Littérature italienne: coups de cœur 2020

Mes coups de cœur de cette année 2020! 🇮🇹

– Dario Levantino « De rien ni de personne » Éditions Rivages

– Gianrico Carofiglio « Trois heures du matin » Slatkine et Cie

– Cristina Caboni « Une vie entre les pages » Presses de la Cité

– Nadia Terranova « Adieu fantômes » Quai Voltaire

– Elisabetta Rasy « Un hiver à Rome » Éditions du Seuil

-Paolo Maurensig « Pimpernel – Una storia d’amore » Einaudi editore

– Ferzan Ozpetek « Come un respiro » Mondadori

– Daria Bignardi « Oggi faccio azzurro » Mondadori

– Silvia Bonucci « Retours à Trieste » Éditions du Seuil

– Sibilla Aleramo « Une femme » Des femmes

Un jour, une citation: Pascal Quignard

J’aime les livres. J’aime leur monde. J’aime être dans la nuée que chacun d’eux forme, qui s’élève, qui s’étire. J’aime à en poursuivre la lecture. J’éprouve de l’excitation à en retrouver le poids léger et le volume dans l’intérieur de la paume. J’aime vieillir dans leur silence, dans la longue phrase qui passe sous les yeux. Pascal Quignard « L’homme aux trois lettres » Éditions Grasset (incipit, p.7)

(Photo: Librairie Tropismes, Bruxelles)

Un jour, une citation: Carole Martinez

Un roman n’est pas un mensonge, puisqu’il ne se présente pas comme la vérité, même s’il en donne les apparences. Il peut pourtant contenir plus de réalité qu’un témoignage, permettre de toucher à l’intime, de dire ce qui ne saurait être dit autrement. Carole Martinez « Les roses fauves » Gallimard, p.67

(Photo: Librairie Candide, Bruxelles)

Littérature belge: coups de cœur 2020

Un peu de littérature belge:

9 romans coups de cœur en cette année si particulière!

✨ Nathalie Skowronek « La carte des regrets ». Éditions Grasset

✨ Alia Cardyn « Mademoiselle Papillon » Éditions Robert Laffont

✨Caroline Valentiny « Il fait bleu sous les tombes » Éditions Albin Michel

✨ Bernard Caprasse « Le cahier orange » Éditions Weyrich

✨ Armel Job « La disparue de l’île Monsin » Éditions Robert Laffont

✨ Barbara Abel « Et les vivants autour » Éditions Belfond

✨ Pilar Pujadas « Je t’écris de Barcelone » Édition Poussière de Lune

✨ Dominique Zachary « Les frémissements du silence » Éditions Kiwi

✨Jack Jakoli « La Catabase » Éditions Ifs

Un jour, une citation: Philippe Lançon

🇫🇷 J’ai toujours aimé les petites librairies où les vieux livres envahissent tout, jusqu’à sembler prendre la place de l’air. Ce sont des cabanes au fond des villes, au fond des bois. J’ai l’impression que rien de mal ne pourra y arriver : un labyrinthe sans angoisse ni menace. Philippe Lançon « Le lambeau » Gallimard

🇮🇹 Mi sono sempre piaciute le piccole librerie invase da vecchi volumi che sembrano rubare il posto all’aria. Sono capanne in fondo alle città, in fondo ai boschi, mi danno la sensazione che niente di male potrà mai succedervi: labirinti senza angoscia né minaccia. Philippe Lançon « La traversata » Edizioni e/o

(Photo: Bouquinerie, Bruxelles)

STEPHANIE LAND « Maid »

