AURÉLIA CASSIGNEUL-OJEDA « Les trois sœurs qui faisaient danser les exilés »

Quatrième de couverture

« Elles s’appelaient Flora, Begonia, Rosa. Elles étaient trois, elles étaient soeurs. Elles habitaient cette maison, à Cerbère, cette grande maison qu’aujourd’hui j’habite. Sous leurs fenêtres l’histoire roulait des flots d’hommes et de femmes. Sous leurs fenêtres la mer se balançait. Un jour elles sont parties, ont tout abandonné. »

Seul, blessé, Gabriele s’installe à Cerbère pour commencer une nouvelle vie. Il achète la maison des Fleurs, une grande bâtisse rose qui surplombe le port, abandonnée depuis des années ; il plonge alors dans la vie de trois jeunes femmes, trois soeurs qui l’habitaient, prises à leur insu dans les griffes de l’histoire, de ta Retirada espagnole à la résistance française. À trente années d’écart Gabriele revit leurs peurs, leurs joies, leurs amours et la mémoire de l’exil.

L’auteur

Aurélia Cassigneul-Ojeda est agrégée d’anglais et enseigne en classes préparatoires. À travers son père originaire de Burgos elle hérite d’une partie douloureuse de l’histoire espagnole, notamment l’assassinat de son grand-père par la Guardia Civil en 1936. Elle passe son bac à Alger et poursuit ses études à Paris avec un mémoire sur le féminisme anglais. Aujourd’hui installée à Toulouse, « Les Trois sœurs qui faisaient danser les exilés » est son troisième roman.

Mon avis

Une maison à Cerbère. Une grande bâtisse rose qui surplombe le port. Gabriele vient de l’acquérir après une rupture douloureuse. Autrefois, Flora, Bégonia et Rosa y ont traversé la tourmente de l »Histoire. Un jour, elles ont abandonné la « maison des fleurs », en y laissant cependant des fresques, des cahiers et des carnets. Et la vie de ces trois exilées qu’il découvre peu à peu, parle à son propre exil, à son propre passé. Leur histoire, son histoire… La mémoire de l’exil…

« Le cœur voyage. Le temps n’est rien. « 

Un roman qui parle des racines, de l’exil, du courage, du sens de la vie…

Une très belle écriture. Un très agréable moment de lecture.

Extraits

▪️L’étrave du navire crève l’eau et le cœur se fend. (Incipit)

▪️Mes souvenirs me font, mon vécu est ce que je suis.

▪️La vie est un cheval fougueux […] Oui la vie est comme ça, cheval fou qu’il faut apprivoiser, cadencer, lâcher, reprendre, ne pas abandonner; tenir, tenir toujours dans ses mains, dans son corps. J’ai vécu ça je crois…

▪️Je survole les époques et mon cœur voyage. Le temps n’est rien. (Excipit)

Note: 5/5

Ateliers Henry Dougier, 2020, 280p.

JULIA KORBIK « Oh! Simone! »

Quatrième de couverture

Simone de Beauvoir a beau nous avoir quitté.es il y a plus de 30 ans, sa pensée, ses questionnements et ses réflexions demeurent plus que jamais actuels. Son engagement féministe, ses activités politiques, ses essais philosophiques, son œuvre littéraire ou tout simplement la façon dont elle a choisi de vivre sa vie: tout vaut la peine d’être découvert. 

Oh, Simone ! est une invitation à vous libérer de ce que vous avez pu entendre ou lire sur Simone de Beauvoir jusqu’ici.

Une invitation à la faire descendre de son piédestal pour la (re)découvrir, à ne plus la réduire au rôle de compagne de Sartre, à ne plus la voir uniquement comme cette « Grande Dame Féministe » dont la pensée serait hors d’atteinte.

Voici ce que propose « Oh, Simone »: penser, lire, apprendre, aimer et rire (promis !) avec Simone de Beauvoir, une femme résolument moderne.

L’auteur

Julia Korbik est une autrice et journaliste allemande née en 1988. Parfaitement francophone, elle est passionnée par la philosophie et la littérature française et, depuis sa découverte lorsqu’elle était collégienne, par la vie et l’œuvre de Simone de Beauvoir. Son premier livre, Stand Up, paru en 2014, s’est vendu à plus de 10 000 exemplaires en Allemagne et a reçu un excellent accueil public et critique. « Oh, Simone! », paru en décembre 2017, est son deuxième ouvrage (plus de 10 000 exemplaires vendus en Allemagne).  Julia Korbik est en train de s’imposer en Allemagne, mais aussi en Europe, comme la voix incontournable d’un féminisme grand public, jeune et dynamique.

Mon avis

C’était une femme libre qui rêvait d’écrire, car écrire était « la grande affaire de sa vie ». Une femme qui se rebella contre son milieu. Une femme qui refusa de se marier. Une femme qui vécut librement et qui accepta la grande aventure d’être elle-même. Une femme qui ne cessa jamais de se remettre en question. C’était Simone de Beauvoir, Castor. Ce n’était pas seulement la compagne de Sartre.

