PATRICK MODIANO « ENCRE SYMPATHIQUE » [Extraits]

▪️Il y a des blancs dans cette vie, des blancs que l’on devine si l’on ouvre le “dossier” : une simple fiche dans une chemise à la couleur bleu ciel qui a pâli avec le temps. Presque blanc, lui aussi, cet ancien bleu ciel. (Incipit) p.11

▪️J’ai toujours eu le goût de m’introduire dans la vie des autres, par curiosité et aussi par un besoin de mieux les comprendre et de démêler les fils embrouillés de leur vie- ce qu’ils étaient souvent incapables de faire eux-mêmes parce qu’ils vivaient leur vie de trop près alors que j’avais l’avantage d’être un simple spectateur, ou plutôt un témoin, comme on aurait dit dans le langage judiciaire. p.23

▪️Toutes ces paroles perdues, certaines que vous avez prononcées vous-mêmes, celles que vous avez entendues et dont vous n’avez gardé que le souvenir, et d’autres qui vous étaient adressées et auxquelles vous n’avez prêté aucune attention… Et quelquefois, au réveil, ou très tard dans la nuit, une phrase vous revient en mémoire, mais vous ignorez qui vous l’a chuchotée dans le passé. p.29

▪️Il y a des blancs dans une vie, mais parfois ce qu’on appelle un refrain. Pendant des périodes plus ou moins longues, vous ne l’entendez pas et l’on croirait que vous avez oublié ce refrain. Et puis, un jour, il revient à l’improviste quand vous êtes seul et que rien autour de vous ne peut vous distraire. Il revient, comme les paroles d’une chanson enfantine qui exerce encore son magnétisme. p.48

▪️Jamais Paris ne m’avait semblé aussi doux et aussi amical, jamais je n’étais allé si loin dans le cœur de l’été, cette saison qu’un philosophe dont j’ai oublié le nom qualifiait de saison métaphysique. p.61

▪️… ma vie, je la laissais s’écouler comme l’argent fou qui file entre les doigts. p.64

▪️Il y a des blancs dans une vie , et des éclipses de la mémoire. p.68

▪️Mais vous avez beau scruter à la loupe les détails de ce qu’a été une vie, il y demeurera des secrets et des lignes de fuite pour toujours. p.74-75

▪️Je crois qu’il est préférable de laisser courir sa plume. Oui, les souvenirs viennent au fil de la plume. Il ne faut pas les forcer, mais écrire en évitant le plus possible les ratures. Et dans le flot ininterrompu des mots et des phrases, quelques détails oubliés ou que vous avez enfouis, on ne sait pourquoi, au fond de votre mémoire remonteront peu à peu à la surface. Surtout ne pas s’interrompre, mais garder l’image d’un skieur qui glisse pour l’éternité sur une piste assez raide, comme le stylo sur une page blanche. Elles viendront après les ratures.p.76

▪️Comment démêler le vrai du faux si l’on songe aux traces contradictoires qu’une personne laisse derrière elle? Et sur soi-même en sait-on plus long, si j’en juge par mes propres mensonges et omissions , ou mes oublis involontaires? p.99

▪️Demain, ce serait elle qui parlerait la première. Elle lui expliquerait tout. ( explicit), p.137

SYLVAIN PRUDHOMME « PAR LES ROUTES »

Quatrième de couverture

J’ai retrouvé l’autostoppeur dans une petite ville du sud-est de la France, après des années sans penser à lui. Je l’ai retrouvé amoureux, installé, devenu père. Je me suis rappelé tout ce qui m’avait décidé, autrefois, à lui demander de sortir de ma vie. J’ai frappé à sa porte. J’ai rencontré Marie.»

Avec Par les routes, Sylvain Prudhomme raconte la force de l’amitié et du désir, le vertige devant la multitude des existences possibles.

L’auteur

Sylvain Prudhomme, né en 1979, est auteur de romans et de reportages. Ses livres ont reçu plusieurs prix littéraires et sont traduits à l’étranger. Dans la collection « L’Arbalète », il a notamment publié « Là, avait dit Bahi », « Les grands » et « Légende ». Avec Par les routes, Sylvain Prudhomme raconte la force de l’amitié et du désir, le vertige devant la multitude des existences possibles.

