ALEX RIVA « VOUS ALLEZ DIRE QUE ÇA NE ME REGARDE PAS »

Quatrième de couverture

Depuis le décès de Jeanne, son épouse, Pierre a fait du «Café Saint-Honoré» sa deuxième maison. Non content d’y observer les clients, ce psychiatre à la retraite aime prendre la liberté de leur apporter son assistance affective, comme il la qualifie, après les avoir abordés avec son habituel « vous allez dire que ça ne me regarde pas… ». Être à l’écoute, prodiguer des conseils, mettre des mots sur les maux, tel est son credo pour aider ceux qui retiennent son attention.Mais l’arrivée chez lui de sa petite-fille Léa, la rencontre avec Anna, une fausse inconnue, et la relation compliquée qu’il entretient avec Antoine, son fils cadet, vont mettre à mal son nouvel équilibre de vie.À force de se mêler de ce qui ne le regarde pas et de vouloir tout comprendre, Pierre va apprendre à ses dépens que la vie rattrape parfois ceux qui pensent bien la connaître… La découverte d’un carnet sera-t-elle la clé qui lui permettra de pousser les portes de sa propre histoire?

L’auteur

Alex Riva travaille à son compte dans le domaine de la communication. Elle aime analyser avec humour et lucidité les rapports entre les êtres humains. Après le succès de la trilogie « Les femmes formidables », ce quatrième roman amène le lecteur à se poser des questions essentielles pour éclairer sa propre vie.

Mon avis

Pierre, un psychiatre à la retraite fréquente le « Café Saint-Honoré ». Il est veuf et prodigue des conseils aux clients du café en commençant par cette petite phrase: « Je sais bien que ça ne me regarde pas ». « Une assistance affective » faite de bienveillance, d’écoute et de mots… En douceur, il aime aider ses semblables, que ce soit dans ce café parisien ou dans une association d’alphabétisation où il est bénévole.

Alors que sa petite-fille s’installe chez lui et mouvemente son quotidien, une découverte bouleversera sa vie et redessinera sa propre histoire. Des carnets…

Une histoire touchante, des personnages très attachants; dans leurs fragilités et leurs questionnements. Et des relations humaines faites de sentiments, d’émotions et de secrets.

Il y quelque chose de chaleureux et de bienveillant dans ce roman: un coup de coeur!

Extraits

▪️ »Pardonne-moi »

Pierre n’arrivait pas à détacher ses yeux de ces deux mots. Ces deux mots posés au bas de la lettre qu’il tenait entre ses mains. Désemparé et impuissant, il assistait à une réécriture de sa vie.

▪️On cherche tous à un moment ou un autre a réparer nos blessures du passé.

▪️Qui sait ce qui l’attendait? Mais vous allez me dire que ça ne nous regarde pas…

Note: 5/5

alexriva.fr, 2019, 312 p.

JOSIE SILVER «  UN JOUR EN DÉCEMBRE »

Quatrième de couverture

Laurie est presque sûre que le coup de foudre n’existe que dans les films. Mais un jour de neige en décembre, à travers la vitre embuée d’un bus londonien, elle aperçoit un homme. Leurs regards se croisent… et le bus redémarre. Certaine qu’ils sont voués à se retrouver, Laurie passe une année à scruter les coins de rue, les arrêts de bus et les cafés. Sans succès.

Jusqu’à ce soir de Noël où sa meilleure amie et colocataire lui présente le nouvel homme de sa vie, celui qui l’a convaincue d’abandonner les histoires d’amour éphémères… Jack, l’homme du bus. Dix ans de chassé-croisé, de déchirures, de retrouvailles et d’occasions manquées commencent alors pour Laurie et Jack.

Traduit dans trente langues, un roman poignant et lucide sur l’amitié et l’amour, les choix que l’on fait et les rêves que l’on a, qui a fait vibrer près d’un million de lecteurs à Noël dernier.

LE COUP DE COEUR DE REESE WITHERSPOON !

« Préparez-vous à être emportés dans le tourbillon d’une incroyable histoire d’amour. J’ai été complètement charmée.»

L’auteur

Josie Silver est une romantique assumée qui a rencontré son mari en lui marchant sur le pied à l’âge de 21 ans. Elle vit avec lui, ses deux jeunes enfants et leur chat dans une petite ville des Midlands. Son premier roman, Un jour en décembre, a été l’événement éditorial de l’hiver 2018 : sélectionné par l’actrice Reese Witherspoon pour son Book Club, il s’est hissé dès la première semaine de vente en tête de tous les palmarès.

