Un jour, une citation: Siri Hustvedt

Il arrive que je reconnaisse l’intelligence d’un écrivain ou la fluidité et l’élégance de son style, mais que je ne ressente pas grand-chose de plus. De tels livres semblent s’évaporer presque immédiatement après que je les ai lus, sans doute parce que la mémoire est consolidée par l’émotion. Les expériences d’émotion intense s’attardent dans l’esprit; les tièdes, non. Les grands livres, à mon avis, se distinguent par une urgence dans le récit, une nécessité que l’on peut sentir viscéralement. La lecture n’est pas une activité purement cognitive consistant à déchiffrer des signes; c’est l’entrée dans une danse de significations dont les résonances vont bien au-delà de ce qui n’est qu’intellectuel. Siri Hustvedt « Vivre, penser, regarder », Actes Sud.

(Photo: Vieille Bourse, Lille)

Un jour, une citation: Charlotte Brontë

🇫🇷 L’écrivain qui possède le don de création possède quelque chose qu’il ne maîtrise pas toujours, quelque chose qui parfois, agit et décide étrangement par lui-même. Charlotte Brontë

🇮🇹 Chi possiede il dono della creatività, possiede qualcosa di cui non sempre è padrone, qualcosa che qualche volta, stranamente, decide e lavora per se stesso. Charlotte Brontë

(Photo :Cook and Book, Bruxelles)

Un jour, une citation: Jérôme Attal

Tout écrivain, je suppose, sait qu’il est périlleux de raconter telles quelles des choses qu’on ne peut que suggérer. Ne serait-ce que pour se distinguer de l’anecdote, du commérage. Des choses qu’il est bon de dissimuler derrière des caractères et des signes. Combien de messages secrets se cachent sous la panoplie anodine d’une description? Combien d’histoires d’amour languissent, comme des sources de fleuve en attente, sous la pagaie d’une virgule? Jérôme Attal « La petite sonneuse de cloches » Robert Laffont, p.47

(Photo: Bouquinerie, Saint-Sauveur-en-Puisaye)