Un jour, une citation : Hermann Hesse

Dans la vie, la lecture, comme chaque pas, comme chaque respiration, doit apporter quelque chose, il faut y consacrer de l’énergie pour en récolter de plus riches encore, il faut s’égarer pour se retrouver avec plus de conscience encore. Il ne sert à rien de connaître l’histoire de la littérature si nous n’avons pas puisé dans chaque volume que nous avons lu, joie ou consolation, énergie ou paix intérieure. Hermann Hesse « Magie du livre – Écrits sur la littérature »

(Photo: Librairie Nijinski, Chaussée d’Ixelles, 315, 1050 Ixelles)

Un jour, une citation: José Saramago

🇫🇷 On apprend presque tout en lisant, […] chacun invente sa propre façon, certains passent leur vie à lire sans jamais réussir à dépasser le stade de la lecture, ils restent collés à la page, ils ne comprennent pas que les mots sont comme des pierres placées en travers d’une rivière pour en faciliter la traversée, elles sont là pour que nous puissions parvenir sur l’autre rive, c’est l’autre rive qui importe […] Sauf si ces fameuses rivières ont plus de deux rives, sauf si chaque personne qui lit est elle-même sa propre rive et si la rive qu’elle doit atteindre lui appartient en propre. » José Saramago « La caverne »

🇮🇹 Leggendo, si viene a sapere quasi tutto, […] ciascuno inventa la propria, quella che gli sia più consona, c’è che passa tutta la vita a leggere senza mai riuscire ad andare al di là della lettura, restano appiccicati alla pagina, non percepiscono che le parole sono soltanto delle pietre messe di traverso nella corrente di un fiume, sono lì solo per farci arrivare all’altra sponda, quella che conta è l’altra sponda, […] A meno che quei fiumi non abbiano due sole sponde, ma tante, che ogni persona che legge sia, essa stessa, la propria sponda, e che sia sua, e soltanto sua, la sponda a cui può arrivare. José Saramago « La caverna »

(Photo: Bouquinerie, Bruxelles)

Un jour, une citation: Simone de Beauvoir

Désormais, chaque fois que je me trouvais seule à la maison, je puisais librement dans la bibliothèque. Je passais des heures merveilleuses au creux du fauteuil de cuir à dévorer la collection de romans à 90 centimes qui avait enchanté la jeunesse de papa: Bourget, Alphonse Daudet, Marcel Prévost, Maupassant, les Goncourts. Simone de Beauvoir « Mémoires d’une jeune fille rangée »

(Photo: Antico Caffè San Marco, Via Cesare Battisti, 18, 34125 Trieste, Italie)

♡ Le Caffè San Marco est un café historique de Trieste. Fondé en 1914, il devint le rendez-vous incontournable pour les intellectuels et les écrivains: Italo Svevo, James Joyce et Umberto Saba. Une tradition qui se poursuit aujourd’hui avec Claudio Magris. Depuis quelques années, une librairie a ouvert ses portes à l’intérieur du café ♡

Un jour, une citation: Luis Sepúlveda

🇫🇷 Il lisait lentement en épelant les syllabes, les murmurant à mi-voix comme s’il les dégustait, et, quand il avait maîtrisé le mot entier, il le répétait d’un trait. Puis il faisait la même chose avec la phrase complète, et c’est ainsi qu’il s’appropriait les sentiments et les idées que contenaient les pages. Quand un passage lui plaisait particulièrement, il le répétait autant de fois qu’il l’estimait nécessaire pour découvrir combien le langage humain pouvait aussi être beau. Luis Sepúlveda « Le vieux qui lisait des romans d’amour » Points

🇮🇹 Leggeva lentamente, mettendo insieme le sillabe, mormorandole a mezza voce come se le assaporasse, e quando dominava tutta quanta la parola, la ripeteva di seguito. Poi faceva lo stesso con la frase completa, e così si impadroniva dei sentimenti e delle idee plasmati sulle pagine. Quando un passaggio gli piaceva particolarmente lo ripeteva molte volte, tutte quelle che considerava necessarie per scoprire quanto poteva essere bello anche il linguaggio umano. Luis Sepúlveda « Il vecchio che leggeva romanzi d’amore » Guanda

(Photo: Librairie Nijinski, Chaussée d’Ixelles, 315, 1050 Bruxelles)