AURÉLIA CASSIGNEUL-OJEDA « Les trois sœurs qui faisaient danser les exilés »

Quatrième de couverture

« Elles s’appelaient Flora, Begonia, Rosa. Elles étaient trois, elles étaient soeurs. Elles habitaient cette maison, à Cerbère, cette grande maison qu’aujourd’hui j’habite. Sous leurs fenêtres l’histoire roulait des flots d’hommes et de femmes. Sous leurs fenêtres la mer se balançait. Un jour elles sont parties, ont tout abandonné. »

Seul, blessé, Gabriele s’installe à Cerbère pour commencer une nouvelle vie. Il achète la maison des Fleurs, une grande bâtisse rose qui surplombe le port, abandonnée depuis des années ; il plonge alors dans la vie de trois jeunes femmes, trois soeurs qui l’habitaient, prises à leur insu dans les griffes de l’histoire, de ta Retirada espagnole à la résistance française. À trente années d’écart Gabriele revit leurs peurs, leurs joies, leurs amours et la mémoire de l’exil.

L’auteur

Aurélia Cassigneul-Ojeda est agrégée d’anglais et enseigne en classes préparatoires. À travers son père originaire de Burgos elle hérite d’une partie douloureuse de l’histoire espagnole, notamment l’assassinat de son grand-père par la Guardia Civil en 1936. Elle passe son bac à Alger et poursuit ses études à Paris avec un mémoire sur le féminisme anglais. Aujourd’hui installée à Toulouse, « Les Trois sœurs qui faisaient danser les exilés » est son troisième roman.

Mon avis

Une maison à Cerbère. Une grande bâtisse rose qui surplombe le port. Gabriele vient de l’acquérir après une rupture douloureuse. Autrefois, Flora, Bégonia et Rosa y ont traversé la tourmente de l »Histoire. Un jour, elles ont abandonné la « maison des fleurs », en y laissant cependant des fresques, des cahiers et des carnets. Et la vie de ces trois exilées qu’il découvre peu à peu, parle à son propre exil, à son propre passé. Leur histoire, son histoire… La mémoire de l’exil…

« Le cœur voyage. Le temps n’est rien. « 

Un roman qui parle des racines, de l’exil, du courage, du sens de la vie…

Une très belle écriture. Un très agréable moment de lecture.

Extraits

▪️L’étrave du navire crève l’eau et le cœur se fend. (Incipit)

▪️Mes souvenirs me font, mon vécu est ce que je suis.

▪️La vie est un cheval fougueux […] Oui la vie est comme ça, cheval fou qu’il faut apprivoiser, cadencer, lâcher, reprendre, ne pas abandonner; tenir, tenir toujours dans ses mains, dans son corps. J’ai vécu ça je crois…

▪️Je survole les époques et mon cœur voyage. Le temps n’est rien. (Excipit)

Note: 5/5

Ateliers Henry Dougier, 2020, 280p.

ARMANDE RAHAGA « Ne lui parle pas d’elle »

« On dit qu’on ne peut pas manquer de quelque chose

que l’on a pas connu. Pourtant l’amour manque toujours. »

Quatrième de couverture

Isolée dans son univers, Ann vit avec le fantôme d’Hélène, cette mère qu’elle n’a jamais connue. Il ne lui reste que quelques souvenirs effacés et des rêves palpables. Elle navigue entre ces sensations et y trouve souvent l’inspiration pour écrire.

Le jour où le doute s’installe autour de la mort de sa mère, elle se met en route à la recherche de son histoire.Les rencontres et les récits donnent à Hélène plusieurs visages. Égarée entre le réel et la fiction, Ann s’enfonce alors dans l’opacité de sa propre identité.

Déconcertant roman initiatique « Ne lui parle pas d’elle » embarque le lecteur dans une quête de la vérité, entre présences oniriques et secrets de famille. La plume d’Armande Rahaga trace des personnages criants d’authenticité et d’élan vital.

L’auteur

Née en 1991, Armande Rahaga réside dans le sud de la France, où elle a étudié les sciences du langage et de la communication. En 2019, elle remporte un prix pour une de ses nouvelles. Elle continue dans la voie littéraire en publiant ce premier roman plein de promesses.

Mon avis

Sa vie, c’est écrire. Elle a arrêté de vivre pour écrire. Et ce rêve d’écriture, elle veut le poursuivre, elle le lui a promis… D’elle, elle ne sait rien ou si peu. Qui est cette femme qui fut sa mère? Un mystère, une absence, un vide monstrueusement vaste et creux. Une feuille manuscrite virevolte dans un courant d’air… Un vertige, et c’est le début d’une quête, à la découverte du passé, à la recherche de son histoire.

Un livre sur les choix: les choix que l’on fait en croyant bien faire, les choix dont le poids est parfois trop lourd à porter, les choix que l’on fait par amour, les choix qui conditionnent la vie des autres, les choix qui bouleversent l’avenir, les choix qui deviennent silence et rendent à jamais inconsolable. Et puis les mauvaises rencontres, les vérités cachées, les mensonges et les non-dits. Et ces traces du passé qui hantent la vie et risquent de vous changer. La volonté d’écrire elle, demeure, plus forte que tout…

De belles pages sur la création littéraire…

Une très jolie écriture pour un beau premier roman. Une splendide découverte et une plume à suivre!

