il y a des gens qu’on n’aurait jamais dû rencontrer. Parce que leur présence, même furtive et heureuse dans votre vie chamboulera tout le reste de votre existence.

▪️Ne regrettons pas notre enfance, notre passé,

C’est lui qui nous a guidé jusqu’à maintenant.

Ne regrettons pas qui nous avons été,

Ca nous a permis d’être qui nous sommes vraiment.

Ne regrettons pas nos faux-pas, nos actes-manqués,

Ces souvenirs, mêmes tristes, sont le patchwork de notre tempérament. Ne regrettons pas nos hésitations, nos maladresses,

Car elles ont forgé notre histoire, ce lien passé-présent.

Ne regrettons pas nos tentations, nos cœurs brisés,

L’erreur est humaine, acceptons-la, tout simplement.

Éditions Charleston, 2019, 272 p.

JÉRÔME ATTAL « LA PETITE SONNEUSE DE CLOCHES »

« Quelles amours plus fortes que tout se terrent dans les livres, qui brûlent d’un feu inextinguible le coeur de ceux qui les écrivent? »

Quatrième de couverture

Deux époques entrelacées, deux histoires d’amour qui se confondent en une chasse au trésor fiévreuse et romantique dans les rues de Londres.

1793. Le jeune Chateaubriand s’est exilé à Londres pour échapper à la Terreur. Sans argent, l’estomac vide, il tente de survivre tout en poursuivant son rêve de devenir écrivain. Un soir, tandis qu’il visite l’abbaye de Westminster, il se retrouve enfermé parmi les sépultures royales. Il y fera une rencontre inattendue : une jeune fille venue sonner les cloches de l’abbaye. Des décennies plus tard, dans ses Mémoires d’outre-tombe, il évoquera le tintement d’un baiser.

De nos jours, le vénérable professeur de littérature française Joe J. Stockholm travaille à l’écriture d’un livre sur les amours de l’écrivain. Quand il meurt, il laisse en friche un chapitre consacré à cette petite sonneuse de cloches. Joachim, son fils, décide alors de partir à Londres afin de poursuivre ses investigations.

Qui est la petite sonneuse de cloches? A-t-elle laissé dans la vie du grand homme une empreinte plus profonde que les quelques lignes énigmatiques qu’il lui a consacrées? Quelles amours plus fortes que tout se terrent dans les livres, qui brûlent d’un feu inextinguible le coeur de ceux qui les écrivent?

Mon avis

Une promenade dans les rues de Londres…

Autrefois, quand Francois-René, rencontre la petite sonneuse de cloches, le temps d’un baiser …

Le souvenir de ce baiser, quelques lignes dans les « Mémoires d’outre-tombe »: « J’entendis un baiser et la cloche tinta le point du jour… »

Et aujourd’hui, quand Joachim, parti sur les traces de ce baiser, de ce point d’interrogation laissé sur terre par son père, rencontre Mirabel…

J’ai adoré ce roman. Voyager entre deux époques, avec en toile de fond Londres. Ces amours ébauchées, rêvées. La vie, l’amour, la littérature, l’écriture qui s’entremêlent. Un livre enchanteur qui a su m’enchanter et « laisser quelque chose de beau dans la tête »

Extraits

▪️Mais un souvenir peut-il seulement être agréable? Un souvenir n’est-il pas chargé par essence d’une dose de mélancolie qui en corrodé obligatoirement le caractère agréable?

▪️Tout écrivain, je suppose, sait qu’il est périlleux de raconter telles quelles des choses qu’on ne peut que suggérer. Ne serait-ce que pour se distinguer de l’anecdote, du commérage. Des choses qu’il est bon de dissimuler derrière des caractères et des signes. Combien de messages secrets se cachent sous la panoplie anodine d’une description? Combien d’histoires d’amour languissent, comme des sources de fleuve en attente, sous la pagaie d’une virgule?

▪️Les livres sont faits pour durer plus longtemps que les passions inextinguibles qui les commandent, mais ne les secouez pas trop, ils sont pleins de vérités tues que le cœur ne pouvait supporter de garder pour lui seul.

