Un jour, une citation: Muriel Barbery

🇫🇷 Et si la littérature, c’était une télévision dans laquelle on regarde pour activer ses neurones miroirs et se donner à peu de frais les frissons de l’action? Et si, pire encore, la littérature, c’était une télévision qui nous montre tout ce qu’on rate? Muriel Barbery « L’élégance du hérisson »

🇮🇹 E se la letteratura fosse una televisione in cui guardiamo per attivare i neuroni specchio e concederci a buon mercato i brividi dell’azione? E se, peggio ancora, la letteratura fosse una televisione che ci mostra tutte le occasioni perdute? Muriel Barbery « L’eleganza del riccio »

(Photo: Galerie Bortier, 1000 Bruxelles)

Un jour, une citation: Marguerite Yourcenar

Comme tout le monde, je n’ai à mon service que trois moyens d’évaluer l’existence humaine: l’étude de soi, la plus difficile et la plus dangereuse, mais aussi la plus féconde des méthodes; l’observation des hommes, qui s’arrangent le plus souvent pour nous cacher leurs secrets ou pour nous faire croire qu’ils en ont; les livres, avec les erreurs particulières de perspective qui naissent entre leurs lignes. J’ai lu à peu près tout ce que nos historiens, nos poètes, et même nos conteurs ont écrit, bien que ces derniers soient réputés frivoles, et je leur dois peut-être plus d’informations que je n’en ai recueilli dans les situations assez variées de ma propre vie. La lettre écrite m’a enseigné à écouter la voix humaine, tout comme les grandes attitudes immobiles des statues m’ont appris à apprécier les gestes. Par contre, et dans la suite, la vie m’a éclairci les livres. Marguerite Yourcenar « Mémoires d’Hadrien

(Photo: Bouquinerie, Trieste)

Un jour, une citation: Carlos Ruiz Zafón

🇫🇷 J’ai grandi entre les livres en me faisant des amis invisibles dans les pages qui tombaient en poussière et dont je porte encore l’odeur sur mes mains. Carlos Ruiz Zafón « L’ombre du vent »

🇮🇹 Sono cresciuto in mezzo ai libri, facendomi amici invisibili tra le pagine polverose di cui ho ancora l’odore sulle mani. Carlos Ruiz Zafón « L’ombra del vento »

(Photo: Libreria Bodoni/ Spazio B, Torino)

Un jour, une citation: Carlos Ruiz Zafón

🇫🇷 Un jour, j’ai entendu un habitué de la librairie de mon père dire que rien ne marque autant un lecteur que le premier livre qui s’ouvre un chemin jusqu’à son coeur. Ces premières images, l’écho de ces premiers mots que nous croyons avoir laissé derrière nous, nous accompagnent toute notre vie et sculptent dans notre mémoire un palais auquel, tôt ou tard – et peu importe le nombre de livres que nous lisons, combien d’univers nous découvrons – nous reviendrons un jour. Carlos Ruiz Zafón « L’ombre du vent »

🇮🇹 Un giorno sentii dire a un cliente della libreria che poche cose impressionano un lettore quanto il primo libro capace di toccargli il cuore. L’eco di parole che crediamo dimenticate ci accompagna per tutta la vita ed erige nella nostra memoria un palazzo al quale – non importa quanti altri libri leggeremo, quante cose apprenderemo o dimenticheremo – prima o poi faremo ritorno. Carlos Ruiz Zafón « L’ombra del vento »

(Photo: Libreria La Bussola, Torino)