Un jour, une citation: Lucie Paye

Quand il a fini, il va vers sa bibliothèque. Il cherche quelques instants parmi les titres puis en sort le recueil qu’il voulait. La nuit s’est installée. Il s’assied dans le fauteuil. Plutôt que d’allumer la lumière, il a placé une bougie sur le rebord de la fenêtre. C’est une chose qu’il aime faire, comme allumer des cierges dans les églises, lorsqu’il était petit, et demander l’impossible. […] Il est plongé dans le noir. Il ouvre le recueil de poèmes. Le halo flottant de la bougie fait danser les lignes… Lucie Paye « Les cœurs inquiets », Gallimard, p.93

(Photo: Het Ivoren Aapje, Bruxelles)

Un jour, une citation: Colette

Je m’assurai longtemps la jouissance d’une aile, la gauche, de la grande bibliothèque à deux corps et quatre portes. Les portes du buffet supérieur étaient vitrées, celles du corps inférieur pleines, et de bel acajou ronceux. En ouvrant la porte d’en bas à angle droit, le battant joignait le flanc d’un secrétaire, et comme la bibliothèque tenait entier un panneau de mur, je m’enfermais, assise sur un petit « banc de pieds », dans un réduit quadrangulaire formé par le flanc de la commode, le mur, l’aile gauche et sa porte béante. Devant moi, sur trois rayons d’acajou s’étalaient, du papier vergé à la coupelle de poudre d’or, les objets de mon culte. Colette « La cire verte », in « Le Képi »