GUY LAGACHE « UNE HISTOIRE IMPOSSIBLE »

Quatrième de couverture

Chine, mai 1940. Lors d’une réception chez le consul de Grande-Bretagne, Paul de Promont, jeune et ambitieux vice-consul de France, n’a d’yeux que pour une jeune Anglaise inconnue, Margot Midway. Elle a le regard émeraude, une repartie pleine d’esprit, un français impeccable… Et elle est libre. Libre comme on l’est à 20 ans. Libre comme Paul rêve de le devenir. C’est le coup de foudre.

Mais la guerre impose sa loi. Traversé par un dilemme politique insoutenable, Paul est aussi déchiré entre sa famille et Margot. Pourtant, lorsqu’il quitte tout pour rejoindre celle qu’il aime et la Résistance, le doute l’envahit. Qui est vraiment Margot? Quels contacts entretient-elle avec les services de renseignement anglais ? Et comment se pardonner l’abandon de sa femme et surtout de sa fille, Éléonore?

De Hong-Kong à La Nouvelle-Orléans en passant par Londres puis Paris, Guy Lagache nous entraîne sur les chemins douloureux et troubles d’un amour aux prises avec les soubresauts de l’Histoire. Sommes-nous maîtres de nos choix ou happés par des urgences qui nous échappent? Si intenses, si humains, Paul et Margot nous interrogent…

Mon avis

Une rencontre un soir, à l’ambassade de Grande-Bretagne, et la vie bascule vers l’inconnu. Un regard qui bouleverse l’existence…

L’histoire d’un amour, face à l’Histoire, face aux doutes des temps de guerre. L’histoire d’un amour… impossible. La raison qui s’oppose aux sentiments. Et les doutes qui s’insinuent. Nos choix sont-ils toujours le fruit de nos décisions, ou sont-ils parfois guidés par les urgences, les circonstances. Un roman extrêmement bien construit. Il ferait très certainement un très bon film. Une écriture classique, élégante, très visuelle également. Un coup de coeur pour ce roman intense et puissant jusqu’à la dernière page!

Extraits

▪️Or n’y a rien de pire que les vertus de la raison quand on n’a qu’une envie: se laisser emporter par la puissance de ses sentiments.

▪️… quelles que soient les peines endurées le choix de la liberté doit toujours l’emporter sur celui du conformisme et du renoncement.

Note: 5/5 💙💙

Grasset, 2019, 334p.

RAPHAËLLE BACQUÉ « KAISER KARL »

Quatrième de couverture

Qui était vraiment Karl Lagerfeld ? – Un grand couturier – Un adorateur de la féminité – Un patron hyperactif – Mais il était plus que ça : – Un homme du monde – Un manipulateur de haut vol – Un extraordinaire séducteur un rien pervers – Un seigneur à l’allure très Grand Siècle – Un provocateur impénitent – Un amoureux transi dans la vie – Une icône mondiale –

Raphaëlle Bacqué va au-delà de la légende dans ce livre exceptionnel qui dresse le portrait féroce d’un monstre sacré, tenant à la fois du grand document nourri de révélations et de la fresque littéraire d’actualité.

L’auteur

Raphaëlle Bacqué est grand reporter au Monde. En 1995, elle a publié avec succès un document sur Chirac au lendemain de son élection. Elle est aussi l’auteure de L’Enfer de Matignon et, avec Ariane Chemin, de Les Strauss-Kahn et de La Femme fatale.

Mon avis

Enfant, Karl Lagerfeld grandit dans une Allemagne qui bientôt entre en guerre. Une Allemagne qu’il quitte à l’âge de 19 ans. Sans baccalauréat, il s’installe à Paris, gagne un concours de la marque Woolmark et commence son fabuleux parcours dans le monde de la mode…

De lui, on connaît son allure, ses lunettes noires, ses mitaines, ses bagues, ses cols et ses cheveux en catogan, mais que cache ce masque qu’il offre au monde. Tout le monde le reconnaît, mais qui le connaît vraiment !

Le livre analyse la compétition-rivalité entre Karl Lagerfeld et Yves Saint-Laurent, ainsi que leurs carrières parallèles. Une rivalité légendaire, qui avait débuté par une amitié.