Mon avis

« Le monde se divise en deux catégories. Ceux qui partent. Et ceux qui restent. »

L’auto-stoppeur est de ceux qui partent, Sacha est de ceux qui restent…

Entre les deux Marie et Augustin…

Une petite ville du sud-est de la France…

Et la mélancolie des paquebots…

Une atmosphère se dégage de ces pages.

L’amitié, l’amour et cette envie de partir…

Et nous sommes nous de ceux qui partent ou de ceux qui restent? J’aurais tendance à dire que je suis de celles qui restent.

Des mots, des phrases qui charment.

Délicieusement beau et délicat! Un superbe coup de cœur! Un roman dont on aime les moments où il nous accompagne !

Extraits

▪️La moitié de notre existence est là, en arrière, racontant qui nous sommes, qui nous avons été jusqu’à présent, ce que nous avons été capables de risquer ou non, ce qui nous a peinés, ce qui nous a réjouis. p.11

▪️Il y a deux options face au destin: s’épuiser à lutter contre. Ou lui cèdre. L’accepter joyeusement, gravement, comme on plonge d’une falaise. Pour le meilleur et pour le pire. p.19

▪️J’ai demandé de quoi le livre parlait.

Toujours de la même chose. La vie qui passe. Le temps qui s’en va. C’est tout simple, il n’y a jamais rien de spectaculaire. Simplement les hommes et les femmes qui naissent, grandissent, désirent, deviennent adultes, aiment, n’aiment plus, renoncent à leurs rêves, au contraire s’y accrochent, vieillissent. S’en vont peu à peu, remplacés par d’autres.

Qu’est-ce qu’il faudrait raconter de plus, j’ai dit. C’est la seule chose à raconter. p.43

▪️Il voyagea. Il connut la mélancolie des paquebots, les froids réveils sous la tente, l’étourdissement des paysages et des ruines, l’amertume des sympathies interrompues. Il revint. Gustave Flaubert

▪️D’une certaine façon c’est ça qui me pèse: les aimer tant. p.123

▪️J’ai réalisé qu’il ne se passerait rien. Qu’il n’y avait rien à attendre. Que toujours ainsi les semaines continueraient de passer, que le temps continuerait d’être cette lente succession d’années plus ou moins investies de projets, de désirs, d’enthousiasmes, de soirées plus ou moins vécues. De jours tantôt habités avec intensité, imagination, lumière, des jours pour ainsi dire pleins, comme on dit carton plein devant une cible bien truffée de plombs. Tantôt abandonnés de mauvais gré au soir venu trop tôt. Désertés par excès de fatigue ou de tracas. Perdus. Laissés vierges du moindre enthousiasme, de la moindre récréation, du moindre élan véritable. Jours sans souffle, concédés au soir trop tôt venu, à la nuit tombée malgré nos efforts pour différer notre défaite, et résignés alors nous marchons vers notre lit en nous jurant d’être plus rusés le lendemain — plus imaginatifs, plus éveillés, plus vivants. p.125

▪️À lire du matin au soir. À avaler presque un livre par jour. Parfois deux. […] Avoir lu sept nouveaux livres à la fin de la semaine. Trente à la fin du mois. Trois cents à la fin de l’année. Et autant de mondes arpentés, autant de pays reconnus, de vies écoutées, de voix entendues…. p.135

▪️Je suis heureux que tu te sois trouvé sur ma route. Parole de voyager. Parole d’habitué des routes, des carrefours, des rencontres. Parole de vrai amoureux de la vie, reconnaissant aux surprises qu’elle réserve. p.286

Note: 5/5 💙💙

Prix: Prix Femina 2019

Gallimard, L’Arbalète, 2019, 306 p.

LEILA MEACHAM « LE VOL DES LIBELLULES »

Quatrième de couverture

En pleine Seconde Guerre mondiale, cinq jeunes Américains reçoivent une mystérieuse lettre du gouvernement leur demandant s’ils sont prêts à se battre pour leur pays.

A priori, ils n’ont rien en commun : un Texan d’origine allemande, un fils de bonne famille gâté, un pêcheur, une styliste et une championne d’escrime.

Pourtant, ils ont été choisis pour participer à une mission d’espionnage de grande envergure et sont envoyés à Paris sous le nom de code « Libellule ».

