Un jour, une citation: Gustave Flaubert

🇫🇷 Écrire, oh écrire, c’est s’emparer du monde, de ses préjugés, de ses vertus et le résumer dans un livre; c’est sentir sa pensée naître, grandir, se dresser debout sur son piédestal et y rester toujours. Gustave Flaubert « Un parfum à sentir ou Les baladins »

🇮🇹 Scrivere, oh scrivere è impadronirsi del mondo, dei suoi pregiudizi, delle sue virtù e riassumerli in un libro. È sentire il proprio pensiero che nasce, cresce, vive, si mette in piedi sul suo piedistallo, e ci resta per sempre. Gustave Flaubert

(Photo: Bouquinerie, Saint-Gilles)

Un jour, une citation: Jack London

🇫🇷 Il écrirait. Il serait l’un des yeux par lesquels le monde voit, l’une des oreilles par lesquelles il entend, l’un des coeurs par lesquels il éprouve. Il écrirait de tout: de la prose, de la poésie, des romans et des récits, des pièces comme Shakespeare. Jack London « Martin Eden »

🇮🇹 Avrebbe scritto. Sarebbe stato uno degli occhi con cui il mondo vede, una delle orecchie con cui ascolta, uno dei cuori con cui sente. Avrebbe scritto du tutto: poesia e prosa, romanzi e articoli e anche drammi e commedie alla Shakespeare. Jack London « Martin Eden »

(Photo: Galerie Bortier, Bruxelles)

Un jour, une citation: Agathe Ruga

Je voudrais consacrer mes journées à deux verbes: lire et écrire. De plus en plus, je les intercale entre mes rendez-vous, à ma pause déjeuner. Lire s’invite dans mes trajets, dans mes dossiers. Écrire se positionne comme leader de mes pensées et de mes évasions solitaires. Tous deux prennent toute la place, ils sont ma bulle d’air, mon échappatoire, ma raison de me lever le matin. On peut lire en silence et écrire dans sa tête, partout, ce sont eux la liberté absolue. Agathe Ruga « Sous le soleil de mes cheveux blonds » Stock Arpège, p.108

(Photo: Merci, Paris)

Un jour, une citation: Patrick Modiano

🇫🇷 Écrire un livre, c’était aussi, pour lui, lancer des appels de phares ou des signaux de morse à l’intention de certaines personnes dont il ignorait ce qu’elles étaient devenues. Il suffisait de semer leurs noms au hasard des pages et d’attendre qu’elles donnent enfin de leurs nouvelles. Patrick Modiano « Pour que tu ne te perdes pas dans le quartier »

🇮🇹 Per lui scrivere un libro voleva anche dire lanciare segnali luminosi o Morse all’ indirizzo di persone di cui non sapeva più niente. Bastava seminarne a caso i nomi fra le pagine e aspettare che loro dessero notizie. Patrick Modiano « Perché tu non ti perda nel quartiere »

(Photo: Librairie Les fleurs du mal, Louvain-la-Neuve)

Un jour, une citation: Annie Ernaux

Mais à quoi bon écrire si ce n’est pour désenfuir des choses même une seule irréductible a des explications de toutes sortes, psychologiques, sociologiques, une chose qui ne soit pas le résultat d’une idée préconçue ni d’une démonstration, mais du récit, une chose sortant des replis étalés du récit et qui puisse aider à comprendre – à supporter- ce qui arrive et ce qu’on fait. Annie Ernaux « Mémoire de fille » Gallimard

(Photo: Librairie de Cluny, place Paul Painlevé 1, 75005 Paris)

Un jour, une citation: Elena Ferrante

🇫🇷 Je n’aimais pas les pages trop refermées, telles des persiennes toutes baissées. J’aimais la lumière, l’air entre les lattes. Je voulais écrire des histoires pleines de courants d’air, de rayons filtrés où danse la poussière. Et puis j’aimais l’écriture qui vous fait pencher au dessus de chaque ligne pour regarder en contrebas et sentir le vertige de la profondeur, la noirceur de l’enfer. Elena Ferrante  » Les jours de l’abandon » Folio

🇮🇹 Non mi piaceva la pagina troppo chiusa, come una persiana tutta abbassata. Mi piaceva la luce, l’aria tra le stecche. Volevo scrivere storie piene di spifferi, di raggi filtrati dove balla il pulviscolo. E poi amavo la scrittura di di chi ti fa affacciare da ogni rigo per guardare di sotto e sentire la vertigine della profondità, la nerezza dell’inferno. Elena Ferrante « I giorni dell’abbandono » Edizioni e/o

(Photo: Librairie La Licorne, Chaussée d’Alsemberg, 715, 1080 Uccle)