▪️Après tout, pensais-je, qui peut dire la place que prend telle ou telle personne sur l’instant? Puis dans le souvenir? Qui est suffisamment lucide, ou orgueilleux, pour connaître précisément le sillon qu’il creuse, l’importance qu’il laisse, dans le cœur de l’autre? D’ailleurs, ne touche-t-on pas ici à la beauté de la littérature? À son essence même? À ce qui nous bouleverse dans les livres, au-delà de l’identification qui est toujours euphorisante ou rassurante.

▪️Je poursuis cette idée que derrière une phrase en apparence banale, il peut se cacher un monde fabuleux ou déçu, un chemin qu’on a pas pris, un secret indicible; un espoir ou une promesse.

▪️La naissance d’un amour, c’est une faim qui ne se trompe par aucun subterfuge.

▪️J’aimais cette loi d’être ensemble que nous écrivions tous les deux, ces petites connivences comme des diamants persistants dans les souvenirs embrouillardés. L’acclimatation, le début d’un lien. La chaleur d’un pull. Une porte franchie

▪️Toute ma vie, il me semblait avoir recherché des êtres qui me feraient vivre des « instants maison ». Ce que j’appelle des « instants maison » sont des instants où l’on se sent soi-même, à une distance la plus infime possible entre ce qu’on est et l’image qu’on se fait de sa présence sur terre, sans vouloir toujours chercher ailleurs, comme une âme errante, une personne de plus, prompte à nous réinventer.

▪️… un véritable poète est quelqu’un qui « est supposé laisser au lecteur quelque chose de beau dans la tête, quand il tourne la page. » (J.D Salinger « Franny and Zooey »)

▪️C’est merveilleux d’écrire! Moins merveilleux que d’être lu.

Note: 5/5

Robert Laffont, 2019, 270 p.

SOPHIE FONTANEL « NOBELLE »

Quatrième de couverture

Pour toutes celles qui se sentent le talent d’écrire…

« En octobre dernier, quand, par un coup de téléphone, votre Académie a agité ses clochettes, c’est le nom de Magnus qui m’est venu en premier à l’esprit. Les choses naissent bien quelque part, et comment ne pas nous revoir, lui, le jeune garçon penché sur mes poèmes, et moi, au toupet illimité, qui le regardait lire… »

À l’occasion de son discours de réception du prix Nobel de littérature, Annette Comte se souvient de ses dix ans et de celui qui lui a donné l’envie d’écrire. Elle raconte, émerveillée, ce que le flamboyant Magnus fut pour elle – et il fut tout – l’été 1972, dans le sud de la France. Mais ce n’est qu’en osant, à Stockholm, revenir ainsi sur cette première et immense peine de coeur qu’Annette prendra la mesure de ce qu’un écrivain demande à l’amour.

Mon avis

On vit des mots que l’on aime. Et c’est ce que nous raconte Sophie Fontanel à travers l’histoire de cette petite fille qui voulait quelque chose d’extraordinaire et qui avait des mots dans les doigts.

Un stylo plume bleu ciel offert l’été de ses 10 ans, des vacances sous le soleil de Saint-Paul-de-Vence et l’envie d’écrire qui envahit sa vie. Une vue sur la mer, une piscine, une rencontre, la poésie…

Un merveilleux roman (que j’ai dévoré le temps d’un voyage en voiture) sur les balbutiements de l’amour, de l’écriture… et les premiers chagrins, les premières trahisons.

Extraits

▪️Des mots dans les doigts, voilà bien quelque chose que tout le monde n’avait pas.

▪️Il n’y a que la littérature pour se battre et galvaniser les hommes

▪️Dans ce demi-jour à l’heure de la sieste, je me mis sur mon lit avec mon cahier et mon stylo-plume Je lançai mon cœur dans le vide. Le stylo bleu n’était plus bleu, ni rien, ces détails n’existaient pas. J’écrivais.

▪️C’était trois fois rien. À peine des bous de phrases. Ça peut être joli des bouts de phrases…

▪️Et je compris comment l’on sait un jour, qu’on a fini un livre. Ce n’est pas le mot « fin », que l’on met tout au bout, ce n’est pas un point jeté après un mot. C’est le prodige d’avoir laissé naître en soi des milliers de phrases comme celle-là, qui tiennent toutes seules un jour au milieu du temps.

▪️On vit des mots que l’on aime.

Note: 5/5

Robert Laffont, 2019, 288 p.