Un jour, une citation: Ezra Pound

🇫🇷 Tout lecteur devrait être un homme intensément vivant. Et le livre, une sphère de lumière entre ses mains. Ezra Pound

🇮🇹 Un uomo che legge dovrebbe essere un uomo intensamente vivo. Il libro dovrebbe essere una palla di luce nelle sue mani. Ezra Pound.

(Photo: Bancarella, Via Po, Torino)

Un jour, une citation: Patrick Modiano

🇫🇷 Écrire un livre, c’était aussi, pour lui, lancer des appels de phares ou des signaux de morse à l’intention de certaines personnes dont il ignorait ce qu’elles étaient devenues. Il suffisait de semer leurs noms au hasard des pages et d’attendre qu’elles donnent enfin de leurs nouvelles. Patrick Modiano « Pour que tu ne te perdes pas dans le quartier »

🇮🇹 Per lui scrivere un libro voleva anche dire lanciare segnali luminosi o Morse all’ indirizzo di persone di cui non sapeva più niente. Bastava seminarne a caso i nomi fra le pagine e aspettare che loro dessero notizie. Patrick Modiano « Perché tu non ti perda nel quartiere »

(Photo: Librairie Les fleurs du mal, Louvain-la-Neuve)

Un jour, une citation: Sophie Fontanel

Et je compris comment l’on sait un jour, qu’on a fini un livre. Ce n’est pas le mot « fin », que l’on met tout au bout, ce n’est pas un point jeté après un mot. C’est le prodige d’avoir laissé naître en soi des milliers de phrases comme celle-là, qui tiennent toutes seules un jour au milieu du temps. Sophie Fontanel « Nobelle », Robert Laffont, p.220

(Photo: Bouquinerie, Louvain-la-Neuve)

Un jour, une citation: Siri Hustvedt

… je demandais un livre et, sous la lumière silencieuse venue des hautes fenêtres se déverser sur moi, je lisais pendant des heures et il me semblait que j’étais devenue une créature purement potentielle, un corps transformé en un espace enchanté infiniment expansible, et tant que je restais là, à lire au son assourdi des pages tournées, des toux, reniflements et bruits de pas résonnants dans l’immense salle, et, plus rarement, d’un juron échappé dans un murmure, je trouvais refuge dans les cadences d’un esprit, quel qu’il fût, que j’empruntais provisoirement, immergée dans des phrases que je n’aurais pu avoir écrites ni imaginées et, même quand le texte était abstrus ou noueux ou hors de ma portée, et ceux-là étaient fort nombreux, je persévérais, prenais des notes, comprenant que ma mission nécessiterait des années, et non des mois. Si je pouvais me remplir la tête de la sagesse et de l’art des âges, je finirais, avec le temps, par m’augmenter moi-même, volume après volume, jusqu’à devenir cette géante que je voulais être. […] Dans la bibliothèque, j’avais des ailes. Siri Hustvedt « Souvenirs de l’avenir » Actes Sud, p.14-15.

(Photo: Bouquinerie, Louvain-la-Neuve)