Un jour, une citation: Laure Adler

Lire, c’est disparaître.

Lire, c’est faire corps avec soi-même.

Lire, c’est éteindre le bruit des autres pour tenter d’atteindre sa propre mélodie.

Lire, c’est oublier, tout oublier, y compris ses lectures passées, toutes ces histoires qui sommeillent dans nos arrière-mémoires et qui ne demandent qu’à resurgir à l’improviste, ces pages entières qui nous tombent dessus – mais jamais, justement, quand on lit, quand on lit vraiment. Laure Adler , Stefan Bollmann « Les femmes qui lisent sont de plus en plus dangereuses » Flammarion

(Photo: Bouquinerie, Namur)

Un jour, une citation: Jaume Cabré

🇫🇷 … Je lis tous les jours et tous les jours je m’aperçois qu’il me reste tout à lire. Et de temps en temps, je dois relire même si je ne relis que ce qui est digne du privilège de la relecture.

– Et qu’est-ce qui rend digne de ce privilège ?…

– La capacité de fasciner le lecteur: de le faire s’émerveiller de l’intelligence qui se trouve dans le livre qu’il lit, ou de la beauté qu’il génère. » Jaume Cabré « Confiteor » Actes Sud

🇮🇹 … Ogni giorno leggo e ogni giorno mi rendo conto che mi manca tutto da leggere. E ogni tanto devo rileggere, anche se rileggo solo ciò che merita il privilegio della rilettura.

«E cosa fa meritare questo privilegio?»

«La capacità di affascinare il lettore; di farlo meravigliare per l’intelligenza presente nel libro che rilegge o per la bellezza che genera…. » Jaume Cabré « Io confesso » Rizzoli

(Photo: Vieille Bourse, Lille)

Un jour, une citation: Elena Ferrante

🇫🇷 Pendant qu’il jouait avec elles je m’allongeais au soleil pour lire, me glissant comme une méduse dans les pages d’un roman. Elena Ferrante « L’Amie prodigieuse » tome 1.

🇮🇹 Mentre lui giocava con loro io mi sdraiavo al sole a leggere e mi scioglievo nelle pagine come una medusa. Elena Ferrante « L’amica geniale » volume 1.

(Photo: Vieille Bourse, Lille)

Un jour, une citation: Sibilla Aleramo

🇫🇷 … et je restais à la maison, tapie dans un grand fauteuil pour lire les livres les plus divers, la plupart du temps incompréhensibles pour moi, mais me procurant une sorte d’ivresse de l’imagination qui m’abstrayait de moi-même. Si je m’interrompais, c’était pour formuler des pensées confuses à voix presque basse, scandant en quelque sorte des vers suggérés par une voix intérieure. Sibilla Aleramo «Une femme» Des femmes-Antoinette Fouque

🇮🇹 … restavo a casa, sprofondata in un gran seggiolone, a leggere i libri più disparati, sovente incomprensibili
per me, ma dei quali alcuni mi procuravano una specie d’ebbrezza
dell’immaginazione e mi astraevano completamente da me stessa. Se
m’interrompevo, era per formular pensieri confusi; e lo facevo talora
a voce sommessa, come scandendo dei versi che una voce interiore mi
suggerisse. Sibilla Aleramo «Una donna» Feltrinelli

(Photo: Bouquinerie, Bruxelles)

Un jour, une citation: Emmanuelle Favier

Elle lit et soudain une phrase l’immerge dans le vertige d’un souvenir d’enfance, tout son être coule au fond d’un puits, elle est prête à toucher à sa propre vérité, elle tend la main pour la capturer et c’est déjà la fin de la phrase, de nouveau le plein jour aveuglant. Elle la relit mais en vain, c’est fini, c’est parti, elle ne pourra plus jamais descendre dans ce puits-là, il lui faudra attendre une nouvelle et hypothétique concordance entre une disponibilité parfaite et une autre phrase capable de provoquer l’immersion. En écrivant, peut-être davantage qu’en lisant, elle provoquera, cette concordance merveilleuse. Emmanuelle Favier « Virginia » Albin Michel, p.215

(Photo: Tulibris, Ixelles)