« Je veux tout de la vie  » disait-elle.

Au fil des pages, on la découvre philosophe, féministe, romancière et amoureuse… On découvre ses questionnements et ses réflexions. On découvre sa vie surtout. Une vie qu’elle aimait avec passion!

Une biographie résolument moderne et originale. Parsemée de citations, de références, de curiosités, de détails sur ses goûts, de listes, dont la liste des ses romans en une seule phrase. Une écriture dynamique. Une approche innovante!

Devenir, aimer, penser, écrire, agir, lutter: les étapes que nous propose l’auteur.

Une biographie qui se lit comme un roman!

Extraits

▪️Jardin du Luxembourg, un soir de juillet 1929: deux jeunes gens discutent philosophie morale près de la fontaine Médicis. Le jeune femme – Simone – s’accroche coûte que coûte à sa « morale pluraliste » tandis que le jeune homme – Sartre – démonte ses arguments un à un. Trois heures plus tard, elle abandonne. De retour chez elle, elle écrira dans son journal: « Révélation d’une richesse de vie incomparable avec celle du jardin trop fermé où je m’enferme. […] Je sens en moi quelque chose de trouble qui me fait peur, une violence qui m’épuise. 

▪️Les livres peuvent parler, Simone en est convaincue. Ils parlent du monde qui l’entoure et, parfois, ils parlent d’elle. Ils la font rêver et réfléchir, posent des questions, remettent en cause les idées reçues.

▪️Lorsqu’elle ne trouve pas de réponses dans les livres, elle attrape son crayon. Écrire, pour elle, c’est aussi (se) chercher.

▪️Sa vie est son œuvre, et son œuvre est sa vie. Au fil de cette « grande aventure » Simone a fait des erreurs, pris de mauvaises décisions, mais, et c’est ce qui la différencie d’autres grandes penseuses et penseurs – dont Sartre -, elle n’a jamais cessé d’interroger le monde et de se remettre en question.

▪️… elle a le don pour vous aider à « être », à être curieux.se, intrépide, libre, à agir et à faire de votre vie une aventure.

Note: 5/5

Traduction de l’allemand: Julie Tirard

La ville brûle, 2020, 288 p.

NATHALIE SKOWRONEK « La carte des regrets »

Quatrième de couverture

Suicide, assassinat, mort accidentelle? Les circonstances de la mort de Véronique Verbruggen sur un sentier des Cévennes n’auraient pas valu plus de quelques lignes dans la presse si la victime n’avait pas été une éditrice reconnue. Deux hommes s’interrogent et partagent un même chagrin: Daniel Meyer, son mari, ophtalmologue,  et Titus Séguier, son amant, cinéaste qui jusqu’au bout aura attendu qu’elle vienne partager sa vie.

Pour Daniel, rien n’est jamais venu troubler les vingt ans de vie commune avec sa femme, qu’il aime indéfectiblement. Quant à Titus, dépossédé de son amour, il hésite entre se taire par respect des convenances ou élever à Véronique un « testament amoureux » cinématographique, en poursuivant le projet entamé avec elle avant sa disparition.

Il y a aussi Mina, la fille de Véronique, vingt et un ans, née d’un premier amour. Trop de sous-entendus, d’indices qui ne trouvent pas leur place dans le puzzle familial… Qui était cette mère dont les tourments se lisaient en filigrane? Demander des éclaircissements à son beau-père serait si douloureux pour Daniel… Alors Mina remonte la trace de Titus Séguier. Elle découvre la complexité d’une mère écartelée, celle des sentiments, et comprend qu’on ne connait jamais tout à fait cet autre qui nous semblait si proche.

Derrière le vernis des apparences, le portrait bouleversant d’une femme qui ne pouvait pas choisir. Nathalie Skowronek dit avec une grande subtilité les différentes facettes de l’amour et comment si les époques changent, les écartèlements du cœur demeurent.

Mon avis

Une femme meurt sur un sentier des Cévennes, laissant deux hommes dans une profonde détresse. Éperdus, ils partagent la douleur de sa disparition. Le mari, dont l’amour était indéfectible, et l’amant, qui attendait patiemment. Chacun à sa façon, tente de défendre sa place dans le cœur de cette femme…

Et puis, il y a sa fille qui essaye de comprendre. Elle part sur les traces du mystère de cette mère, dont le cœur était écartelé entre deux hommes…

Trois chagrins au fil des pages… Trois endeuillés qui tisseront chacun leur propre version de l’histoire…

Et ces questions: Que savons-nous de la vie de ceux qui nous entourent? Que nous montre-t-il d’eux-mêmes? Que dissimulent-ils?

Un très, très beau roman sur le deuil, l’amour, les impossibles choix, les écartèlements du cœur, l’humiliation de l’affirmation du désamour.