Déterminés à combattre le fléau nazi, ils savent que le moindre faux pas peut leur être fatal. Partis à cinq, ils ne reviendront qu’à quatre…

Mais faut-il croire aux apparences ? Cinquante ans plus tard, quelqu’un cherche à savoir ce qui s’est réellement passé au coeur de l’hiver 1944 à Paris. Commence alors une quête incroyable qui risque de bousculer des vérités qui dorment…

« CAPTIVANT. LE RÉCIT HALETANT DE LEILA MEACHAM RAVIRA LES LECTEURS À LA RECHERCHE D’UNE HISTOIRE COMPLEXE D’ESPIONNAGE ET DE FAUX-SEMBLANTS. » Publishers Weekly

L’auteur
Leila Meacham vit à San Antonio, au Texas. Ses romans, dont Le Vol des libellules, Les Orphelins de Kersey, Les Roses de Somerset et La Plantation (disponibles aux éditions Charleston), sont des best-sellers internationaux.

Mon avis

Labrador, Liverwort, Limpet, Lodestar et Lapwing , ce sont leurs noms de code, ils ont chacun des motivations bien précises pour accepter la mission qu’on leur propose. Cette mission appelée « Dragonfly » les conduira à Paris. Espions en quête de renseignements, ils vivront sous couverture en toute discrétion et transmettront leurs informations à un homme en brun qui restera derrière son récepteur radio.

Avant le départ, ils se fixent un lieu, une heure et une date pour se retrouver après la guerre: à quatorze heures, dans la Rose Main Reading Room, de la New York City Library, le 23 du premier mois de septembre suivant la fin de la guerre. Seront-ils tous au rendez-vous?

J’ai commencé ce roman avec un peu de réticence. Je me suis dit encore un livre sur la seconde guerre mondiale, mais je dois admettre que petit à petit je suis entrée dans l’histoire, et que cette dernière m’a finalement passionnée.

Ce livre dense et très bien construit, tient le lecteur en haleine!

Une belle surprise au final!

Extrait

Dimanche soir à New-York, dans un appartement de Park Avenue, une horloge ancienne donna six heures. À Paris? Il était minuit. Le soleil de septembre commençait à descendre vers les arbres de Central Park. Depuis le début de la journée, un homme distingué patientait près de son téléphone. Il savait pourtant qu’il ne sonnerait qu’après le rendez-vous que sa femme avait dans ce bistrot parisien avec des amis qu’elle n’avait pas vus depuis dix-huit ans. Elle avait promis de lui faire savoir s’ils étaient venus. Ou pas…

Note: 3,75/5

Éditions Charleston, 2019, 448p.

MARION MCGUINNESS « LE TOUR DU MONDE DU BONHEUR »

Quatrième de couverture

Du Japon au Chili, de la Nouvelle-Zélande à la Scandinavie, partez à la découverte des secrets des gens heureux!

Dans toutes les langues et cultures du monde, des mots sont utilisés pour définir des concepts parfois complexes. En quelques syllabes, des arts de vivre, des visions du bonheur ou la façon d’y parvenir sont ainsi « décodés ». Derrière chaque mot, tout un univers de valeurs, d’histoires et de modes de vie jaillit.

Le bonheur ne se définit ainsi pas de la même façon au Danemark ou au Japon, et les valeurs clés pour être heureux ne sont pas les mêmes non plus. Chacun construit son bonheur à partir du contexte dans lequel il naît, mais aussi de son identité profonde. Mais ce qui reste universel, c’est notre quête du bonheur, sous toutes ses formes – et ses mots !

Cet ouvrage est une fenêtre ouverte sur le monde entier, sur différents regards et cultures. Découvrez 44 concepts, des plus connus (Hygge, Lagom, Ikigaï…) aux plus confidentiels, pour avoir une vision globale et bigarrée du bonheur. Composez votre propre recette en piochant ce qui vous « parle » le plus, ce qui résonne le plus en vous et vous aide à construire votre chemin du bonheur.

L’auteur

Spécialiste en développement personnel, Marion McGuinness est autrice, traductrice et lectrice en langue anglaise depuis plusieurs années. Elle est notamment la traductrice de « Livre du Hygge » et du « Livre du Lykke », de Meik Wiking , che First Éditions (2016 & 2017) et du « Petit Livre de l’Ikigaï » de Ken Mogi (Mazarine/Fayard, 2018)

Mon avis

Un voyage à la découverte de tous les bonheurs du monde.

Des mots, des citations, des photos, des portraits de chercheurs de bonheur et des curiosités pour décliner un bonheur multiple et varié.

