Un jour, une citation: Dante Alighieri

🇮🇹 Noi leggiavamo un giorno per diletto

di Lancialotto come amore lo strinse;

soli eravamo e senza alcun sospetto.

Per più fiate li occhi ci sospinse quella lettura, e scolorocci il viso;

ma solo un punto fu quel che vinse

Quando leggemmo il disïato riso

esser basciato da cotanto amante,

questi, che mai da me non fia diviso,

la bocca mi basciò tutto tremante.

Galeotto fu ‘l libro e chi lo scrisse:

quel giorno più non vi leggemmo avante. Dante Alighieri « La divina commedia », Inferno, Canto V, versi 133-138

🇫🇷 Un jour, par plaisir, nous lisions de Lancelot, comment l’amour l’enserra de ses liens; nous étions seuls et sans aucune défiance.

Plusieurs fois cette lecture mut nos regards et décolora notre visage; mais un seul moment nous vainquit.

Quand nous lûmes comment les riantes lèvres désirées furent baisées par un tel amant, celui-ci, qui jamais de moi ne sera séparé,

Tout tremblant me baisa la bouche: Galeotto pour nous fut le livre et qui l’écrivit; ce jour nous ne lûmes pas plus avant. Dante Alighieri « La Divine Comédie », « Enfer »

#25marzo #25mars #dantedì

(Photo: Librairie Tropismes, Bruxelles)

Un jour, une citation: Tzvetan Todorov

🇫🇷 La littérature peut beaucoup. Elle peut nous tendre la main quand nous sommes profondément déprimés, nous conduire vers les autres êtres humains autour de nous, nous faire mieux comprendre le monde et nous aider à vivre. Ce n’est pas qu’elle soit, avant tout, une technique de soins de l’âme ; toutefois, révélation du monde, elle peut aussi, chemin faisant, transformer chacun de nous de l’intérieur. Tzvetan Todorov « La littérature en péril » Flammarion

🇮🇹 La letteratura può molto. Può tenderci la mano quando siamo profondamente depressi, condurci verso gli esseri umani che ci circondano, farci comprendere meglio il mondo e aiutarci a vivere. Non vuole essere un modo per curare lo spirito; tuttavia, come rivelazione del mondo, può anche trasformarci nel profondo. Tzvetan Todorov “La letteratura in pericolo” Garzanti

(Photo : Librairie La Licorne, Bruxelles)

Littérature italienne: coups de cœur 2020

Mes coups de cœur de cette année 2020! 🇮🇹

– Dario Levantino « De rien ni de personne » Éditions Rivages

– Gianrico Carofiglio « Trois heures du matin » Slatkine et Cie

– Cristina Caboni « Une vie entre les pages » Presses de la Cité

– Nadia Terranova « Adieu fantômes » Quai Voltaire

– Elisabetta Rasy « Un hiver à Rome » Éditions du Seuil

-Paolo Maurensig « Pimpernel – Una storia d’amore » Einaudi editore

– Ferzan Ozpetek « Come un respiro » Mondadori

– Daria Bignardi « Oggi faccio azzurro » Mondadori

– Silvia Bonucci « Retours à Trieste » Éditions du Seuil

– Sibilla Aleramo « Une femme » Des femmes

Un jour, une citation: Jacques-Henri Bernardin de Saint-Pierre

🇫🇷 Au milieu de tant de passions qui nous agitent, notre raison se trouble et s’obscurcit: mais il est des phares où nous pouvons en rallumer le flambeau: ce sont les lettres. Les lettres, mon fils, sont un secours du ciel, Ce sont des rayons de cette sagesse qui gouverne l’univers, que l’homme, inspiré par un art céleste, a appris à fixer sur la terre. Semblables aux rayons du soleil, elles éclairent, elles réjouissent, elles échauffent; c’est un feu divin…. Jacques-Henri Bernardin de Saint-Pierre « Paul et Virginie » Nelson Éditeurs, p.149

🇮🇹 In mezzo a tante passioni che ci agitano, la nostra ragione si turba e si oscura, ma vi sono dei fuochi ai quali possiamo riaccendere la face; e questi sono le lettere. Le lettere, figlio mio, sono un soccorso del cielo. Sono raggi di quella saviezza che governa l’universo, che l’uomo ispirato da un’arte celeste ha  appreso a fissare sulla terra. Simili ai raggi del sole, esse rischiarano, rallegrano, riscaldano come un fuoco divino. Jacques-Henri Bernardin de Saint-Pierre “Paolo e Virginia”

(Photo: Librairie Nijinski, Bruxelles)

Un jour, une citation: John Williams

🇫🇷 Cet amour de la littérature, de la langue, du verbe, tous ces grands mystères de l’esprit et du cœur qui jaillissaient au détour d’une page, ces combinaisons mystérieuses et toujours surprenantes de lettres et de mots enchâssés là, dans la plus froide et la plus noire des encres, et pourtant si vivants, cette passion dont il s’était toujours défendu comme si elle était illicite et dangereuse, il commença à l’afficher, prudemment d’abord, ensuite avec un peu plus d’audace et enfin…fièrement. John Williams « Stoner », J’ai lu, p.153-154

🇮🇹 L’amore per la letteratura, per il linguaggio, per il mistero della mente e del cuore che si rivelano in quella minuta, strana e imprevedibile combinazione di lettere e parole, di neri e gelidi caratteri stampati sulla carta, l’amore che aveva sempre nascosto come se fosse illecito e pericoloso, cominciò a esprimersi dapprima in modo incerto, poi con coraggio sempre maggiore. Infine con orgoglio… John Williams « Stoner »

(Photo: Pêle-mêle, Bruxelles)