Les êtres et leurs fêlures… Les êtres et leurs blessures… Les êtres et leurs silences… Les êtres et leur mystère…

Coup de cœur pour ce livre tout en finesse.

Extraits

▪️Que savons-nous de la vie de ceux qui nous entourent? Que nous montre-t-il d’eux-mêmes? Que dissimulent-ils?

Tout est fragile, incertain, on ne sait jamais si on est dans l’espérance ou dans l’illusion.

▪️… l’image tronquée de sa vie. À force de laisser en suspens, d’inventer de faux récits, comme si paroles et actes n’avaient pas à s’accorder, elle s’enfonce dans ce qui s’apparente, même si elle ne parvient pas à se le formuler, à une double vie. Elle se voit jouer un rôle, porter un masque, pauvres simulacres qui n’ont d’autre but que de garder à distance ce qui risquerait de compromettre cet équilibre instable, morcelé, un bout d’elle ici, un autre là …

▪️La liberté on la prend, on ne la reçoit pas.

▪️Elle était mon lieu. Elle était mon autre dans le monde.

▪️On brandissait leurs histoires comme on agite des marionnettes. Dans le désordre des arguments et des indignations, chacun ne parlait que de lui-même et avait à cœur de justifier le bien-fondé de ses choix de vie.

▪️… les phrases laissées en suspens, les sous-entendus lourds de sens.

Note : 5/5 💙💙

Grasset, 2020, 144 pages.

ERRI DE LUCA « Le tour de l’oie » [Extraits]

Extraits

▪️L’espace d’un tiers de seconde, les paupières descendent brusquement sur les yeux . Environ quinze fois par minute. La vue ne s’interrompt pas, car le cerveau réunit les points lumineux. C’est ce que doivent faire ces lignes, courir sans percevoir les points, les alinéas. La ligne à lire doit se situer entre deux battements de cils. p.9

▪️Je te raconte un peu de la vie qui a filé. p.12

▪️[les histoires]… Elles ne sont pas à moi, elles appartiennent à la vie et au vocabulaire, moi je les mets ensemble. Seul me revient le droit d’assemblage. p16

▪️La liberté est une ruelle étroite… p.24

▪️Ce qui m’importe c’est la page qui me tient éveillé pendant que je l’écris, non pas celle déjà écris, jamais plus relues. p.42

▪️Je lis à la manière des navigations, je passe au large de promontoires. p.43

▪️Telle est ma façon de lire, l’ajout personnel qui change le résultat. Chaque livre se prête à la variante de celui qui le lit. En tant que lecteur, je sais qu’entre l’auteur et moi le rapport est à égalité, un à un. p.44

▪️En tant qu’écrivain, c’est la faculté de parole qui me revient. Je l’écris, je la prononce, j’agis en haut-parleur de moi-même et de certaines parties leseees, qui ne sont pas écoutées. p.48

▪️La vie se concentre dans des pages, elle se densifie, comprime les années en lignes, les villes en centimètres et pourtant on la retrouve. p.107

▪️Un mot en amène d’autres par association, chez un lecteur comme chez un auteur. p.107-108

▪️Celui qui lit ou qui écoute n’est pas un récipient vide à remplir, mais un multiplicateur de ce qu’il reçoit. Il ajoute ses propres images, souvenirs, objections. p.108

▪️L’écriture est mon aujourd’hui et je suis content qu’elle soit quelque part, l’aujourd’hui d’un lecteur. p.113

▪️On est accompagnés de signes, y prêter attention est un point en faveur de celui qui raconte, parce qu’il offre une explication. p. 140

▪️… je veux être un lecteur. J’ai lu tellement plus de pages que je n’en ai écrit. p.143

▪️Je ne pense pas à mes vies parallèles non vécues, mais aux histoires que je n’ai pas racontées. p.151

▪️Tel est le prodige qui touche ceux qui lisent les livres des littératures. Ils voient que les mots peuvent tout décrire. p.160

▪️En littérature, l’indescriptible n’existe pas. Ce n’est pas un acte de foi envers les mots. C’est l’étincelle de bonheur qui libère de l’enthousiasme quand on trouve les bons. p.160

. .

« Chi legge o ascolta non

è un recipiente vuoto da riempire,

ma un moltiplicatore di quello

che riceve. Aggiunge di suo immagini,

ricordi, obiezioni. »

. .

Quatrième de couverture

«Une fois interrompue la série des naissances, j’étais un rameau sans bourgeon ou, comme dit un de mes amis pêcheurs : un rocher qui ne fait pas de patelles. Je te parle à toi ce soir qui n’est même pas celui-ci. C’est un soir. Toi, tu es là, plus vrai, plus proche et consistant que le plafond. Je te parle à toi et non à moi-même. Je le sais parce qu’avec moi je parle napolitain.»