Hygge, Hakuna Matata, Serendipity, Accords toltèques, Ikigaï, Ho’oponopono, Slow Life….

Arts de vivre, pratiques ancestrales, concepts culturels, théories modernes, croyances, philosophies…

Le bonheur est tantôt bruyant, tantôt silencieux; il se vit au milieu de la foule, ou seul dans la nature.

Mais le lien universel est cette quête du bonheur commune à tous…

Un livre merveilleux à la fois instructif et inspirant … À lire d’une traite ou à laisser traîner sur une table pour y picorer quelques moments de sérénité au hasard d’une page!

Une superbe idée de cadeau à l’approche des fêtes!

Extraits

▪️Serendipité. Rechercher quelque chose, trouver autre chose et réaliser que ce que vous avez trouvé convient mieux à vos besoins que ce que vous pensiez rechercher. Lawrence Block

▪️Le mot « ikigaï signifie littéralement « raison de vivre ( iki veut dire vivre et gaï, raison) c’ est cette force intérieure, immuable et puissante, qui nous pousse à avancer et nous lever chaque matin. p.89

▪️Le sentiment d’être à sa place , comme à la maison. La sensation d’être en sécurité, protégé du monde, et de pouvoir enfin baisser sa garde. Meik Wiking

▪️Sois reconnaissant envers les gens qui te rendent heureux. Ils sont les jardiniers qui font fleurir ton âme. Marcel Proust

▪️Le bonheur n’est pas un état « stable »: il est normal de ressentir des émotions différentes, aussi bien la joie que la tristesse, et surtout, le bonheur n’est pas posé quelque part immobile. Non, il faut vivre et bouger pour le ressentir – le bonheur est vivant, c’est une aventure. Il doit se « travailler »

▪️ »Lagom är bästl » Proverbe suédois signifiant « Le juste milieu, c’est ce qu’il y a de mieux!  »

Lien (vers la chronique du premier roman de Marion McGuinness):

https://abookisalwaysagoodidea.com/2019/07/09/marion-mcguinness-egarer-la-tristesse/

Éditions De Boeck Supérieur, 2019, 192 p.

Lydie Salvayre « Sept femmes » [Extraits]

▪️Car il fallait qu’elles fussent folles ces femmes pour affirmer leur volonté présomptueuse d’écrire dans un milieu littéraire essentiellement gouverné par les hommes. Car il fallait qu’elles fussent folles pour s’écarter aussi résolument, dans leurs romans ou leurs poèmes, de la voie commune, pour creuser d’aussi dangereuses corniches, pour impatienter leur temps ou le devancer comme elles le firent, et endurer en conséquence les blâmes, les réproba­tions, les excommunications, ou pire l’ignorance d’une société que, sans le vouloir ou le voulant, elles dérangeaient. p.8

▪️Je relus, il y a un an, tous leurs livres. Je traversais une période sombre. Le goût d’écrire m’avait quittée. Mais je gardais celui de lire. Il me fallait de l’air, du vif. Ces lectures me l’apportèrent. Je vécus avec elles, m’endormis avec elles. Je les rêvais. Certain jour, un seul vers de Plath suffisait à m’occuper l’esprit. La perfection est atroce, me répétais-je, elle ne peut pas avoir d’enfant. Le lendemain, j’avalais d’un trait les trois cent dix-sept pages du roman de Woolf Orlando, dans un bonheur presque parfait

▪️… j’inventais leur œuvre, tout lecteur, je crois, fait cela. p.9

▪️Écrire, pour ces femmes, ne connaissaient d’ autre autorité que celle de vivre. Et vivre sans écrire revenait à mourir. p. 11

▪️Parfois, le livre ouvert sur sa poitrine, elle (Emily Brontë) s’interrompt de lire comme le font tous les lecteurs du monde et parcourt « El mundo por de dentro « , comme aurait dit Quevedo, à la poursuite d’un songe, ou d’une image, ou de rien, ou d’une histoire pleine de bruits ou de rebonds… p.33-34

▪️Elle (Emily Brontë) ne saura jamais qu’un écrivain nommé Georges Bataille désignera , un siècle après, « Les hauts de Hurlevent » comme le plus grand roman d’amour de tous les temps. p.48-49

▪️il arrive que les grands événements d’une vie se produisent en un instant. p.85

▪️… puisque écrire ne conduit qu’à écrire.

