Un jour, une citation: Martin Solares

Lire un bon roman revient à vivre avec des personnes susceptibles de changée notre point de vue.Voila pourquoi l’on ressent cette tristesse absurde à l’approche du point final. Cette voix qui tout ce temps nous a tenu compagnie, on ne l’entendra donc plus jamais? Comment a-t-on pu s’attacher à ce point à un être fait de mots? Martin Solares « Comment dessiner un roman » Christian Bourgois Éditeur, 2018

(Photo: Het Ivoren Aapje, place du Béguinage,4, 1000 Bruxelles)

Un jour, une citation: Marcel Proust

🇫🇷 Dans l’espèce d’écran diapré d’états différents que, tandis que je lisais, déployait simultanément ma conscience, et qui allaient des aspirations les plus profondément cachées en moi-même jusqu’à la vision tout extérieure de l’horizon que j’avais, au bout du jardin, sous les yeux, ce qu’il y avait d’abord en moi de plus intime, la poignée sans cesse en mouvement qui gouvernait le reste, c’était ma croyance en la richesse philosophique, en la beauté du livre que je lisais, et mon désir de me les approprier, quel que fût ce livre. Marcel Proust « À la recherche du temps perdu » « Du côté de chez Swann  »

🇮🇹 In quella specie di iridescente schermo di stati diversi che la mia coscienza, mentre leggevo, dispiegava simultaneamente, e che spaziava dalle aspirazioni più profondamente nascoste dentro di me sino alla visione affatto esteriore dell’orizzonte che si offriva ai miei occhi dal fondo del giardino, quel che c’era innanzitutto e più intimamente dentro di me, la leva in continuo movimento che governava tutto il resto, era la mia fede nella ricchezza filosofica nella bellezza del libro che leggevo e il mio desiderio di appropriarmele, indipendentemente dall’identità del libro stesso. Marcel Proust « Alla ricerca del tempo perduto » « Dalla parte di Swann »

(Photo: Cook and Book, Place du temps libre, 1, 1200 Bruxelles)