La biographie d’un homme secret qui restera un mystère. Un homme et ses petits arrangements avec la vérité. Un homme et les doutes qui plane sur ses origines. Un homme qui recompose la réalité à son goût. Un homme qui redessine sa vie, et nourrit sa légende. Un homme généreux, ombrageux, possessif et âpre..

Un homme qui aimait les livres…

Extraits

▪️Épigraphe Un jour, quand je serai un petit vieux, j’aurai donc rétréci, je vivrai avec le canapé, la commode, les bergères, la table sur laquelle j’écrivais et dessinais… Et je dormirai dans mon lit d’enfant.Karl Lagerfeld

▪️Faire des robes , c’est important, mais ce ne sont que des robes. On est pas Kierkegaard, quand même. Karl Lagerfeld

▪️Dans l’immense bibliothèque qui grimpe jusqu’au plafond et sert de décor à son studio de photo, derrière la librairie qu’il a créée, rue de Lille à Paris, on trouve de la poésie, des livres d’art, des dictionnaires de grec ou d’italien, des ouvrages d’histoire et de la littérature française, anglaise, allemande. Colette et Catherine Pozzi, Emily Dickinson et Keyserling, ses auteurs préférés : mais aussi plusieurs version de « Faust », cet homme qui vendit son âme au diable pour acquérir la connaissance universelle. Faust, c’est lui. Vivant pour l’éternité. 

Note: 3,75/5

Albin Michel, 2019,

MARIE VAREILLE « LA VIE RÊVÉE DES CHAUSSETTES ORPHELINES »

Quatrième de couverture

En apparence, Alice va très bien (ou presque). En réalité, elle ne dort plus sans somnifères, souffre de troubles obsessionnels compulsifs et collectionne les crises d’angoisse à l’idée que le drame qu’elle a si profondément enfoui quelques années plus tôt refasse surface.

Américaine fraîchement débarquée à Paris, elle n’a qu’un objectif : repartir à zéro et se reconstruire. Elle accepte alors de travailler dans une start-up dirigée par un jeune PDG fantasque dont le projet se révèle pour le moins… étonnant: il veut réunir les chaussettes dépareillées de par le monde. La jeune femme ne s’en doute pas encore, mais les rencontres qu’elle va faire dans cette ville inconnue vont bouleverser sa vie.

Devenue experte dans l’art de mettre des barrières entre elle et les autres, jusqu’à quand Alice arrivera-t-elle à dissimuler son passé ?

L’auteur

Née en 1985, Marie Vareille est diplômée de l’ESCP-Europe et de l’Université de Cornell aux États-Unis. Elle a reçu le Prix Confidentielles pour son best-seller Je peux très bien me passer de toi et de nombreux prix en littérature jeunesse pour sa trilogie Elia la passeuse d’âmes. Elle vit entre Paris et Rotterdam avec son mari et sa fille et se consacre désormais à l’écriture. La Vie rêvée des chaussettes orphelines est son septième roman.

Mon avis

Paris. Pour Alice, l’arrivée à Paris est synonyme de nouveau départ. Elle souhaite repartir à zéro dans une nouvelle ville pour oublier son passé. Peu à peu elle se construit une nouvelle vie. Un appartement, un nouveau boulot pour une start-up aux ambitions aussi poétiques qu’improbables. De nouvelles fréquentations aussi, toutefois, elle reste sur ses gardes, fait des crises d’angoisse. Elle se crée des barrages, incapable de faire confiance aux autres. Quel est donc ce passé secret, qui l’empêche de vivre, et de construire un avenir?

Le roman, alternant le journal d’Alice racontant le passé, et le présent nous immerge dans l’histoire de deux sœurs, l’histoire de cette relation si spéciale qui existe entre elles.

Beaucoup moins léger qu’il n’y parait, ce roman aborde un sujet douloureux pour beaucoup de femmes, l’envie de grossesse et la difficulté de vivre cela au quotidien quand l’enfant n’arrive pas.

On ne peut que s’attacher au personnage qui semble si démuni face à la vie et au sentiment de culpabilité qui la submerge.

On tourne les pages sans y penser, et on ne peut lâcher le livre.

Un énorme coup de cœur.