▪️Elle (Marina Tsvetaeva) disait qu’elle était condamnée aux mots […] condamnée à vouloir l’impossible qui émane du domaine des mots. Elle disait qu’elle ne tenait pas la plume, que c’était la plume qui la tenait. p.136

▪️Correspondance d’âme à âme, de rêve à rêve. […] Lieu de la plus haute amitié. D’une parole partagée entre deux etres qui d’emblée se reconnaissent. Où chacun, dans sa tentative de cerner l’art poétique de l’autre avec cette intuitions ceux-là qui aiment et qui admirent, livre dans un mouvement quelque chose de soi. p.149

▪️Car Tsvetaeva a besoin pour écrire d’entendre à son oreille battre le cœur d’un autre, besoin que ses poèmes soient lus par d’autres et qu’ils résonnent en d’autres. p.162

▪️Un écrivain est une oreille. Rien d’autre. Un écrivain, comme le cœur et les marées, pour le dire autrement, un écrivain à son rythme intérieur. Et s’il n’end pas son rythme intérieur, il n’est pas écrivain. C’est aussi simple, et aussi implacable. Le rythme est l’écrivain. p.196

▪️Un auteur aimé vous amène vers ses livres aimés, lesquels vous amènent vers d’autres livres aimés, et ainsi infiniment jusqu’à la fin des jours, formant ce livre immense, inépuisable, toujours inachevé, qui est en nous comme un cœur vivant, immatériel mais vivant. p.208

▪️Elle (Ingeborg Bachmann) dit qu’elle déteste la littérature lorsque la littérature n’est qu’une parure de cheminée. Elle veut que la littérature exerce une influence sur la réalité. Elle le croit. Elle veut le croire… p.209

▪️Paul Celan: « Le poème peut être une bouteille jetée à la mer, abandonnée à l’espoir, certes fragile, qu’elle pourra un jour être recueillie sur quelque plage, sur la plage du cœur.

Lydie Salvayre « Sept femmes », Points, 2014

(Photos: Midis de la Poésie du 7 novembre 2019 au Théâtre National, Bruxelles)

ALEX RIVA « VOUS ALLEZ DIRE QUE ÇA NE ME REGARDE PAS »

Quatrième de couverture

Depuis le décès de Jeanne, son épouse, Pierre a fait du «Café Saint-Honoré» sa deuxième maison. Non content d’y observer les clients, ce psychiatre à la retraite aime prendre la liberté de leur apporter son assistance affective, comme il la qualifie, après les avoir abordés avec son habituel « vous allez dire que ça ne me regarde pas… ». Être à l’écoute, prodiguer des conseils, mettre des mots sur les maux, tel est son credo pour aider ceux qui retiennent son attention.Mais l’arrivée chez lui de sa petite-fille Léa, la rencontre avec Anna, une fausse inconnue, et la relation compliquée qu’il entretient avec Antoine, son fils cadet, vont mettre à mal son nouvel équilibre de vie.À force de se mêler de ce qui ne le regarde pas et de vouloir tout comprendre, Pierre va apprendre à ses dépens que la vie rattrape parfois ceux qui pensent bien la connaître… La découverte d’un carnet sera-t-elle la clé qui lui permettra de pousser les portes de sa propre histoire?

L’auteur

Alex Riva travaille à son compte dans le domaine de la communication. Elle aime analyser avec humour et lucidité les rapports entre les êtres humains. Après le succès de la trilogie « Les femmes formidables », ce quatrième roman amène le lecteur à se poser des questions essentielles pour éclairer sa propre vie.

Mon avis

Pierre, un psychiatre à la retraite fréquente le « Café Saint-Honoré ». Il est veuf et prodigue des conseils aux clients du café en commençant par cette petite phrase: « Je sais bien que ça ne me regarde pas ». « Une assistance affective » faite de bienveillance, d’écoute et de mots… En douceur, il aime aider ses semblables, que ce soit dans ce café parisien ou dans une association d’alphabétisation où il est bénévole.

Alors que sa petite-fille s’installe chez lui et mouvemente son quotidien, une découverte bouleversera sa vie et redessinera sa propre histoire. Des carnets…

Une histoire touchante, des personnages très attachants; dans leurs fragilités et leurs questionnements. Et des relations humaines faites de sentiments, d’émotions et de secrets.

