Un jour, une citation: Colette

j’écris, avec une abondance, une liberté inexplicables. J’écris sur des guéridons boiteux, assise de biais sur des chaises trop hautes, j’écris, un pied chaussé et l’autre nu, mon papier logé entre la plateau du petit déjeuner et mon sac à main ouvert, parmi les brosses, le flacon d’odeurs et le tire-bouchon; j’écris devant la fenêtre qui encadre un fond de cour, ou les plus délicieux jardins, ou des montagnes vaporeuses… Je me sens chez moi, parmi ce désordre de campement, ce n’importe où et ce n’importe comment, et plus légère qu’en mes meubles hantés… Colette « La Vagabonde »

(Photo: Vieille Bourse, Lille)

Un jour, une citation: Éric Genetet

On écrit à un moment de sa vie et le texte ressemble à ce que l’on est, à ce que l’on a compris ou pas de son propre parcours. C’est le même mécanisme pour le lecteur, il reçoit le livre comme un miroir, parfois il a envie de se fondre dedans ». Eric Genetet « Et n’attendre personne » Éditions Héloïse d’Ormesson, p.141

(Photo : Bouquinerie Thomas, Bruxelles)

Un jour, une citation: Joan Didion

🇫🇷 J’écris vraiment pour découvrir ce que je pense, ce que je regarde, ce que je vois et ce que ça veut dire. Ce que je veux et ce qui me fait peur. Joan Didion « L’Année de la pensée magique »

🇮🇹 Scrivo per scoprire cosa penso, cosa sto osservando, cosa vedo e cosa vuol dire tutto questo. Per scoprire cosa voglio e cosa temo. Joan Didion « L’anno del pensiero magico »

Photo: Boekhandel De Slegte, Anvers)

Un jour, une citation: Gustave Flaubert

🇫🇷 Écrire, oh écrire, c’est s’emparer du monde, de ses préjugés, de ses vertus et le résumer dans un livre; c’est sentir sa pensée naître, grandir, se dresser debout sur son piédestal et y rester toujours. Gustave Flaubert « Un parfum à sentir ou Les baladins »

🇮🇹 Scrivere, oh scrivere è impadronirsi del mondo, dei suoi pregiudizi, delle sue virtù e riassumerli in un libro. È sentire il proprio pensiero che nasce, cresce, vive, si mette in piedi sul suo piedistallo, e ci resta per sempre. Gustave Flaubert

(Photo: Bouquinerie, Saint-Gilles)

Un jour, une citation: Jack London

🇫🇷 Il écrirait. Il serait l’un des yeux par lesquels le monde voit, l’une des oreilles par lesquelles il entend, l’un des coeurs par lesquels il éprouve. Il écrirait de tout: de la prose, de la poésie, des romans et des récits, des pièces comme Shakespeare. Jack London « Martin Eden »

🇮🇹 Avrebbe scritto. Sarebbe stato uno degli occhi con cui il mondo vede, una delle orecchie con cui ascolta, uno dei cuori con cui sente. Avrebbe scritto du tutto: poesia e prosa, romanzi e articoli e anche drammi e commedie alla Shakespeare. Jack London « Martin Eden »

(Photo: Galerie Bortier, Bruxelles)

Un jour, une citation: Agathe Ruga

Je voudrais consacrer mes journées à deux verbes: lire et écrire. De plus en plus, je les intercale entre mes rendez-vous, à ma pause déjeuner. Lire s’invite dans mes trajets, dans mes dossiers. Écrire se positionne comme leader de mes pensées et de mes évasions solitaires. Tous deux prennent toute la place, ils sont ma bulle d’air, mon échappatoire, ma raison de me lever le matin. On peut lire en silence et écrire dans sa tête, partout, ce sont eux la liberté absolue. Agathe Ruga « Sous le soleil de mes cheveux blonds » Stock Arpège, p.108

(Photo: Merci, Paris)

Un jour, une citation: Patrick Modiano

🇫🇷 Écrire un livre, c’était aussi, pour lui, lancer des appels de phares ou des signaux de morse à l’intention de certaines personnes dont il ignorait ce qu’elles étaient devenues. Il suffisait de semer leurs noms au hasard des pages et d’attendre qu’elles donnent enfin de leurs nouvelles. Patrick Modiano « Pour que tu ne te perdes pas dans le quartier »

🇮🇹 Per lui scrivere un libro voleva anche dire lanciare segnali luminosi o Morse all’ indirizzo di persone di cui non sapeva più niente. Bastava seminarne a caso i nomi fra le pagine e aspettare che loro dessero notizie. Patrick Modiano « Perché tu non ti perda nel quartiere »

(Photo: Librairie Les fleurs du mal, Louvain-la-Neuve)