Extraits

▪️… car écrire soulage, et par ailleurs cela peut aider à mettre en lumière certains sentiments enfouis et refoulés

▪️ notre temps nous est compté. Je voudrais prévenir ceux qui dilapident en activités futiles, le bien le plus précieux que l’univers nous ait donné : le temps; je ne sais pas si tu es au courant, mais un jour on meurt. La vie est courte, elle ne dure pas, chaque instant compte. Le temps s’évapore et emporte avec lui toute possibilité de retour en arrière, ne laissant que les regrets, des débris de coquillages échoués sur une plage à marée basse.

▪️Il y a des visages qu’on remarque, des regards qu’on n’oublie pas.

▪️La vie est faite de minuscules décisions. À chaque pas, chaque action, chaque choix, nous avançons un peu plus sur un chemin plutôt qu’un autre. On sait ce qu’on accepte, mais on ne sait jamais ce à quoi on renonce.

▪️Tu es comme un film d’auteur ou un bouquin très littéraire, mon Alice : complexe et géniale, mais tu demandes un petit effort sur les premiers chapitres pour qu’on commence à t’apprécier vraiment.

Note: 5/5 💙💙

Éditions Charleston, 2019, 400p.

CATHERINE LOCANDRO « CASSIUS »

Quatrième de couverture

Dans les années 50, aux États-Unis, la ségrégation bat encore son plein. Malgré leur jeune âge et l’amour protecteur de leur mère Odessa, Cassius et Rudy en subissent la violence au quotidien. Ils encaissent les inégalités comme autant de coups. Jusqu’au jour où l’aîné des deux frères découvre la boxe… Dans les gymnases, la couleur de peau importe peu. Sur les tapis et les punching-balls, les distinctions s’effacent dans une même odeur de sueur. Jab ! Crochet ! Uppercut ! Pour Cassius, progresser devient rapidement une obsession. Il pratique chaque jour et gagne peu à peu en technique et en endurance, aidé en cela par son entraîneur Angelo Dundee. Sur le ring, son énergie est stupéfiante, et son jeu de jambes si rapide qu’il fait penser à une danse. Ses adversaires peinent à suivre le rythme ! Et ce n’est encore qu’un début…

Catherine Locandro raconte avec sensibilité et passion le parcours et l’ascension extraordinaire de celui que l’on surnommait « The Greatest », l’un des plus grands boxeurs de l’histoire.

Mon avis

Cassius, ce petit garçon, choyé par sa mère et avide, d’explications et de réponses, grandit dans un monde où la discrimination raciale est quotidienne, un monde où « un Noir même s’il a raison, aura toujours tort face à un Blanc. Parce que ni la loi, ni les hommes ne seront dans son camp. » Un jour, il découvre un endroit où les différences disparaissent, un endroit où la couleur de peau n’a pas d’importance, un endroit où l’on pratique la boxe. Le début d’une destinée hors du commun… .

Rage de vaincre, difficulté de vivre dans une Amérique où la ségrégation raciale fait partie du quotidien, lutte contre les injustices; la vie d’un champion qui avait au fond de lui « un désir, un rêve, une vision. » Un homme qui voulait être vu et entendu.

Un beau roman jeunesse!

Extrait

▪️Les champions ne se fabriquent pas dans les gymnases. Ils se distinguent par quelque chose qu’ils ont tout au fond d’eux – un désir, un rêve, une vision. (Mohamed Ali)

Albin Michel Jeunesse, 2019, 352p.

MARIE-VIRGINIE DRU « AYA »

Quatrième de couverture

Aya, c’est toute l’âme de l’Afrique, sa sensualité, sa magie et sa rudesse. Aya, c’est une fille de douze ans, pas encore une femme, belle comme un soleil, et qui ne rêve que d’épouser son petit amoureux, Ousmane. Main dans la main, ils se promènent sur les bancs de sable de Karabane avant de plonger dans l’eau, où ils croisent Moussa de retour de la pêche dans sa barque bleue. Ce paradis, Aya ne l’abandonnerait pour rien au monde, s’il n’y avait ce terrible secret qui la fait grandir trop vite et qu’elle ne peut partager avec personne. Contrainte de fuir son île, elle va peut-être se libérer du poids qui lui coupe le souffle et se forger enfin un destin.

Une magnifique histoire de résilience que la plume sensuelle, poétique et envoûtante de Marie-Virginie Dru, grande amoureuse du continent africain, fait vibrer tel un chant initiatique. 