Un soir d’orage, un homme – qui ressemble beaucoup à l’auteur – est assis à une table, chez lui. Éclairé par le feu de la cheminée, il est en train de lire un livre pour enfants, Pinocchio. Dans la pénombre, une présence évanescente apparaît à ses côtés, qui évoque le profil du fils qu’il n’a jamais eu. L’homme imagine lui raconter sa vie : Naples, la nostalgie de la famille, la nécessité de partir, l’engagement politique. À travers cette voix paternelle, ce fils spectral assume progressivement une consistance corporelle. La confession devient confrontation, la curiosité se transforme en introspection, le monologue évolue en dialogue, au cours duquel un père et un fils se livrent sans merci.

L’auteur

Erri De Luca, né à Naples en 1950, est écrivain, poète et traducteur. Il est l’auteur d’une oeuvre abondante, publiée par les Editions Gallimard et partout dans le monde, dont les romans « Montedidio » (2002, prix Femina étranger) et « Le poids du papillon » (2011) ou plus récemment « La nature exposée » (2017).

Titre original

« Il giro dell’oca »

Traduction

Danièle Valin,

Gallimard, 2019, 176 pages

SARAH BARUKH « Envole-moi »

« Envole-moi, envole-moi, envole-moi

Loin de cette fatalité qui colle à ma peau

Envole-moi, envole-moi

Remplis ma tête d’autres horizons, d’autres mots »

Quatrième de couverture

À presque quarante ans, Anaïs a réinventé sa vie à Nice, loin de la grisaille du 19e arrondissement parisien où elle est née. Lorsque Marie, son amie d’enfance, la contacte après une longue absence, des souvenirs enfouis rejaillissent. Les années 90, lorsque le rap et le basket galvanisaient les cours de lycée et le racisme sévissait déjà. Cette amitié bancale, où Marie semblait décider de tout… Et le drame qui les a séparées. Le temps d’un week-end improvisé, les deux femmes affronteront leurs fantômes pour tenter de se retrouver. Grâce à des personnages d’une vérité poignante, Sarah Barukh, l’auteure de « Elle voulait juste marcher tout droit », nous plonge au coeur de l’adolescence et de ses stigmates, explorant dans ce roman troublant le poids du passé et la nécessité de s’en libérer pour pouvoir être soi-même.

Mon avis

Seule à Nice, son mari étant en voyage, Anaïs, traverse une épreuve douloureuse et éprouvante. C’est le moment que choisit son amie d’enfance, Marie, pour la recontacter après des années de blanc. Leurs routes se sont séparées un jour de 1993, l’année du drame…

Un road trip, une parenthèse de deux jours, et le poids du passé qui les a séparées. Deux jours pour retourner dans les pas de ces adolescentes et de leur amitié. Une amitié de celle qu’on croit pour la vie jusqu’à l’inévitable séparation.

Thelma et Louise ne sont pas bien loin…

Un roman qui raconte les années 90. L’adolescence et ses amitiés, parfois toxiques; l’adolescence et ses malaises; l’adolescence, ses solidarités et ses rivalités inavouées; l’adolescence et sa violence; mais aussi le racisme, le drame de l’excision et la radicalisation.

Et puis, la musique et « Envole-moi » de Jean Jacques Goldman…

Une très, très belle découverte, une écriture directe et moderne. Des personnages touchants !

Et comme une envie de lire les précédents romans de cette auteure!

Extraits

▪️Notre quotidien avait beau faire de nous des étrangers, nos voix ravivaient toujours notre proximité à nouveau intacte. p.102

▪️Mais je savais désormais que les rêves étaient de la dentelle. Quelque chose de doux et délicat mais qui ne suffit pas à tenir chaud dans le froid de l’existence. p.121

▪️Seuls les livres nous liaient. Ma mère les dévorait, comme moi, chacune dans son coin. Et quand je voulais me rapprocher d’elle en évitant les sujets qui fâchaient, je lui proposais qu’on échange les derniers romans qui nous avaient plu. On se laissait quelques semaines et on se rappelait pour commenter. Les histoires n’étaient bien sûr jamais prises au hasard. Nous comprenions les messages que véhiculaient ces héroïnes mourant de vanité, celles que leur orgueil empêchait de vivre, celles encore qui devaient tout quitter pour pouvoir être elles-mêmes… Nous défendions nos ambassadrices. Les arguments n’étaient pas toujours convaincants, mais c’était notre point de rencontre. p.238-239

▪️Qu’elle que soit l’époque, l’adolescence charriait la même violence. Un âge ingrat qui traversait les générations en laissant des traces qu’une vie entière ne suffisait pas toujours à effacer. p. 291

▪️Soudain au loin, vers l’Italie, se dessine un arc-en-ciel. Des larmes chaudes coulent le long de mes joues….

Note: 5/5 💙

Albin Michel, 2020, 304p.

