Un jour, une citation: Italo Calvino

🇫🇷 Comme ta maison est le lieu où tu lis, elle peut nous dire la place que les livres occupent dans ta vie, s’il s’agit d’une défense que tu mets en avant pour tenir le monde à distance, d’un rêve dans lequel tu t’enfonces comme dans une drogue, ou si au contraire, il s’agit de ponts que tu jettes vers l’extérieur, vers le monde qui t’intéresse tant, que tu voudrais en dilater et en multiplier les dimensions à travers les livres. Italo Calvino « Si par une nuit d’hiver un voyageur » Folio, p.201

🇮🇹 La tua casa, essendo il luogo in cui tu leggi, può dirci qual è il posto che i libri hanno nella tua vita, se sono una difesa che tu metti avanti per tener lontano il mondo di fuori, un sogno in cui sprofondi come in una droga, oppure se sono dei ponti che getti verso il fuori, verso il mondo che t’interessa tanto da volerne moltiplicare e dilatare le dimensioni attraverso i libri. Italo Calvino « Se una notte d’inverno un viaggiatore »

(Photo: Librebook, Bruxelles)

Un jour, une citation: Colette

On me remontrera que les jeunes gens des deux sexes sont en train de lire « n’importe quoi »? Qu’ils lisent donc n’importe quoi. Ainsi fis-je dans mon jeune âge, à travers une bibliothèque où tout se fit pâture, et où l’on aurait rien trouvé qui convint à mes six ans, à mes dix ans, à mes quatorze ans… Livres défendus, livres trop graves, livres trop légers aussi, livres assez ennuyeux, livres éblouissants, qui au hasard s’illuminent, et referment sur l’enfant enchanté leurs portes de temple… Le désordre de la lecture lui-même est noble. Chaque livre, mal annexé d’abord, est une conquête. Sa jungle d’idées et de mots s’ouvrira, quelque jour, sur un calme paysage ami. Colette, « Paris, de ma fenêtre », 1946.

(Photo : Galerie Bortier, Bruxelles)

Un jour, une citation: Laure Adler

Lire, c’est disparaître.

Lire, c’est faire corps avec soi-même.

Lire, c’est éteindre le bruit des autres pour tenter d’atteindre sa propre mélodie.

Lire, c’est oublier, tout oublier, y compris ses lectures passées, toutes ces histoires qui sommeillent dans nos arrière-mémoires et qui ne demandent qu’à resurgir à l’improviste, ces pages entières qui nous tombent dessus – mais jamais, justement, quand on lit, quand on lit vraiment. Laure Adler , Stefan Bollmann « Les femmes qui lisent sont de plus en plus dangereuses » Flammarion

(Photo: Bouquinerie, Namur)