Mon avis

Comme dans une comédie romantique, leurs regards se croisent, un jour de décembre, à l’arrêt de bus. Elle l’aperçoit à travers la vitre embuée, lui le nez plongé dans son bouquin, lève les yeux, et le temps d’un instant, et les yeux dans les yeux, un éclair… , puis il est trop tard. Commence alors une recherche désespérée partout dans la ville… Un jour pourtant…Un chassé-croisé croisé amoureux et amical. Faut-il se contenter d’une histoire d’amour, presque parfaite, ou préférer viser la perfection? Une histoire d’amour doit-elle être parfaite dès le départ ou peut-on la construire au fil du temps? L’amour est-ce la bonne personne, au bon moment? Et quand l’amour arrive au mauvais moment peut-on décider de le transformer en amitié? Un livre sur l’amour, sur l’amitié, sur les choix aussi. Une comédie romantique sous forme de triangle amoureux dont les équilibres varient continuellement. Une histoire qui vous emporte et qu’il serait doux de lire sous un plaid au coin du feu. Personnellement, j’ai adoré suivre ces personnages qui vont mettre du temps à réaliser leur rêve.

Extraits

⭐️ Un degré de plus dans l’intimité, comme un point de plus sur le patchwork de notre relation… Notre plaid est en patchwork fait main, un délicat assemblage du tulle de nos conversations entrecoupées, de nos regards volés , avec le fil de nos espoirs, pour obtenir cette couverture légère, magnifique, aérienne, qui nous garde au chaud et nous protéger comme un bouclier d’acier…

⭐️ Certains événements deviennent des moments charnières dans nos vies? Et je ne parle pas seulement des étapes qu’on veut franchir….

⭐️ Je ne sais pas comment être avec lui sans être avec lui, tu vois ce que je veux dire?

⭐️Notre amour était comme une chrysalide. On a mûri ensemble, jusqu’à ne plus pouvoir croître.

Note: 5/5 💙💙

Éditions Charleston, 8 octobre 2019, 480 p.

CLARISSE SABARD « LA VIE A PLUS D’IMAGINATION QUE NOUS »

Quatrième de couverture

Après sa récente rupture avec Clément, Léna redoute une nouvelle fois les vacances de Noël dans sa famille quelque peu agitée. Mais elle n’imaginait pas avoir affaire à un nouveau cataclysme! Cette fois, c’est son père qui fait des siennes: une semaine avant Noël, la voilà forcée d’aller le chercher à l’hôpital, car il a été ramassé ivre mort devant la grille du cimetière de Vallenot… Qu’est-ce qui lui a pris? Et pourquoi a-t-il rompu avec sa dernière conquête?

Et comme si cela ne suffisait pas, sa mère a décidé de la recaser avec Clément, Mamie Jacotte l’a inscrite en secret sur un site de rencontres et son oncle Xavier a invité un SDF pour les fêtes… Cette année encore, les vacances ne s’annoncent pas de tout repos.

Heureusement qu’il y aura la neige, le chocolat chaud, le marché de Noël et les traditionnelles décorations au programme!

«CLARISSE SABARD A LE POUVOIR D’ENFERMER LE LECTEUR DANS UNE BULLE DE BIEN-ÊTRE DONT ON A DU MAL À SORTIR.» Élodie, du blog « Au Chapitre »

L’auteur

Clarisse Sabard est née en 1984 dans une petite ville située en plein cœur du Berry. Après un bac littéraire, elle s’oriente vers le commerce. Un AVC la rattrape et elle décide de réaliser enfin son rêve: écrire. Passionnée de littérature et de voyages, elle vit aujourd’hui à Nice et se consacre à l’écriture.

Son premier roman « Les Lettres de Rose », a reçu le Prix du Livre Romantique 2016.

Elle est également l’auteure de « La Plage de la mariée », du « Jardin de l’oubli », de « Ceux qui voulaient voir la mer », ainsi que d’une première comédie de Noël, « La Vie est belle et drôle à la fois ».