Il y quelque chose de chaleureux et de bienveillant dans ce roman: un coup de coeur!

Extraits

▪️ »Pardonne-moi »

Pierre n’arrivait pas à détacher ses yeux de ces deux mots. Ces deux mots posés au bas de la lettre qu’il tenait entre ses mains. Désemparé et impuissant, il assistait à une réécriture de sa vie.

▪️On cherche tous à un moment ou un autre a réparer nos blessures du passé.

▪️Qui sait ce qui l’attendait? Mais vous allez me dire que ça ne nous regarde pas…

Note: 5/5

alexriva.fr, 2019, 312 p.

JOSIE SILVER «  UN JOUR EN DÉCEMBRE »

Quatrième de couverture

Laurie est presque sûre que le coup de foudre n’existe que dans les films. Mais un jour de neige en décembre, à travers la vitre embuée d’un bus londonien, elle aperçoit un homme. Leurs regards se croisent… et le bus redémarre. Certaine qu’ils sont voués à se retrouver, Laurie passe une année à scruter les coins de rue, les arrêts de bus et les cafés. Sans succès.

Jusqu’à ce soir de Noël où sa meilleure amie et colocataire lui présente le nouvel homme de sa vie, celui qui l’a convaincue d’abandonner les histoires d’amour éphémères… Jack, l’homme du bus. Dix ans de chassé-croisé, de déchirures, de retrouvailles et d’occasions manquées commencent alors pour Laurie et Jack.

Traduit dans trente langues, un roman poignant et lucide sur l’amitié et l’amour, les choix que l’on fait et les rêves que l’on a, qui a fait vibrer près d’un million de lecteurs à Noël dernier.

LE COUP DE COEUR DE REESE WITHERSPOON !

« Préparez-vous à être emportés dans le tourbillon d’une incroyable histoire d’amour. J’ai été complètement charmée.»

L’auteur

Josie Silver est une romantique assumée qui a rencontré son mari en lui marchant sur le pied à l’âge de 21 ans. Elle vit avec lui, ses deux jeunes enfants et leur chat dans une petite ville des Midlands. Son premier roman, Un jour en décembre, a été l’événement éditorial de l’hiver 2018 : sélectionné par l’actrice Reese Witherspoon pour son Book Club, il s’est hissé dès la première semaine de vente en tête de tous les palmarès.

Mon avis

Comme dans une comédie romantique, leurs regards se croisent, un jour de décembre, à l’arrêt de bus. Elle l’aperçoit à travers la vitre embuée, lui le nez plongé dans son bouquin, lève les yeux, et le temps d’un instant, et les yeux dans les yeux, un éclair… , puis il est trop tard. Commence alors une recherche désespérée partout dans la ville… Un jour pourtant…Un chassé-croisé croisé amoureux et amical. Faut-il se contenter d’une histoire d’amour, presque parfaite, ou préférer viser la perfection? Une histoire d’amour doit-elle être parfaite dès le départ ou peut-on la construire au fil du temps? L’amour est-ce la bonne personne, au bon moment? Et quand l’amour arrive au mauvais moment peut-on décider de le transformer en amitié? Un livre sur l’amour, sur l’amitié, sur les choix aussi. Une comédie romantique sous forme de triangle amoureux dont les équilibres varient continuellement. Une histoire qui vous emporte et qu’il serait doux de lire sous un plaid au coin du feu. Personnellement, j’ai adoré suivre ces personnages qui vont mettre du temps à réaliser leur rêve.

Extraits

⭐️ Un degré de plus dans l’intimité, comme un point de plus sur le patchwork de notre relation… Notre plaid est en patchwork fait main, un délicat assemblage du tulle de nos conversations entrecoupées, de nos regards volés , avec le fil de nos espoirs, pour obtenir cette couverture légère, magnifique, aérienne, qui nous garde au chaud et nous protéger comme un bouclier d’acier…

⭐️ Certains événements deviennent des moments charnières dans nos vies? Et je ne parle pas seulement des étapes qu’on veut franchir….

⭐️ Je ne sais pas comment être avec lui sans être avec lui, tu vois ce que je veux dire?

⭐️Notre amour était comme une chrysalide. On a mûri ensemble, jusqu’à ne plus pouvoir croître.

Note: 5/5 💙💙

Éditions Charleston, 8 octobre 2019, 480 p.