CANESI et RAHMANI « Ultime preuve d’amour »

Quatrième de couverture

Alger, avril 1962.

Inès, une Algérienne de seize ans, est emportée par sa passion pour Pierre, un jeune pied-noir qu’elle connaît depuis l’enfance.

Mais l’Histoire n’a que faire des sentiments, elle avance, implacable, et broie tous les destins.

Alors que la violence est partout, Inès et Pierre se retrouvent dans une chambre de l’Aletti, le grand palace d’Alger. C’est leur dernière rencontre. Pierre, comme tant d’autres, sera bientôt exilé en France.

Le silence s’installe, les années passent.

Inès et Pierre, qui se sont reconstruits tant bien que mal, oublieront-ils jamais l’Aletti?

« Ultime preuve d’amour » brosse un émouvant portrait de femme. Il évoque avec puissance l’Algérie et la France des années soixante et quatre-vingt-dix. C’est dans l’amour d’une terre perdue, d’un pays déchiré, que s’exacerbent les sentiments de tous les personnages du roman.

Mon avis

L’Histoire « se joue de la liberté des êtres, elle se moque de leurs étreintes et de leurs désirs. » Et l’Histoire de l’Algérie des années soixante, se moque des amours d’Inès et de Pierre. Ils sont jeunes, ils s’aiment, d’un amour fou et passionné, mais en avril 1962, l’Histoire bouleverse leurs existences… Elle balaye leurs rêves de bonheur… Elle les sépare… En 1996, une ultime preuve d’amour…

L’Histoire de l’Algérie qui côtoie une histoire d’amour hors du commun… Et l’histoire d’amour qui vit au rythme de l’Histoire. D’un côté, la laideur et la dureté, de l’autre, la passion et la beauté. Une belle histoire, et cette ultime preuve d’amour qui émeut.

Les premiers émois amoureux et tout ce qui peut s’y opposer: la guerre bien sûr, mais également la famille, la condition sociale, l’engagement politique, la religion…

Une belle lecture et une belle écriture …

Extraits

▪️L’Histoire se joue de la liberté des êtres, elle se moque de leurs étreintes et de leurs désirs. p.24

▪️Je compris ce jour-là que la violence du bonheur est à la mesure de la souffrance qu’il engendre. p.27

▪️Voyager dans l’enfance, rechercher le temps d’avant, fouiller sa mémoire et se perdre en une douloureuse errance sur des chemins ponctués de noir, de nuit, d’oubli… p.32

▪️Le jeu de la mémoire mêle plusieurs images d’un même lieu, sans souci de chronologie, polluant, si l’on y prend garde, le souvenir originel. Il peut même associer deux lieux différents. p.35

▪️L’oubli du bonheur masquait la douleur de la perte. p.76

Note: 4/5

Lien:

Canesi & Rahmani « Villa Taylor »

Éditions Anne Carrière, 2020.

ARMANDE RAHAGA « Ne lui parle pas d’elle »

« On dit qu’on ne peut pas manquer de quelque chose

que l’on a pas connu. Pourtant l’amour manque toujours. »

Quatrième de couverture

Isolée dans son univers, Ann vit avec le fantôme d’Hélène, cette mère qu’elle n’a jamais connue. Il ne lui reste que quelques souvenirs effacés et des rêves palpables. Elle navigue entre ces sensations et y trouve souvent l’inspiration pour écrire.

Le jour où le doute s’installe autour de la mort de sa mère, elle se met en route à la recherche de son histoire.Les rencontres et les récits donnent à Hélène plusieurs visages. Égarée entre le réel et la fiction, Ann s’enfonce alors dans l’opacité de sa propre identité.

Déconcertant roman initiatique « Ne lui parle pas d’elle » embarque le lecteur dans une quête de la vérité, entre présences oniriques et secrets de famille. La plume d’Armande Rahaga trace des personnages criants d’authenticité et d’élan vital.

L’auteur

Née en 1991, Armande Rahaga réside dans le sud de la France, où elle a étudié les sciences du langage et de la communication. En 2019, elle remporte un prix pour une de ses nouvelles. Elle continue dans la voie littéraire en publiant ce premier roman plein de promesses.

Mon avis

Sa vie, c’est écrire. Elle a arrêté de vivre pour écrire. Et ce rêve d’écriture, elle veut le poursuivre, elle le lui a promis… D’elle, elle ne sait rien ou si peu. Qui est cette femme qui fut sa mère? Un mystère, une absence, un vide monstrueusement vaste et creux. Une feuille manuscrite virevolte dans un courant d’air… Un vertige, et c’est le début d’une quête, à la découverte du passé, à la recherche de son histoire.