Mon avis

« Les mots sont délicats à poser sur des blessures, et il arrive parfois qu’au lieu de les cicatriser, ils les rouvrent. »Quand elle rentre passer les vacances de Noël en famille, Léna ne s’imagine pas que celles-ci seront aussi mouvementées et agitées. Séparée depuis quelques mois de son amoureux, Clément, elle souffre encore de cette rupture. Et son père, dont l’existence est jalonnée de coups de théâtre, la préoccupe énormément… De rebondissement en rebondissement, de secret de famille en secret de famille, d’émotions en émotions, elle vivra une folle semaine auprès des siens et apprendra à laisser ses certitudes de côté. Un Noël plein de surprises et de révélations… Un livre qui réchauffe le cœur comme les fêtes de Noel réchauffent le coeur. La neige , le chocolat chaud , un sapin qu’on décore…, une famille… Une famille ses blessures et ses chagrins, ses secrets, ses révélations, ses problèmes… Des personnages bienveillants auxquels on s’attache. Un agréable moment de lecture.

Extraits

▪️Il n’y a rien de plus trompeur que les souvenirs. S’ils surviennent avec une apparence doucereuse, des centaines de griffes acérées se cachent sous leur surface. Elles sont là pour nous lacérer lentement le cœur en nous rappelant qu’il ne tenait qu’à nous de savourer ces instants à la beauté si parfaite.

▪️… même sous les nuages les plus sombres réside la lumière. Après les drames, il renaît toujours quelque chose de plus fort. L’espoir, l’amour, la vie dans toute sa splendeur.

▪️ La vie est un intarissable nid à emmerdes. Mais que veux-tu! Une fois qu’on est mère, c’est à vie.

▪️La vie a quand même un sens de l’humour parti- culier. Elle devrait s’écrire au crayon de papier pour qu’on puisse en gommer tous les ratés, ce serait bien moins compliqué.

▪️Les mots sont délicats à poser sur des blessures, et il arrive parfois qu’au lieu de les cicatriser, ils les rouvrent.

▪️La poésie, Catherine, ce n’est rien d’autre que des mots que l’on pose pour apaiser un peu le vacarme quand la vie devient trop facétieuse.

▪️Les blessures ont deux pouvoirs : nous détruire ou nous construire. C’est nous qui choisissons de les apprivoiser ou non. Même si cela ne se fait pas en un jour.

▪️À cet instant, je sais que la vie peut devenir une joie, si c’est ce que l’on décide d’en faire. Une joie contagieuse, une joie qui se donne, entière. Une joie dessinée par des cœurs bienveillants. Parce qu’au- delà des peines et des douleurs, la vie est belle et drôle à la fois.

Note: 5/5

Éditions Charleston, 2019, 304 p.

NATHALIE AFLALO « C’EST UNE CHANSON QUI NOUS RESSEMBLE »

Quatrième de couverture

Ça se passe à Paris et à Lyon, mais aussi à Göteborg, à Amsterdam, à Romans.

Ça se passe maintenant. Et il y a vingt-cinq ans.

Le tourbillon de la vie, des destins croisés.

Un roman choral où l’on fait la connaissance de Nathan, Charlotte, Raphaël, Valérie, Suzanne, Arnaud… et de plein d’autres personnages comme au cinéma .

Des enfants, un chien, et même un chat.

Des retrouvailles, des rencontres, des hasards, la quête de soi et du bonheur, de l’amour, de l’amitié, des choix, des déceptions, des chagrins, des rires, de la manipulation, du courage, des secondes chances, de la résilience, de la bonne bouffe, du vin, des plantes, du running, et du yoga.

Et beaucoup de musique…

L’auteur

Nathalie Aflalo est née et a grandi à Paris. Après avoir vécu mille vies, habité aux États-Unis et en Italie, dessiné et édité pendant près de 15 ans des tissus, elle a choisi de poser ses valises à Lyon avec ses trois filles et son chien. C’est une chanson qui nous ressemble est son premier roman.

Mon avis

Et vous que feriez-vous si votre premier amour réapparaissait dans votre vie? Oseriez-vous quitter la banquise pour le volcan?

Ils se sont aimés, ils se sont quittés, il y a longtemps!

Chacun a construit sa famille: un mari, une femme, des enfants.

Et puis un jour, ils se retrouvent! Et le destin fait bouger toutes les lignes d’horizon …

Un roman comme la vie! Des destins qui s’entrecroisent au rythme d’une chanson. Des rencontres, des retrouvailles. Les joies, les chagrins, les hésitations et les élans d’une génération. Des êtres qui se perdent parfois en route, mais restent toujours à la recherche du bonheur. Des êtres et des chansons qui nous ressemblent. Des personnages touchants et attachants. Et la musique qui donne l’atmosphère et le rythme au roman. Une très agréable lecture.