Mon avis

Aya est encore une enfant, mais la vie a déjà été bien cruelle avec elle. À douze ans, restée seule avec sa mère, son père n’étant plu, et son frère étant parti, elle vit un cauchemar au quotidien, son innocence est perdue à jamais … Malgré tout dans sa vie, il y a Ousmane, un petit garçon de son âge avec qui elle rêve de construire son futur. Un jour, pourtant, le destin l’oblige à fuir son île… Une maison rose pour l’accueillir…

L’histoire alterne moments douloureux et moments d’espoir. Elle raconte un destin brisé dès l’enfance, mais aussi une incroyable volonté de rêver malgré tout, une volonté de s’inventer des jours beaux. Un roman qui se lit d’une traite tantôt la larme à l’œil, tantôt le sourire aux lèvres. Une écriture poétique mais qui colle au récit.

Extraits

▪️Le sel de ses peurs se mélange à l’eau de mer, elle se dit que le bonheur a le goût salé

▪️Parler, c’est comme deux mains qui se tiennent, les paroles créent le lien

▪️C’est pour ça qu’elle aime tant faire des photos et capturer ce moment où tout s’aligne parfaitement. Saisir la perfection d’un paysage juste quand un nuage accentue la lumière, ou attraper le regard d’un étranger qui vous livre son âme à cet instant décisif. Clic-clac, avant qu’il ne soit trop tard. Imprimer la pellicule pour voler au temps une seconde d’éternité.

▪️J’ai un vide à l’intérieur. C’était sa place.

▪️Les livres ont tant donné à Mona, ils lui ont montré combien le silence des hommes face aux plus vulnérables est déraisonnable. Ils lui ont enseigné l’absurdité du monde. Ils l’ont conduite à se révolter.

Note: 4/5

Albin Michel, 2019,

ARIANE BOIS « SANS OUBLIER »

Quatrième de couverture

Lorsqu’elle apprend l’accident qui a coûté la vie à sa mère, une jeune femme voit son monde exploser. Tout se délite et s’obscurcit dans le ciel de sa mémoire. L’onde de choc atteint ses enfants et son mari. Pour enrayer cette chute libre, il lui faut partir vers Le Chambon-sur-Lignon, ce village qui fut héroïque pendant la Seconde Guerre mondiale, tenter de se retrouver loin de chez elle pour sauver les siens.

Récit d’un crash intime, d’une fugue maternelle sur les traces d’un silence familial, Sans oublier raconte comment, pour devenir mère, il faut d’abord cesser d’être une fille.

« Sans oublier est un beau livre, de ceux qu’on n’oublie pas. » Le Parisien

« Une rage de vivre incroyable. Captivant et émouvant. » L’Obs

L’auteur

Grand reporter et critique littéraire, Ariane Bois a publié plusieurs romans salués unanimement par la critique, par plusieurs prix littéraires et traduits à l’étranger. Elle a également été présidente du jury du Prix du Livre Romantique. Le Gardien de nos frères a reçu le Prix de la ville de Mazamet et le Prix de la ville de Vabre. Il est aussi lauréat du Prix Wizo, prix le plus prestigieux récompensant chaque année une oeuvre littéraire française d’intérêt juif.

Mon avis

Au décès de sa mère, elle sombre dans un désespoir indescriptible. Elle, qui a déjà perdu son frère quelques années auparavant, s’effondre et vit une descente aux enfers. Elle a pourtant tout pour être heureuse: un mari, des enfants, un travail mais le chagrin l’envahit et son monde se délite. Alors partir… fuir…

Un roman sur le deuil, sur la reconstruction de soi, et l’amour filial. Une histoire douloureuse qui m’a touchée. Un roman qui raconte l’intime de la détresse. Une écriture sensible toute dans l’émotion.

Extraits

▪️La mort changeait tout, habillait les autres de tristesse.

▪️Possède-t-on un capital d’amour qui s’épuise au fil du temps?

▪️Il paraît qu’on oublie des pans entiers de son enfance, ou qu’on les reconstruit, de manière à pouvoir, à son tour, donner vie sans avoir trop peur.

▪️Écrire les maux pour qu’ils vous quittent. Ça coule au même rythme que mes larmes, une cataracte de sentiments, de détails, de séquences, de phrases fichées en moi… J’aimerais écrire des textes qui sautent à la gorge, d’un style acéré, « à l’os ». Mais on ne s’improvise pas écrivain et je me contente de noircir du papier. Rassembler ma mère en éclats.

