Un jour, une citation: Romain Gary

🇫🇷 Toutes ces mésaventures firent que je m’enfermais de plus en plus dans ma chambre et que je me mis à écrire pour de bon. Attaqué par le réel sur tous les fronts, refoulé de toutes parts, me heurtant partout à mes limites, je pris l’habitude de me réfugier dans un monde imaginaire et à y vivre, à travers les personnages que j’inventais, une vie pleine de sens, de justice et de compassion. Romain Gary « La Promesse de l’aube »

🇮🇹 Tutte quelle disgrazie fecero si che mi chiudessi sempre di più in camera mia e mi metessi a scrivere davvero. Attaccato dalla realtà su tutti i fronti, respinto da tutte le parti, scontrandomi ovunque con i miei limiti, presi l’abitudine di rifugiarmi in un mio mondo immaginario e viverci, attraverso i personaggi che inventavo, una vita piena di significato, di giustizia, di compassione. Romain Gary « La promessa dell’alba »

(Photo: Piolalibri, rue Franklin, 66-68, 1000 Bruxelles)

Un jour, une citation: Camille de Peretti

C’est si difficile d’écrire un livre. Au départ, tout est neuf, tout est beau, comme aux débuts d’un amour. Les premiers mots font battre le coeur comme un premier baiser, ils sont irrésistibles. Les pages défilent dans un tourbillon d’euphorie jusqu’au point final. C’est alors seulement que commence le véritable travail. Il faut tout reprendre et tout corriger. La relecture constitue une déception immense. « C’est donc ça mon livre? » On fait des petits ajouts, on supprime de gros paragraphes. A la deuxième relecture, rien ne va plus, les personnages sont bancals, les situations psychologiques superficielles, le style déplorable nous saute au visage. L’éditeur conseille de laisser reposer le manuscrit un moment, de ne plus y toucher, de ne plus y penser. Puis on repart au combat. Des chapitres entiers disparaissent, les virgules se bousculent. Encore un effort. Puis un jour, c’est terminé. On est libéré. On se jure de ne plus retomber, de trouver un travail sérieux, un travail avec des horaires et des congés payés, un travail respectable. Quand, un beau matin, elle est là qui se tient devant nous, la première phrase d’un nouveau roman. Ce sera un alexandrin; ce sera « Le bébé est là, qui vagit dans le berceau. Camille de Peretti « La Casati »

(Photo: Galerie Bortier, 1000 Bruxelles)

Un jour, une citation: Isabelle Monnin

Les romans sont des abris où retrouver les disparus. Écrire, c’est construire le refuge, assembler des branchages, bâtir des murs, préparer les lits, penser à la liste des courses et aux chansons que l’on chantera après le repas. C’est les attendre au bout du chemin, la nuit est tombée déjà, ils sont en retard. Isabelle Monnin « Les gens dans l’enveloppe »

(Photo: Bouquinerie, Bruxelles)