Un livre sur les choix: les choix que l’on fait en croyant bien faire, les choix dont le poids est parfois trop lourd à porter, les choix que l’on fait par amour, les choix qui conditionnent la vie des autres, les choix qui bouleversent l’avenir, les choix qui deviennent silence et rendent à jamais inconsolable. Et puis les mauvaises rencontres, les vérités cachées, les mensonges et les non-dits. Et ces traces du passé qui hantent la vie et risquent de vous changer. La volonté d’écrire elle, demeure, plus forte que tout…

De belles pages sur la création littéraire…

Une très jolie écriture pour un beau premier roman. Une splendide découverte et une plume à suivre!

Extraits

▪️On dit qu’on ne peut pas manquer de quelque chose que l’on a pas connu. Pourtant l’amour manque toujours. p.53

▪️La violence d’un amour arraché et inconsolable manque à sa vie. Sans la folie et la souffrance de l’amour, elle a raté tellement de trains et de rencontres. Elle manque d’aimer. Elle a le cœur qui brûle. Tout ce qu’elle veut, c’est souffrir de l’amour et en mourir. p.53

▪️La vie n’apporte pas de belles choses, elle apporte le poids des événements, et chacun tente de jouer avec. Personne n’est épargné jamais. p.107

▪️Les non-dits et les tabous façonnent et dispersent parfois les familles. p.129

▪️La vie est imprévisible, mais c’est aussi une boucle qui se referme sur elle-même. La vie est comme un roman, et j’ai choisi d’arrêter de vivre pour écrire. p.168

▪️Écrire pour moi c’est vital, ce n’est pas seulement une façon de s’exprimer, c’est simplement vital. C’est douloureux, c’est angoissant, quelquefois, je me perds dans des endroits de mon esprit que je n’ai pas encore apprivoisés. p.169

▪️Tu es devant ta feuille blanche et tu écris, tu écris et tu décris les feuilles mortes aux couleurs orangées, un lieu imaginaire dans lequel tu n’avais pas prévu d’aller, et ton cœur de met à battre et tes doigts glissent sur le clavier jusqu’au moment où tu arrives en haut d’une montagne, tu as passé les bois sombres, les cailloux qui dégringolaient sous tes pieds et ralentissent ta marche sur les chemins pentus, tu es juste au sommet, au-dessus des nuages, et tu respires avant que l’air redevienne asphyxiant. C’est très court, et c’est intense. p.169

▪️Mais on souffre de ce qu’on ne connaît pas, et c’est peut-être la pire des douleurs qui existe. p.174

▪️Tu sais débuter un roman est l’une des choses les plus difficiles que j’ai eu à faire dans ma vie. La première phrase doit être un vol plané. L’omniscience. Tu es toute-puissante, tu vas créer et bouleverser des destins. Tu dois commencer par une atmosphère, un paysage, un regard qui annonce des événements à venir. Je n’ai jamais fait les choses comme on est censé les faire. J’ai souvent préféré commencer mon récit par l’entrée, directe et sans détour, dans la tête d’un personnage. Je n’ai aucune idée d’où l’action va se dérouler ou comment les événements vont modifier la vie des femmes et des hommes que je vais créer. Mais je connais parfaitement leurs visages et leurs démarches, avant même d’avoir commencé à écrire, j’entrevois leurs doutes, leurs buts et leurs forces. Ils accompagnent mes rêves et créent des souvenirs. Je sens que je perds le contrôle sur mes propres pensées et ils se mettent à envahir mon quotidien, si bien que je finis par voir à travers leurs yeux, je touche avec leurs mains, ils m’habitent à plusieurs quelquefois. Et quand j’écris enfin, je ne suis plus moi-même depuis longtemps. Je suis contrainte de vivre la vie réelle et leurs vies rêvées en même temps. Je me sens entre deux mondes, sans jamais réussir à faire le choix de l’un ou de l’autre. Il me faut pourtant choisir sans cesse entre le monde des vivants et ce qui me semble être celui des morts. L’imaginaire et le réel sont similaires à mes yeux. J’essaie tant bien que mal d’amarrer au bon endroit et au bon moment. p.232-233

Note: 4,5/5

180° éditions, 2020, 240 p.

SOPHIE DE BAERE « Les corps conjugaux »

Quatrième de couverture

« Au sommet du don, je pourrais sacrifier à cet homme jusqu’à ma propre vie et mes enfants. Comme je m’offrais autrefois à ma mère, aux jurys des concours, aux garçons des parkings: ce matin-là, dans cette mairie, je me donne tout entière. Je n’ai plus de défense, redeviens objet. Pourvu qu’il m’aime, Jean pourra faire de moi ce qu’il veut. »

Fille d’immigrés italiens, Alice Callandri consacre son enfance et son adolescence à prendre la pose pour des catalogues publicitaires et à défiler lors de concours de beauté. Mais, à dix-huit ans, elle part étudier à Paris. Elle y rencontre Jean. Ils s’aiment intensément, fondent une famille, se marient. Pourtant, quelques jours après la cérémonie, Alice disparaît. Les années passent mais pas les questions. Qu’est-elle devenue ? Pourquoi Alice a-t-elle abandonné son bonheur parfait, son immense amour, sa fille de dix ans?

