MARK FORSYTH «  INCOGNITA, INCOGNITA » ou le plaisir de trouver ce qu’on ne cherchait pas 

Quatrième de couverture

Les meilleures choses sont celles que vous n’auriez jamais su vouloir jusqu’à ce que vous les ayez. Internet prend vos désirs et vous les recrache, consommés. Vous lancez une recherche, vous entrez les mots que vous connaissez, les choses que vous avez déjà à l’esprit, et Internet vous sort un livre, une image ou une notice Wikipédia. Mais c’est tout. C’est ailleurs qu’il faut chercher ce qu’on ne sait pas ne pas savoir.  »

Incognita incognita ou l’éloge du hasard, de la chance, de l’inconnu – et de la librairie!

L’auteur

Mark Forsyth, né en 1977 à Londres, est un étymologiste distingué doublé, d’un irrésistible humoriste.

Extraits

⭐️ « Il y a des choses que nous savons savoir. D’autres que nous savons ne pas savoir. C’est-à-dire que nous savons ne pas savoir pour le moment. Mais il y a aussi des choses que nous ne savons pas ne pas savoir. Des choses que nous ne savons pas que nous ne savons pas » Donald Rumsfeld

⭐️ Il existe … trois types de livres: ceux que vous avez lus, ceux que vous savez n’avoir pas lus…, et les autres: les livres que vous ne savez pas ne pas connaître. p.18

⭐️ … ce n’est pas suffisant d’obtenir ce que vous saviez déjà vouloir. Les meilleures choses sont celles que vous n’auriez jamais su vouloir jusqu’à ce que vous les ayez. p. 20

⭐️ C’est ce moment de découverte, dans le fond de la librairie, quand votre main s’empare d’un drôle de petit volume, avec une drôle de petite couverture, et que vous vous dites: « Oui. Voilà ma prochaine lecture. »Peu importe le livre. C’est celui qui vous a tapé dans l’œil. Ou peut-être juste celui qui vous a attrapé la main. p.33

⭐️ Le voyage idéal dans une librairie, la visite parfaite dans une librairie, si parfaite qu’elle n’est pas de ce monde, se déroule comme suit. Je tombe sur la boutique au fond d’une rue étroite dans une ville qui m’est totalement inconnue. J’entre, et il y a seulement un livre. Juste un. Il est posé sur une table. Il a une couverture toute simple. Je ne peux même pas voir le titre. Je l’achète, et il me révèle tous les secrets de l’univers. p.35

⭐️ La spécificité du roman, c’est que les héros n’y obtiennent jamais ce qu’ils voulaient. Toute bonne histoire romantique a pour absolue nécessité le fait qu’au début, les deux amants n’éprouvent aucun intérêt l’un pour l’autre. p.36

⭐️ … de toute les librairies, de toutes les villes de la Terre entière, il a fallu que vous entriez accidentellement dans celle-là, et que vous tombiez accidentellement amoureux de ce livre-là. p.38-39

⭐️ Et le livre vous attend encore, le livre parfait, celui qui répondra à toutes les questions que vous ne savez pas poser. Il est sur l’étagère du haut, dans le coin, juste à portée de votre main avide. Ce qu’on ne sait pas ne pas savoir, qui attend comme un continent inconnu, juste au fond de la librairie. p.46

La petite collection des éditions du sonneur, 2019, 48 p.

Titre original: « The Unknown Unknown » (2014)

Claire Fuller « Un mariage anglais »

Quatrième de couverture

Ingrid a 20 ans et des projets plein la tête quand elle rencontre Gil Coleman, professeur de littérature à l’université. Faisant fi de son âge et de sa réputation de don Juan, elle l’épouse et s’installe dans sa maison en bord de mer.

Quinze ans et deux enfants plus tard, Ingrid doit faire face aux absences répétées de Gil, devenu écrivain à succès. Un soir, elle décide d’écrire ce qu’elle n’arrive plus à lui dire, puis cache sa lettre dans un livre. Ainsi commence une correspondance à sens unique où elle dévoile la vérité sur leur mariage, jusqu’à cette dernière lettre rédigée quelques heures à peine avant qu’elle ne disparaisse sans laisser de trace.

Mon avis

Elle lui écrit des lettres qu’elle essaime dans les livres de la bibliothèque de la maison. Une maison envahie par les livres. Une correspondance à sens unique, sa vérité sur leur mariage. Au fil des lettres elle reparcourt leur histoire, jusqu’au jour où elle disparaît sans laisser de traces… Un jour, son mari croit la voir alors qu’il choisissait des livres dans une librairie …

Une histoire d’amour avec ses trahisons, ses mensonges, ses secrets… L’autopsie d’un amour… Mais aussi un livre qui parle de livres, d’écriture… Une belle lecture, mais pas inoubliable!

Extraits

▪️Depuis la fenêtre du premier étage de la librairie, Gil Coleman aperçut sa défunte femme debout sur le trottoir d’en face. (Incipit)

▪️Les vérités cachées sont les forces de l’écrivain.

▪️Oubliez l’intrigue, les personnages, le plan ; si vous voulez vraiment être un écrivain, il va falloir plonger les mains dans la fange jusqu’aux poignets, aux coudes, aux épaules, creuser pour déterrer vos secrets les plus obscurs, les plus intimes.

▪️Écrire ne sert à rien tant que personne ne nous lit, et chaque lecteur voit quelque chose de différé dans un roman, dans un chapitre, dans une ligne.

▪️Un livre prend vie lorsqu’il entre en interaction avec le lecteur.

▪️Laissez les vous échapper, au bout d’un moment vous découvrirez que ce sont vos personnages qui écrivent l’histoire et pas vous.

▪️Tout ce qui compte dans le roman, c’est le lecteur. Sans le lecteur, le livre n’a aucun intérêt, par conséquent le lecteur est au moins aussi important que l’auteur, si ce n’est plus. Mais souvent, la seule façon de savoir ce qu’un lecteur a pensé, ce qu’il a traversé pendant la lecture, est d’observer ce qu’il a laissé derrière lui. Tous ces mots … parlent des lecteurs.

Note: 3,5/5

Titre original: « Swimming lessons »

Traducteur: Mathilde Bach

Stock (La Cosmopolite), 2018, 448p.