Un jour, une citation: Marguerite Yourcenar

🇫🇷 Tout écrivain est utile s’il ajoute à la lucidité du lecteur, le débarrasse de timidités ou de préjugés, lui fait voir et sentir ce que le lecteur n’aurait pas vu ni senti sans lui. Marguerite Yourcenar « Les yeux ouverts »

🇮🇹 Ogni scrittore è utile se arricchisce la lucidità del lettore, lo libera da timidezze o pregiudizi, gli fa vedere e sentire ciò che quel lettore non avrebbe visto né sentito senza di lui. Marguerite Yourcenar « Ad occhi aperti  »

(Photo: Galerie Bortier, 1000 Bruxelles)

Un jour, une citation: Alberto Manguel

C’est curieux cette façon dont le lecteur façonne son propre texte en remarquant certains mots, certains noms qui ont pour lui une signification privée, dont lui seul perçoit l’écho et qui échappent à tous les autres. Alberto Manguel « Journal d’un lecteur » Actes Sud, p.40-41

(Photo: Librairie des Éditeurs Associés, rue de Médicis, 11, 75006 Paris)

Un jour, une citation: Carlos Maria Dominguez

🇫🇷 … un lecteur est un voyageur dans un paysage pré-établi. Et infini. L’arbre a été écrit, et la pierre, et le vent dans la branche, la nostalgie de cette branche et l’amour auquel il a prêté son ombre. Pour moi, il n’y a pas de bonheur plus grand que parcourir, quelques heures chaque jour, un temps humain qui autrement me demeurait étranger. Une vie ne suffit pas à le parcourir. Je vole à Borges une moitié de phrase: une bibliothèque est une porte ouverte sur le temps. Carlos Maria Dominguez « La maison en papier »

🇮🇹 … il lettore è un viaggiatore che si muove in un paesaggio già scritto. Un paesaggio infinito. L’albero è già stato scritto, e la pietra, e il vento fra i rami, e la nostalgia di quei rami e l’amore cui prestarono la loro ombra. E non conosco gioia più grande che percorrere, in poche ore, un tempo umano che altrimenti mi sarebbe estraneo… Non basta una vita. Rubo a Borges la metà di una frase: una biblioteca è una porta nel tempo. Carlos Maria Dominguez « La casa di carta »

(Photo: Piazza Vecchia, Trieste)

Un jour, une citation: Mazarine Pingeot

Les lecteurs forment une communauté, comme les voyageurs… Quand on lit, on est seul et pourtant, on communique incessamment – avec les pensées, avec l’auteur, avec les autres lecteurs, les amis à qui on voudrait donner le livre… Idem pour le voyage, on est embarqués ensemble, on vit un trajet collectivement, c’est une expérience à plusieurs sans que cela n’entame le désir de solitude. Mazarine Pingeot voyageurslecteurs.fr

(Photo: Bouquinerie, Bruxelles)