Un jour, une citation: Sofia Lundberg

J’ai appris le français à l’aide des livres de la bibliothèque et d’un dictionnaire. J’ai commencé par les moins épais et j’ai continué, volume après volume. Tous ces ouvrages merveilleux qui m’ont tant appris sur la vie et le monde. L’Europe, l’Afrique, l’Asie, l’Amérique étaient réunies sur ces étagères. Tous les pays, leurs parfums, leur climat, leur culture. Et leurs habitants. Ils vivaient dans des mondes différents et pourtant, ils étaient semblables. Remplis de peurs, de doutes, de haine et d’amour.Comme nous tous. […] J’aurais pu rester là pour toujours. Ma place était au milieu des livres, c’était parmi eux que j’étais heureuse. Sofia Lundberg  » Un petit carnet rouge », Livre de poche, p.65

(Photo: Bouquinerie, Redu)

Un jour, une citation: Virginia Woolf

🇫🇷 Il aimait les livres comme les aime un véritable lecteur, non pas comme des trophées que l’on exhibe, mais comme des êtres vivants qui « doivent être médités, pratiqués et intégrés dans mon corps et dans mon âme » Virginia Woolf « Comment lire un livre »

🇮🇹 I libri li amava come li ama un vero lettore, non come trofei da appendere in mostra, ma come esseri viventi che « debbono essere meditati, praticati, e assimilati nel mio corpo e anima. » Virginia Woolf « Voltando pagina »

(Photo: Bancarella, Turin)

Un jour, une citation: Louis Calaferte

Je me jetais sur les livres comme s’ils devaient nécessairement me livrer la clef de moi-même. Et la serrure avec. Lisant à bride abattue. Dans le métro. Dans la rue. Au bistrot. Dans mon lit. Sur les bancs des squares, au milieu des pigeons et des cris d’enfants, les soirs d’été ou le dimanche après-midi. Louis Calaferte « Septentrion »

(Photo: Librairie Tropismes, Galeries Royales Saint-Hubert, Galeries des Princes, Bruxelles)

Un jour, une citation: Mary Costello

Au fil des années, au fil des longues soirées d’hiver et des après-midi d’été, Tess trouva dans les livres une nouvelle vie. Comme si elle était possédée par l’instinct du retour à l’origine, sa main s’attardait souvent devant l’étagère d’une bibliothèque ou dans un bac devant une librairie sur un titre qui, par magie, lui convenait parfaitement à cet instant-là. La simple vue d’un livre sur la console du couloir ou sur sa table de chevet, le nom de l’auteur ou le titre sur la tranche, le souvenir d’un personnage – ses épreuves, son malheur – la détachaient du temps ordinaire, provoquaient en elle un sentiment fort, un sentiment d’entente avec l’auteur en question. Mary Costello « Academy Street », Points

(Photo: Passage Verdeau, Paris)

Un jour, une citation: Jonathan Coe

Sophie ne pourrait jamais mettre le doigt sur ce qui avait donné un tel relief à ces quelques minutes dans sa mémoire. Peut-être était-ce l’atmosphère de la librairie, si sereine, comme d’un autre monde, et où ils étaient les seuls clients. Peut-être était-ce parce qu’il y avait peu de partages aussi intimes à ses yeux que celui de deux personnes se promenant ensemble parmi les livres. Jonathan Coe « Le cœur de l’Angleterre » Gallimard, p.161

(Photo: Librairie Gallimard, Boulevard Raspail, 15, 75007 Paris)