Extraits

▪️Il sortit le reste des bouquins qu’il avait pris chez sa grand-mère. Des livres de poche aux pages cornées, aux couvertures abîmées, dont les couleurs étaient fanées. Des trésors inestimables à ses yeux. Le papier était jauni, et ils avaient cette odeur particulière de moisi et de vieux qui l’emporta instantanément dans un voyage spatio-temporel.

▪️Peut-on se laver de sa tristesse ?

▪️Nathan avait toujours pensé que les hasards de la vie constituaient autant de clins d’œil du destin auxquels il fallait prêter attention.

▪️Mais souvent, le rire est seulement l’expression du bonheur de se trouver ensemble.

▪️Il retrouvait le bonheur des joutes verbales épistolaires avec Charlotte. Il avait oublié son sens de la repartie et éprouvait du plaisir à choisir les mots, à les polir comme des pierres précieuses, à se réapproprier ce goût de l’écriture qu’il affectionnait plus jeune, et qu’il avait petit à petit abandonné.

▪️Se détacher de tout. Sentir chaque pensée comme un wagon rattaché à d’autres. Rester sur le quai. Les regarder défiler. Pas de passé, ni de futur, la chaleur l’envahit, elle était ici et maintenant, ressentant une gratitude infinie pour la plus petite des particules qui l’entourait.

▪️En quoi consiste la différence entre être amoureux et aimer? Peut-être une forme de passion qui consume en détruisant tout sur son passage? Aimer, c’est s’inscrire dans la durée, c’est se sentir à sa place.

Nathalie Aflalo, 2019.

DOMINIQUE BARBÉRIS « UN DIMANCHE À VILLE-D’AVRAY »

Quatrième de couverture

« En fait, a murmuré ma sœur sans me regarder, j’ai pensé à quelqu’un. J’ai fait une rencontre, il y a des années, je ne te l’ai jamais dit ? Il m’est arrivé quelque chose. Une rencontre! Le mot est tombé bizarrement avec l’ombre. J’ai arrêté tout net de fredonner. Je me rappelais la formule de maman: « Va voir ce que ta sœur fabrique. » En réalité, sur certains points, Claire Marie me fait penser à ces canards qui ont l’air de glisser sur l’eau (un glissement d’objets immobiles) mais leurs pattes remuent sous la surface à toute allure. »

Deux soeurs se retrouvent à Ville-d’Avray, un dimanche alors que fléchit la lumière. L’une révèle à l’autre son errance avec un inconnu : une brève histoire, inquiète et trouble comme les eaux des étangs tout proches, mystérieuse et violente comme notre insatiable besoin de romanesque.

L’auteur

Dominique Barbéris est une romancière française. Elle enseigne à Sorbonne-Université et y anime des ateliers d’écriture. Son premier livre La Ville a été publié chez Arléa en 1996. Ses huit autres livres sont chez Gallimard : Les Kangourous a été adapté à l’écran en 2005 par Anne Fontaine sous le titre « Entre ses mains ». « Quelque chose à cacher » a eu le Prix des Deux Magots et le Prix de la Ville de Nantes en 2008. Et « L’Année de l’éducation sentimentale » le Prix Jean-Freustié / Fondation de France en 2018.

Mon avis

C’est la fin de l’été. Un dimanche de septembre, à la frontière entre l’automne et l’été. Deux soeurs s’installent dans le jardin d’un pavillon de Ville-d’Avray; les ombres, un certain malaise, un jus de fruit et des verres, une conversation, ou plutôt un aveu, un aveu dans un murmure: une rencontre quelques années plus tôt, une brève histoire curieuse et troublante …

Comme un vieux film en noir et blanc, ce livre évoque les souvenirs, la mélancolie des dimanches après-midi, les amours littéraires de la jeunesse, le hasard des rencontres, le besoin d’un peu de romanesque dans la vie. Une atmosphère traverse le roman: un peu Modiano, un peu Simenon. Une pépite!

Extraits

▪️Nous avions réclamé le livre et le lisions, le soir, au lit, la lumière éteinte, nous brodions sur le scénario, inventions des épisodes qui nous ravissaient et nous faisaient peur.

▪️C’est ainsi, la vie; on essayait de porter vaillamment ses rêves ou ceux des autres.

