Un jour, une citation: Leonardo Padura Fuentes

🇫🇷 Chaque livre, n’importe lequel, est irremplaçable, chacun a un mot, une phrase, une idée qui attend son lecteur. Leonardo Padura Fuentes « Les brumes du passé »

🇮🇹 Ogni libro, qualunque libro, è insostituibile, ognuno di loro contiene una parola, una frase, un’idea in attesa del suo lettore. Leonardo Padula Fuentes « La nebbia del passato »

(Photo : Librairie Nijinski, Bruxelles)

Un jour, une citation: Erri De Luca

🇫🇷 Je prends le livre ouvert à la pliure, je me remets à son rythme, à la respiration d’un autre qui raconte. Si moi aussi je suis un autre, c’est parce que les livres, plus que les années et les voyages, changent les hommes. Erri de Luca, Trois chevaux

🇮🇹 Prendo il libro fermo alla piega, mi rimetto alla sua andatura,al respiro di un altro che racconta. Se anch’io sono un altro è perchè i libri più degli anni e dei viaggi spostano gli uomini. Erri De Luca « Tre cavalli »

(Photo: Tulitu, Bruxelles)

Un jour, une citation: Carlos Ruiz Zafón

Chaque livre, chaque tome que vous voyez a une âme. L’âme de celui qui l’a écrite, et l’âme de ceux qui l’ont lue, l’ont vécue et en ont rêvé. Carlos Ruiz Zafón « L’ombre du vent »

Ogni libro, ogni volume che vedi possiede un’anima, l’anima di chi lo ha scritto e l’anima di coloro che lo hanno letto, di chi ha vissuto e di chi ha sognato grazie ad esso. Carlos Ruiz Zafón « L’ombra del vento »

(Photo: Librairie Tropismes, Bruxelles)

Un jour, une citation: Victor Hugo

L’éclair de l’immense, quelque chose qui resplendit, et qui est brusquement surhumain, voilà le génie. De certains coups d’aile suprêmes. Vous tenez le livre, vous l’avez sous les yeux, tout à coup il semble que la page se déchire du haut en bas comme le voile du temple. Par ce trou, l’infini apparaît. Une strophe suffit, un vers suffit, un mot suffit. Le sommet est atteint. Tout est dit. Lisez Ugolin, Françoise dans le tourbillon, Achille insultant Agamemnon, Prométhée enchaîné, les Sept chefs devant Thèbes, Hamlet dans le cimetière, Job sur son fumier. Fermez le livre maintenant. Songez. Vous avez vu les étoiles. Victor Hugo « Proses philosophiques  »

(Photo: Tulibris, Bruxelles)

Un jour, une citation: Sibilla Aleramo

🇫🇷 Un livre, le livre… Ah! je ne rêvais pas de l’écrire, mais je souffrais certaines fois en contemplant dans mon esprit la vision de ce livre que je sentais nécessaire, d’un livre d’amour et de douleur qui serait brûlant et en même temps fécond, inexorable et miséricordieux, qui montrerait au monde entier l’âme féminine moderne pour la première fois, et qui ferait vibrer pour la première fois de remords et de désir l’âme de l’homme, l’homme, ce triste frère… Un livre qui traduirait toutes les idées qui s’agitaient chaotiquement en moi de puis deux ans et porterait l’empreinte de la passion. Personne ne l’écrirait-il jamais? N’y avait-il au monde aucune femme qui avait souffert ce que j’avais souffert, qui avait reçu des choses animées et inanimées les leçons que j’en avais reçues et qui saurait tirer de tout cela l’essence pure, le chef-d’œuvre d’une vie? Sibilla Aleramo « Une femme » des femmes-Antoinette Fouque, p.177

🇮🇹 Un libro, il libro…Ah, non vagheggiavo di scriverlo, contemplando nel mio spirito la visione di quel libro che sentivo necessario, di un libro d’amore e di dolore, che fosse straziante e insieme fecondo, insesorabile e pietoso, che mostrasse al mondo intero l’anima femminile moderna, per la prima volta, e per la prima volta facesse palpitare di rimorso e di desiderio l’anima dell’uomo, del triste fratello…Un libro che recasse tradotte tutte le idee che si agitavano in me caoticamente da due anni, e portasse l’impronta della passione. Non lo avrebbe mai scritto nessuno? Nessuna donna v’era al mondo che avesse sofferto, quel ch’io avevo sofferto, che avesse ricevuto dalle cose animate e inanimate gli ammonimenti ch’io avevo ricevuto, e sapesse trarre da ciò la pura essenza, il capolavoro equivalente a una vita? Sibilla Aleramo « Una donna »

(Photo: Bouquinerie, Louvain-la-Neuve)

Un jour, une citation: Jorge Luis Borges

🇫🇷 On ne peut pas écrire un livre. Je déclare

Que pour qu’un livre soit, il y faut les levants,

Les nuits, le choc des fers, les plaines et les vents,

Les siècles – et la mer qui joint et qui sépare.

Jorge Luis Borges « Arioste et les Arabes »

🇮🇹 Nessuno può scrivere un libro. Un libro

perché esista davvero, è necessaria

l’aurora col tramonto, secoli, armi,

e il vasto mare che unisce e divide.

Jorge Luis Borges « Ariosto e gli Arabi »

(Photo: Bouquinerie, Lille)