Un jour, une citation: Georges Simenon

Il n’y a pas deux personnes qui lisent le même roman de la même façon. Les résonances de chaque mot sont différentes selon les lecteurs. Alors, mieux vaut employer le moins de mots possible et surtout le moins possible de mots abstraits. Georges Simenon

« Conversations avec Simenon »de Francis Lacassin

(Photo : Bouquinerie, Bruxelles)

Un jour, une citation: Grazia Deledda

🇫🇷 … je m’abandonnais, cependant, à ce que ma mère considérait comme le plus grand des pêchés: la lecture avide et ininterrompue de livres inappropriés à mon âge et, surtout à mon éducation. Je lisais en cachette, bien sûr, jour et nuit. Grazia Deledda « Un pays sous le vent »

🇮🇹 … mi abbandonavo a quello che la mia mamma considerava il più grosso peccato: la continua avida lettura di libri non adatti alla mia età e soprattutto alla mia educazione. Naturalmente leggevo di nascosto, giorno e notte. Grazia Deledda « Il paese del vento »

(Photo: Vieille Bourse, Lille)

Un jour, une citation: Emmanuelle Lambert

La lecture, cette réaction chimique née du frottement de deux imaginations, celle du lecteur et celle de l’auteur, est en effet affaire de tâtonnement, d’hésitation, parfois de joie ou de colère, et même de déception. C’est une lutte dans le corps, entre la sensibilité et l’intelligence, et parfois un emportement d’enfant. C’est toujours un peu brouillon, parce que vivant. On lit, notre cœur s’emballe, bêtement, on veut que l’auteur qu’on aime devienne le nôtre, on se trouve des affinités avec ceux qui l’aiment à leur tour. On pourra même, dans un moment de faiblesse légèrement honteuse, souhaiter l’avoir découvert avant les autres…. Emmanuelle Lambert « Giono, furioso » Stock, p.23

(Photo: Livre ou verre, Charleroi)

Un jour, une citation: Erri De Luca

🇫🇷 Celui qui lit ou qui écoute n’est pas un récipient vide à remplir, mais un multiplicateur de ce qu’il reçoit. Il ajoute ses propres images, souvenirs, objections. Erri De Luca « Le tour de l’oie » Gallimard, p.108

🇮🇹 Chi legge o ascolta non è un recipiente vuoto da riempire, ma un moltiplicatore di quello che riceve. Aggiunge di suo immagini, ricordi, obiezioni. Erri De Luca « Il giro dell’oca » Feltrinelli

(Photo: Sterling Books, Bruxelles)

Un jour, une citation: Éliette Abécassis

C’était le temps où les gens lisaient, dans les métros, les rues, les plages et les lits, les salles de bains et les cuisines, les gens apportaient des livres dans les parcs, les jardins, les piscines, les salles d’attente, les bus, les trains, les avions, ils lisaient dans les fauteuils, les canapés, les salons, les hôtels, les cafés et les bars, les villes et les villages, l’été comme l’hiver, le soir ou le matin, en mangeant, en se couchant, en se levant, avec une tasse de thé ou un verre de vin, au coin du feu, lorsque le jour déclinait: les gens lisaient partout, à chaque moment de leur journée, à chaque heure de la vie, pour se raconter une autre histoire, pour fuir le réel ou le vivre plus intensément, pour comprendre les hommes ou pour les détester, ou simplement pour passer le temps. Éliette Abécassis « Nos rendez-vous » Grasset, p.14-15

(Photo: Librairie Thomas, Bruxelles)