▪️J’écris pour faire le tour de son absence, pour la cerner.

▪️Retourner aux mots est une façon de revenir à la vie… Au moins, les mots sont les miens, pas les clichés des autres. Pour dire sa peine, il faudrait utiliser une nouvelle syntaxe, des phrases vierges de la douleur des autres.

Prix: Prix Charles Exbrayat, salon du livre de Saint-Étienne

Éditions Charleston, 2019, 272p.

VINCIANE MOESCHLER « TROIS INCENDIES »

« Il y a quelque chose que nous partageons tous. Vous savez, ces moments où nous sommes à la recherche d’un but, jusque dans le déni des obstacles que le destin semble nous coller entre les pattes. Et ce que l’on trouve à la fin, ce n’est pas ce que l’on s’est obstiné à obtenir, mais quelque chose de totalement inattendu. »

Quatrième de couverture

Beyrouth, 1982. Avec son Rolleiflex, Alexandra, reporter de guerre, immortalise la folie des hommes. Mais le massacre de Chatila est le conflit de trop. Ne comprenant plus son métier, cet étrange tango avec la mort, elle éprouve le besoin vital de revoir sa mère, Léa…

Celle-ci, née en Belgique, a connu une enfance brutale, faite de violence et de secrets. Alors que sa mémoire s’effrite, sa fuite des Ardennes sous les assauts des nazis lui revient, comme un dernier sursaut avant le grand silence.

Et puis il y a Maryam, la fille d’Alexandra, la petite-fille de Léa. Celle qui refuse la guerre, se sent prête à aimer et trouve refuge auprès des animaux…

De Beyrouth à Buenos Aires en passant par Bruxelles, Berlin et Brooklyn, Vinciane Moeschler brosse le portrait de trois femmes, trois tempéraments — trois incendies

L’auteur

De nationalité franco-suisse, Vinciane Moeschler vit à Bruxelles. Elle est journaliste et auteure de documentaires radiophoniques (RTBF, France Culture). Elle a publié quatre romans, dont un sur le destin d’Annemarie Schwarzenbach. Depuis plus de dix ans, elle anime des ateliers d’écriture en psychiatrie.

Mon avis

Trois femmes et l’incendie de leurs vies. La grand mère, Léa, qui pour fuir la guerre, part avec sa famille. La mère, Alexandra, qui part dans les zones de guerre son appareil de photo à la main. Et sa fille, Maryam, qui part à la recherche …

Une histoire de femmes. Des femmes aux bouleversants destins. Des femmes complexes, passionnantes et leurs destinées de mère, de filles. Les guerres qu’elles doivent combattre et les secrets…

Un beau roman, de beaux portraits de femmes.

Extraits

▪️L’affectif , les traces qu’on laisse comme des empreintes…

▪️Elle murmure a voix basse ce qu’elle n’a pas réussi à nicher dans un coin de ton enfance. La pluie, qui s’est mise à tomber, griffe les fenêtres couvrant presque ses paroles.

▪️Dans ce geste intime que tu as attendu si longtemps, une douceur vient souder entre nous un pacte,celui des non -dits. Grâce à ce geste, ce geste de rien du tout, une mère qui embrasse son enfant, te voilà ancrée dans l’existence.

▪️Mais l’amour ce n’est pas ça! L’amour, c’est la complicité, le partage, l’espoir. L’amour rend gai, l’amour ça rend vivant. C’est comme un tango. Pour que ça fonctionne, tu dois te laisser emporter, avoir une confiance absolue en ton partenaire. Il faut du sentimiento.

▪️Son appareil de photo est un bouclier. Faire écran à l’intolérable réalité.du moment, c’est tout ce qui l’inquiète.

▪️Pouvoir continuer de rêver, c’est un privilège que je m’accorde.

▪️Arriver à se servir de ses incapacités pour réussir quelque chose de nouveau, c’est interessant, non?

▪️Il y a quelque chose que nous partageons tous. Vous savez, ces moments où nous sommes à la recherche d’un but, jusque dans le déni des obstacles que le destin semble nous coller entre les pattes. Et ce que l’on trouve à la fin, ce n’est pas ce que l’on s’est obstiné à obtenir, mais quelque chose de totalement inattendu.

▪️La vie n’est faite que de ça, d’arrêts sur image.

Arpège Stock, 2019, 288 p.