Un jour, une citation: Marcel Proust

Un livre est le produit d’un autre moi que celui que nous manifestons dans nos habitudes, dans la société, dans nos vices. Ce moi-là, si nous voulons essayer de le comprendre, c’est au fond de nous-mêmes, en essayant de le recréer en nous, que nous pouvons y parvenir. Rien ne peut nous dispenser de cet effort de notre cœur. Marcel Proust « Contre Sainte-Beuve »

(Photo: Livre ou verre, Le Passage de la Bourse, 6, 6000 Charleroi)

Un jour, une citation: Marcel Proust

🇫🇷 En réalité, chaque lecteur est, quand il lit, le propre lecteur de soi-même. L’ouvrage d’un écrivain n’est qu’une espèce d’instrument optique qu’il offre au lecteur afin de lui permettre de discerner ce que sans le livre il n’eût peut-être pas vu en soi-même. Marcel Proust « À la recherche du temps perdu » « Le temps retrouvé » (1927)

🇮🇹 Ogni lettore, quando legge, legge se stesso. L’opera dello scrittore è soltanto una specie di strumento ottico che egli offre al lettore per permettergli di discernere quello che, senza libro, non avrebbe forse visto in se stesso.  Marcel Proust « Alla ricerca del tempo perdu to » « Il tempo ritrovato »

(Photo: Galerie Bortier, 1000 Bruxelles)

Jean-Claude Lamy « Céleste et Sagan – Pour l’amour de Proust»

Quatrième de couverture

Céleste Albaret, la gouvernante de Marcel Proust, est morte le 25 avril 1984 à l’âge de quatre-vingt-treize ans. Françoise Sagan, le 24 septembre 2004 à soixante-neuf ans. Puisée aux sources de la réalité, leur rencontre relève de la fiction. Un tête-à-tête hors du temps étayé par des éléments véridiques. Pour l’amour de Proust, leur maître absolu, les voilà enfin réunies. C’est peut-être un roman…

Mon avis

Une conversation imaginaire entre Françoise Sagan et Céleste Albaret et en filigranes Marcel Proust. Elles effeuillent des souvenirs et Proust n’est jamais très loin. L’une à été sa gouvernante, l’autre a choisi son nom de plume dans « La recherche ». Une conversation pleine de charme!

Extraits

– La nuit, le temps s’étire à l’infini. Il se perd dans les vapeurs enivrantes de conversations sans lendemain.

– L’œuvre que l’on porte en soi paraît toujours plus excitante que celle que l’on couche sur le papier… Écrire reste pour moi un effort d’humilité effrayant.

– … je pleure d’un œil et ris de l’autre. Pour écrire, rien n’est plus nécessaire que ces rires et ces larmes. On ajoute toujours quelques mensonges à la vérité, et parfois pour embellir un récit, on l’agrémente de paillettes d’or.

– Hantée par les rapports de l’éternité et du temps, je relis Proust.

– Je crois que le bonheur, c’est surtout une aptitude.

– Je crois que les idéaux s’imposent avec les circonstances. On s’insurge » contre quelque chose » et ça devient un idéal.

Note: 4/5

Albin Michel, 2018, 144p.