▪️… peut-être que cette tristesse , nous la partage tous, cette tristesse qu’on sent quand les choses ferment, quand elles finissent

▪️En fait, a murmuré ma sœur sans me regarder, j’ai pensé à quelqu’un. J’ai fait une rencontre, il y a des années, je ne te l’ai jamais dit ? Il m’est arrivé quelque chose. Une rencontre! Le mot est tombé bizarrement avec l’ombre. J’ai arrêté tout net de fredonner. Je me rappelais la formule de maman: « Va voir ce que ta sœur fabrique. » En réalité, sur certains points, Claire Marie me fait penser à ces canards qui ont l’air de glisser sur l’eau (un glissement d’objets immobiles) mais leurs pattes remuent sous la surface à toute allure.

▪️… l’arbre. J’ai pensé que nos souvenirs étaient comme lui, qu’ils avaient un tronc solide et caché dans l’ombre.

▪️Le hasard, ça n’existe pas tout à fait, … on peut aider; on a la liberté de choisir.

▪️Qu’est-ce qui lui restait à attendre? Qu’est-ce qui pouvait encore advenir? Simplement que les heures « la blessent », une à une? — voilà que me revenait d’on ne sait où, de très loin, cette vieille citation latine que monsieur Jumeau nous avait traduite; une devinette inscrite sur un cadran solaire romain: « Toutes blessent, la dernière tue ». Il avait expliqué que c’étaient les heures. Enfant, j’avais été frappée par cette image de blessure. À l’époque, je n’imaginais pas qu’une blessure puisse être purement intérieure . Ou plus exactement, je ne voyais pas le temps comme une blessure.Je me suis dit: Pourtant c’est vrai; pourtant c’est juste; c’est ce qu’elles ont fait; c’est ce que les heures font au bout du compte, elles le font même si vite!

Note: 5/5 💙💙

Première sélection du Prix Goncourt 2019 et Prix Goncourt des Lycéens 2019, Première sélection du Prix Fémina

Éditions Arléa (coll. La rencontre), 2019, 128p.

JEANNE-MARIE SAUVAGE-AVIT « CÉLESTE, FILLE DE PERLINE »

Quatrième de couverture

Saint-Étienne, 1945

À la libération, Céleste a vingt ans. Alors que les scènes d’épuration se multiplient partout en France, sa vie bascule brutalement dans l’horreur lorsqu’elle est accusée à tort de liens avec l’occupant allemand. Incapable de reprendre une vie normale auprès des siens, elle part s’installer à Lyon où elle fait bientôt la connaissance d’Alexander, un jeune G.I.

Par amour pour lui, elle deviendra une « épouse américaine », une de ces femmes qui vont traverser seules l’Atlantique vers une nouvelle famille, tandis que leurs maris continuent leur progression à travers l’Europe. Mais Céleste peut-elle devenir l’épouse soumise qu’on attend d’elle dans l’Illinois puritain des années quarante ou, à l’exemple de sa cousine Claire, exigera-t-elle davantage de la vie ? Une vie de femme libre ? 

Après le best-seller Cueilleuse de thé, Jeanne-Marie Sauvage-Avit revient à ses premières amours en nous offrant un magnifique destin de femme plongée en plein cœur de l’Histoire.

L’auteur

Professeure d’histoire et de géographie à la retraite, Jeanne-Marie Sauvage-Avit a vécu ses vingt premières années à Saint-Étienne. Installée désormais dans la région de Martigues, elle partage ses loisirs entre l’écriture, le jardin et les randonnées. Elle est l’auteure du best-seller Cueilleuse de thé, qui a remporté le Prix du Livre Romantique en 2017, et de Perline, Clémence, Lucille et les autres, lauréat du Prix Femme Actuelle.

Mon avis

Accusée à tort, Céleste subit l’humiliation, en ce 22 août 1944. Traumatisée, elle se réfugie à Lyon où elle rencontre un soldat américain, blessé.

Ils s’aiment. Ils se marient, et alors qu’il reste combattre en France, elle part seule, rejoindre sa nouvelle famille américaine de l’autre côté de l’Atlantique…

De beaux portraits de femmes qui rêvent d’indépendance. Des femmes fortes et volontaires. Des femmes qui cherchent leur chemin vers l’émancipation, la liberté, dans un monde qui change, mais qui parfois leur impose encore d’épouser tel ou tel mari. Ce monde qui les voit encore trop souvent prisonnières des conventions et de la bienséance.

Au cœur du roman, une belle histoire d’amour, comme un parcours semé d’embûches… Une jolie écriture.