Quatrième de couverture

Il est arrivé qu’un écrivain devienne femme de ménage. Pour vivre de l’intérieur une condition sociale qui n’était pas la sienne, et pouvoir témoigner, dénoncer les conditions de travail indignes, les horaires inhumains, mettre sa plume au service de celles que personne n’écoute. Ce fut le cas de Florence Aubenas, et de Barbara Ehrenreich qui signe la préface de ce livre. Mais il arrive – plus rarement – que ce soit l’inverse. Qu’une femme de ménage devienne écrivain. Au début de ce récit, Stéphanie Land est seule et mère d’une petite fille de 2 ans et, pour (sur) vivre et leur procurer un toit, elle nettoie les maisons auxquelles elle s’amuse à donner des noms romanesques : la Maison du Clown, la Maison Porno, la Maison Triste, la Maison de la Femme qui Entasse… Elle explore ainsi le ventre de l’Amérique depuis sa classe moyenne supérieure à la réalité de ceux qui la servent. À la fin de son récit, sa fille a 7 ans et s’apprête à lui sauter au cou pour la féliciter : Stéphanie va recevoir son diplôme de création littéraire de l’Université de Missoula. Montana. Suivi en cours du soir à distance. Entre les deux, Stéphanie a briqué, balayé, frotté, rangé, et vu l’envers du décor de l’Amérique triomphante. Elle a aspiré la poussière chez les autres, et aspiré à devenir quelqu’un d’autre. Elle raconte.

Mon avis

D’aussi loin qu’elle s’en souvienne, elle a toujours rêver d’être écrivain…

Mais suite à une séparation, elle se retrouve dans un foyer pour sans-abri avec sa fille, et c’est là que sa fille apprend à marcher un après -midi de juin. Mère célibataire, elle chancelle au bord du précipice dans lequel la pauvreté risque de la plonger. La précarité devient son quotidien. Jardinière, femme de ménage, elle passe de maison en maison leur donnant même des noms: la maison du clown, la maison du week-end, la maison triste, la maison du chef, la maison de la femme au chat…

À la merci du jugement, du mépris et du regard des autres, elle surmonte obstacle après obstacle…

Son rêve est toujours là… Écrire sa vie avec de belles couleurs…

Un récit autobiographique, témoignage instructif sur le monde de la précarité aux Etats-Unis et sur la difficulté d’être mère célibataire: les luttes au quotidien, la pauvreté et le désespoir. Et l’amour d’une mère pour sa fille…

Extraits

▪️En grandissant, je me suis mise à écrire des histoires et rien ne me plaisait tant que de disparaître des heures entières dans un livre comme je l’aurais fait avec de vieux amis. Je préférais les jours de pluie, quand je commençais à lire un nouveau livre dès le matin au café et le finissais tard le soir dans un bar.

▪️Écrire était un moyen de décrire notre vie et nos aventures avec de belles couleurs.

▪️Quand elle me réveillait en se glissant dans mon lit, mettait ses petits bras autour de mon cou, ses boucles de cheveux encadrant son visage, et qu’elle chuchotait à mon oreille pour me demander si, ce jour là, nous pouvions être des pandas, j’oubliais soudain la semaine que je venais de passer à serrer les dents. Alors, cette gosse sensationnelle et moi, rien que nous deux, nous nous laissions dériver – comme dans une bulle.

Traduction: Christel Gaillard-Paris

Préface: Barbara Ehrenreich

Éditions Globe, 2020, 336p

Un jour, une citation: Jacques Salomé

Il est des livres

qui vous donnent le sentiment d’être plus intelligents,

il en est d’autres qui vous rendent plus savants,

et d’autres encore qui vous font rêver…

Plus rares sont ceux

qui vous réconcilient avec le meilleur de vous-même,

qui vous rapprochent de cette part de vous que j’appelle le noyau céleste de l’être

ou le cœur du divin qui brille en chacun.

Lire,

c’est entrer dans l’inattendu d’un mot,

l’imprévisible d’un récit, la chaleur d’une phrase

et parfois l’appel d’une voix qui vous rejoint dans l’essentiel

et vous invite à vous respecter,

à aller plus loin… ou plus près… de vous. Jacques Salomé

(Photo: Librairie Gallimard, Paris)