Portrait de femme bouleversant, histoire d’un amour fou, secrets d’une famille de province : ce texte fort et poétique questionne l’un des plus grands tabous et notre part d’humanité.

Mon avis

Ils s’aiment. Mais l’amour ne peut pas toujours s’imaginer ce que le destin réserve. Une révélation, un jour, détruit tout sur son passage… La tragédie s’empare alors de leurs existences … Et le drame peu à peu s’écrit.

Une histoire déchirante comme une tragédie grecque. Une histoire qui vous prend à la gorge, une lecture bouleversante dont on ne sort pas indemne.

L’amour, la culpabilité, les tabous, les choix impossibles, les jugements de la société … On s’interroge… Aimer, c’est aller jusqu’où?

Une superbe écriture pour un roman fort.

Extraits

▪️… mes moments de lecture. Si ce n’est les livres de cuisine ou les magazines télé, il n’y a pas de livres chez moi. Alors j’emprunte des romans au CDI ou à la bibliothèque de Bolbec. Et le soir, lorsque ma mère commence à s’endormir sur le fauteuil du salon, je ferme la porte de ma chambre et je les dévore à la lueur d’une lampe de poche. Pendant ces moments suspendus, j’oublie. J’oublie la Miss. J’oublie ce qui tisse ma vie; et je la rapièce à coups de destins et de mots lointains…Maman pourrait trouver ça utile voire dangereux. Elle dit souvent que les livres sont des illusions. Et même, l’apanage des fainéants. p.28-29

▪️Les mots qui surgissent de nos profondeurs sont d’une beauté tout autre. De celles qui rendent différent. De celles qui réparent et qui sauvent. Qui me réparent. Qui me sauvent, peut-être. p.46

▪️Il ne s’agit pas une promesse d’amour mais déjà d’un repère […] Il ne sera jamais la lueur hésitante, je sais déjà qu’il sera mon avenir. Partout. Tout le temps. Dans les endroits hostiles comme en bordure des noirs silences. p.50-51

▪️L’éducation par la crainte laisse des habitudes tenaces. p.68

▪️… l’absence d’un enfant est une omniprésence. Déchirante. Inconsolable. p.107

▪️Il est des lieux qui collent à l’émotion du moment. p.109

▪️Quand vous prenez une décision courageuse, les gens, surtout les plus proches, vous applaudissent. Puis ils rejoignent leur quotidien et ils oublient. p. 143

▪️… une héroïne tragique. La beauté sombre d’un drame. C’est tout ce qui me reste au fond. p.194-195

▪️… la lecture. Tu dis souvent qu’à part ton amour pour moi, c’est tout ce qu’il te reste. Se nourrir des mots et des vies des autres. S’oublier entre les lignes, dans les méats de la fiction. p.285

▪️Au fond de moi, je sais que mon amour pour toi n’a pas mis les voiles et il ne les mettra jamais. Il sera toujours là, en chacun de mes jours. Il danse à mes lèvres, sur mes épaules et jusque sous mes ongles. Le grand amour ne passe pas. Il continue de battre en chacun de ceux qu’il a élus, tapi près du cœur. Jusqu’à la fin. p.292

▪️L’existence n’est finalement faite que de mots. Ce sont qui subliment ou qui noircissent les destins. Ils agissent et décident, font et défont l’appétit et le désir. Ils peuvent tout répéter à l’infini. Bonheur et malheur. Guérison ou blessure. Il y a aussi les mots qui ne passent pas et ceux qui nous dépassent. À moi, les mots ont souvent manqué. p.299

▪️… comme un livre trop puissant qu’on doit reposer de temps à autre. Pour être capable d’en poursuivre la nécessaire lecture. p.301

▪️On peut polir les mots mais pas les silences. Ils nous échappent et nous révèlent. p.315

Note: 5/5 💙

Lien: Sophie de Baere « La dérobée »

J.C. Lattès, 2020, 352 p.

CORINNE ERNAULT « La maison d’autres »

Quatrième de couverture

Quand Hugo, mystérieux intermittent du spectacle, pose ses valises dans le colombier de La Sauvageonne, maison d’hôtes provençale de Jeanne, le bel équilibre de celle-ci commence à s’effriter. Qui est cet homme qui fait resurgir l’histoire familiale? Bientôt, les secrets de Misia, la grand-mère fantasque et de Tania, la mère trop tôt disparue, sortent des tiroirs, dans un tourbillon de billets de banque oubliés. Les souvenirs et les regrets aussi. Pourquoi Hugo est-il venu? Jeanne va-t-elle sortir indemne de ce voyage dans ses souvenirs? En quelques jours, la vérité dévoilée va recolorer les clichés en noir et blanc du passé.

