Un jour, une citation: Umberto Eco

🇫🇷 La notion de bibliothèque est fondée sur un malentendu, à savoir qu’on irait à la bibliothèque pour chercher un livre dont on connaît le titre. C’est vrai que cela arrive souvent mais la fonction essentielle de la bibliothèque, de la mienne et de celle de mes amis à qui je rends visite, c’est de découvrir des livres dont on ne soupçonnait pas l’existence et dont on découvre qu’ils sont pour nous de la plus grande importance. Umberto Eco « De bibliotheca »

🇮🇹 È che uno dei malintesi che dominano la nozione di biblioteca è che si vada in biblioteca per cercare un libro di cui si conosce il titolo. In verità accade sovente di andare in biblioteca perché si vuole un libro di cui si conosce il titolo, ma la principale funzione della biblioteca, almeno la funzione della biblioteca di casa mia e di qualsiasi amico che possiamo andare a visitare, è di scoprire dei libri di cui non si sospettava l’esistenza, e che tuttavia si scoprono essere di estrema importanza per noi. Umberto Eco « Sette anni di desiderio »

(Photo : Bouquinerie, Charleroi)

Un jour, une citation: Lucie Paye

Quand il a fini, il va vers sa bibliothèque. Il cherche quelques instants parmi les titres puis en sort le recueil qu’il voulait. La nuit s’est installée. Il s’assied dans le fauteuil. Plutôt que d’allumer la lumière, il a placé une bougie sur le rebord de la fenêtre. C’est une chose qu’il aime faire, comme allumer des cierges dans les églises, lorsqu’il était petit, et demander l’impossible. […] Il est plongé dans le noir. Il ouvre le recueil de poèmes. Le halo flottant de la bougie fait danser les lignes… Lucie Paye « Les cœurs inquiets », Gallimard, p.93

(Photo: Het Ivoren Aapje, Bruxelles)

Un jour, une citation: Colette

Je m’assurai longtemps la jouissance d’une aile, la gauche, de la grande bibliothèque à deux corps et quatre portes. Les portes du buffet supérieur étaient vitrées, celles du corps inférieur pleines, et de bel acajou ronceux. En ouvrant la porte d’en bas à angle droit, le battant joignait le flanc d’un secrétaire, et comme la bibliothèque tenait entier un panneau de mur, je m’enfermais, assise sur un petit « banc de pieds », dans un réduit quadrangulaire formé par le flanc de la commode, le mur, l’aile gauche et sa porte béante. Devant moi, sur trois rayons d’acajou s’étalaient, du papier vergé à la coupelle de poudre d’or, les objets de mon culte. Colette « La cire verte », in « Le Képi »