Extraits

▪️Ils apprirent plus à se connaître par l’écriture qu’ils ne l’avaient fait en bavardant. L’écriture a quelque chose de magique; les sentiments s’y expriment sans fausse pudeur, les anecdotes révèlent les passions et les désirs, le mot ne se cache pas derrière un geste qui pourrait l’affaiblir.

▪️La lettre ne disait rien des émotions éprouvées par la jeune fille. Comment savoir si les yeux brillent ou si les lèvres tremblent quand on n’a que des mots à lire ?

▪️L’amour est une passion friable qui ne dure qu’un temps. Il ne faut pas regretter le sentiment qui s’éloigne mais passer à autre chose, la tendresse, l’estime ou l’amitié.

▪️… le temps était un implacable consommateur de rêves et de sentiments…

▪️La haine est un sentiment dangereux, disait-il. Elle ruine la vie de celui qui s’en repaît. » Et il ajoutait : « Tiens-toi à l’écart des gens haineux. Ils pourraient te détruire. »

▪️Il n’y a pas plus léger soulagement que celui qu’on éprouve quand on a dépassé ses peurs.

Note: 4/5

Éditions Charleston, 2019, 288p.

MARK FORSYTH «  INCOGNITA, INCOGNITA » ou le plaisir de trouver ce qu’on ne cherchait pas 

Quatrième de couverture

Les meilleures choses sont celles que vous n’auriez jamais su vouloir jusqu’à ce que vous les ayez. Internet prend vos désirs et vous les recrache, consommés. Vous lancez une recherche, vous entrez les mots que vous connaissez, les choses que vous avez déjà à l’esprit, et Internet vous sort un livre, une image ou une notice Wikipédia. Mais c’est tout. C’est ailleurs qu’il faut chercher ce qu’on ne sait pas ne pas savoir.  »

Incognita incognita ou l’éloge du hasard, de la chance, de l’inconnu – et de la librairie!

L’auteur

Mark Forsyth, né en 1977 à Londres, est un étymologiste distingué doublé, d’un irrésistible humoriste.

Extraits

⭐️ « Il y a des choses que nous savons savoir. D’autres que nous savons ne pas savoir. C’est-à-dire que nous savons ne pas savoir pour le moment. Mais il y a aussi des choses que nous ne savons pas ne pas savoir. Des choses que nous ne savons pas que nous ne savons pas » Donald Rumsfeld

⭐️ Il existe … trois types de livres: ceux que vous avez lus, ceux que vous savez n’avoir pas lus…, et les autres: les livres que vous ne savez pas ne pas connaître. p.18

⭐️ … ce n’est pas suffisant d’obtenir ce que vous saviez déjà vouloir. Les meilleures choses sont celles que vous n’auriez jamais su vouloir jusqu’à ce que vous les ayez. p. 20

⭐️ C’est ce moment de découverte, dans le fond de la librairie, quand votre main s’empare d’un drôle de petit volume, avec une drôle de petite couverture, et que vous vous dites: « Oui. Voilà ma prochaine lecture. »Peu importe le livre. C’est celui qui vous a tapé dans l’œil. Ou peut-être juste celui qui vous a attrapé la main. p.33

⭐️ Le voyage idéal dans une librairie, la visite parfaite dans une librairie, si parfaite qu’elle n’est pas de ce monde, se déroule comme suit. Je tombe sur la boutique au fond d’une rue étroite dans une ville qui m’est totalement inconnue. J’entre, et il y a seulement un livre. Juste un. Il est posé sur une table. Il a une couverture toute simple. Je ne peux même pas voir le titre. Je l’achète, et il me révèle tous les secrets de l’univers. p.35

⭐️ La spécificité du roman, c’est que les héros n’y obtiennent jamais ce qu’ils voulaient. Toute bonne histoire romantique a pour absolue nécessité le fait qu’au début, les deux amants n’éprouvent aucun intérêt l’un pour l’autre. p.36

⭐️ … de toute les librairies, de toutes les villes de la Terre entière, il a fallu que vous entriez accidentellement dans celle-là, et que vous tombiez accidentellement amoureux de ce livre-là. p.38-39

⭐️ Et le livre vous attend encore, le livre parfait, celui qui répondra à toutes les questions que vous ne savez pas poser. Il est sur l’étagère du haut, dans le coin, juste à portée de votre main avide. Ce qu’on ne sait pas ne pas savoir, qui attend comme un continent inconnu, juste au fond de la librairie. p.46

La petite collection des éditions du sonneur, 2019, 48 p.

Titre original: « The Unknown Unknown » (2014)