Mon avis

La Sauvageonne, une maison d’hôtes en Provence. Une maison que Jeanne a hérité de sa grand-mère, Misia. Une maison, et le passé qui bientôt refait surface avec ses secrets, ses non-dits. Peu à peu le puzzle se recompose, et la vérité surgit des tiroirs comme les billets de banque oubliés, un peu partout dans la maison. Et puis l’arrivée de Hugo, un homme mystérieux, un inconnu qui déposera ses valises dans le colombier encore en chantier…

Une très jolie lecture, sur les secrets, les vérités qu’on cache pour protéger, les drames de la vie, les histoires de famille, les destins qui bouleversent et ces silences plus bruyants que les mots … Des personnages très attachants, et une écriture poétique et maîtrisée. La Provence en toile de fond et une maison d’hôtes où l’on aimerait séjourner. Un coup de cœur…

Extraits

▪️Les histoires de famille, c’est parfois si douloureux qu’il vaut mieux entrer dans le passé avec les ballerines légères de la nostalgie plutôt qu’avec les gros godillots de la mélancolie.

▪️Qu’est-ce qu’un non-dit? Un silence coupable muré dans la perpétuité de la honte.

▪️Nous continuâmes à marcher sans but précis. Nos mots étaient le chemin à suivre. Nos arrêts étaient la ponctuation de cette conversation.

Note: 5/5 💙

Corinne Ernault, 212p.

JACQUES DE SAINT VICTOR « Casa bianca »

Quatrième de couverture

Ils pourraient jouer dans un film de Nanni Moretti. Michela est italienne, lui, le narrateur, français. À la cinquantaine, ils ne supportent plus de voyager « en touriste »: chaque séjour à l’hôtel menace de se terminer par une catastrophe conjugale. Une seule solution: s’enraciner, chercher le jardin d’Eden.

Ils pensent le trouver dans un couvent en ruine, un morceau de pierre dans les Pouilles, près de Lecce, légué par ses parents à Michela. Mais le couple n’est pas au bout de ses surprises. Lui, le spécialiste de la mafia, découvre que le couvent abrite un cercle de jeu très étrange. Comment le déloger? Serait-il aux mains de gangsters locaux? Le village a été l’une des forteresses de la Sacra Corona, la mafia locale. Les voisins le rassurent: « Tout ça, c’est du passé. Maintenant, la mafia ici, c’est fini! » Les deux amoureux se lancent dans la restauration du couvent. L’amour rend aveugle, celui des vieilles pierres aussi. Après le purgatoire, on touchera peut-être le paradis…

Avec humour, Jacques de Saint Victor nous raconte les tribulations d’un couple décalé et rocambolesque dans cette Italie du Sud, mystérieuse et sensuelle. Casa Bianca est une méditation sur le temps, l’enfance et le rêve universel d’une maison à soi.*

Mon avis

Deux universitaires, écrivains, elle italienne, lui français, décident de restaurer un ancien couvent dans le Sud de l’Italie. Et d’en faire un lieu à soi: « un petit port solide sur cet océan déchaîné ». De vieilles pierres qui se restaureront à coup de « non c’è problema » et un voyage à la découverte de ces terres ancestrales, mystérieuses et ensoleillées. À la découverte aussi de l’histoire et des traditions de ces terres, imprégnées par l’esprit des Anciens. Et le « diario » (journal) d’un « zio », témoignage de toute une époque, que l’on découvre dans un vieux coffre-fort dont personne n’a plus la clef…

Une pointe d’humour, une pointe d’érudition font de cette lecture, une très très belle lecture. Une bouffée de soleil au milieu de l’hiver et de sa grisaille. Aux couleurs de l’Italie. On prendrait bien la route vers ce sud enchanteur..

Extraits

▪️Ce n’étaient donc pas toujours le temps qui embellissait les souvenirs et produisait l’es navrant « c’était -mieux-avent ». Les choses changeaient aussi. Et pas toujours en bien.

▪️On ne choisit jamais tout à fait. Un jour, un lieu vous saisit.

▪️Il arrive parfois dans la vie que les gens sur lesquels nous comptons le moins nous rendent un fier service, alors que ceux qui semblent les plus fiables se révèlent incapables du moindre coup de pouce.

▪️Si stava meglio quando si stava peggio.

▪️ « On est vraiment bien ici. » […] « Tu serais devenu sentimental? » J’étais juste content d’avoir trouvé un petitport solide sur cet océan déchaîné, […]. Une terre rassurante ou je pouvais faire la paix avec moi-même.

▪️… cette maison où j’ai passé une partie de mon enfance. Jamais je n’aurais pensé y revenir. Les souvenirs que j’en garde ne sont pas toujours joyeux ; c’est aussi une maison hantée par des secrets. Mais je sais qu’il faut parfois revenir sur les lieux de son passé et ouvrir les armoires pour faire la paix avec soi-même.

Note: 5/5

Éditions des Équateurs, 2019, 398p.