Extraits

▪️On dit qu’on ne peut pas manquer de quelque chose que l’on a pas connu. Pourtant l’amour manque toujours. p.53

▪️La violence d’un amour arraché et inconsolable manque à sa vie. Sans la folie et la souffrance de l’amour, elle a raté tellement de trains et de rencontres. Elle manque d’aimer. Elle a le cœur qui brûle. Tout ce qu’elle veut, c’est souffrir de l’amour et en mourir. p.53

▪️La vie n’apporte pas de belles choses, elle apporte le poids des événements, et chacun tente de jouer avec. Personne n’est épargné jamais. p.107

▪️Les non-dits et les tabous façonnent et dispersent parfois les familles. p.129

▪️La vie est imprévisible, mais c’est aussi une boucle qui se referme sur elle-même. La vie est comme un roman, et j’ai choisi d’arrêter de vivre pour écrire. p.168

▪️Écrire pour moi c’est vital, ce n’est pas seulement une façon de s’exprimer, c’est simplement vital. C’est douloureux, c’est angoissant, quelquefois, je me perds dans des endroits de mon esprit que je n’ai pas encore apprivoisés. p.169

▪️Tu es devant ta feuille blanche et tu écris, tu écris et tu décris les feuilles mortes aux couleurs orangées, un lieu imaginaire dans lequel tu n’avais pas prévu d’aller, et ton cœur de met à battre et tes doigts glissent sur le clavier jusqu’au moment où tu arrives en haut d’une montagne, tu as passé les bois sombres, les cailloux qui dégringolaient sous tes pieds et ralentissent ta marche sur les chemins pentus, tu es juste au sommet, au-dessus des nuages, et tu respires avant que l’air redevienne asphyxiant. C’est très court, et c’est intense. p.169

▪️Mais on souffre de ce qu’on ne connaît pas, et c’est peut-être la pire des douleurs qui existe. p.174

▪️Tu sais débuter un roman est l’une des choses les plus difficiles que j’ai eu à faire dans ma vie. La première phrase doit être un vol plané. L’omniscience. Tu es toute-puissante, tu vas créer et bouleverser des destins. Tu dois commencer par une atmosphère, un paysage, un regard qui annonce des événements à venir. Je n’ai jamais fait les choses comme on est censé les faire. J’ai souvent préféré commencer mon récit par l’entrée, directe et sans détour, dans la tête d’un personnage. Je n’ai aucune idée d’où l’action va se dérouler ou comment les événements vont modifier la vie des femmes et des hommes que je vais créer. Mais je connais parfaitement leurs visages et leurs démarches, avant même d’avoir commencé à écrire, j’entrevois leurs doutes, leurs buts et leurs forces. Ils accompagnent mes rêves et créent des souvenirs. Je sens que je perds le contrôle sur mes propres pensées et ils se mettent à envahir mon quotidien, si bien que je finis par voir à travers leurs yeux, je touche avec leurs mains, ils m’habitent à plusieurs quelquefois. Et quand j’écris enfin, je ne suis plus moi-même depuis longtemps. Je suis contrainte de vivre la vie réelle et leurs vies rêvées en même temps. Je me sens entre deux mondes, sans jamais réussir à faire le choix de l’un ou de l’autre. Il me faut pourtant choisir sans cesse entre le monde des vivants et ce qui me semble être celui des morts. L’imaginaire et le réel sont similaires à mes yeux. J’essaie tant bien que mal d’amarrer au bon endroit et au bon moment. p.232-233

Note: 4,5/5

180° éditions, 2020, 240 p.

SOPHIE DE BAERE « Les corps conjugaux »

Quatrième de couverture

« Au sommet du don, je pourrais sacrifier à cet homme jusqu’à ma propre vie et mes enfants. Comme je m’offrais autrefois à ma mère, aux jurys des concours, aux garçons des parkings: ce matin-là, dans cette mairie, je me donne tout entière. Je n’ai plus de défense, redeviens objet. Pourvu qu’il m’aime, Jean pourra faire de moi ce qu’il veut. »

Fille d’immigrés italiens, Alice Callandri consacre son enfance et son adolescence à prendre la pose pour des catalogues publicitaires et à défiler lors de concours de beauté. Mais, à dix-huit ans, elle part étudier à Paris. Elle y rencontre Jean. Ils s’aiment intensément, fondent une famille, se marient. Pourtant, quelques jours après la cérémonie, Alice disparaît. Les années passent mais pas les questions. Qu’est-elle devenue ? Pourquoi Alice a-t-elle abandonné son bonheur parfait, son immense amour, sa fille de dix ans?

Portrait de femme bouleversant, histoire d’un amour fou, secrets d’une famille de province : ce texte fort et poétique questionne l’un des plus grands tabous et notre part d’humanité.

Mon avis

Ils s’aiment. Mais l’amour ne peut pas toujours s’imaginer ce que le destin réserve. Une révélation, un jour, détruit tout sur son passage… La tragédie s’empare alors de leurs existences … Et le drame peu à peu s’écrit.

Une histoire déchirante comme une tragédie grecque. Une histoire qui vous prend à la gorge, une lecture bouleversante dont on ne sort pas indemne.

L’amour, la culpabilité, les tabous, les choix impossibles, les jugements de la société … On s’interroge… Aimer, c’est aller jusqu’où?

Une superbe écriture pour un roman fort.

Extraits

▪️… mes moments de lecture. Si ce n’est les livres de cuisine ou les magazines télé, il n’y a pas de livres chez moi. Alors j’emprunte des romans au CDI ou à la bibliothèque de Bolbec. Et le soir, lorsque ma mère commence à s’endormir sur le fauteuil du salon, je ferme la porte de ma chambre et je les dévore à la lueur d’une lampe de poche. Pendant ces moments suspendus, j’oublie. J’oublie la Miss. J’oublie ce qui tisse ma vie; et je la rapièce à coups de destins et de mots lointains…Maman pourrait trouver ça utile voire dangereux. Elle dit souvent que les livres sont des illusions. Et même, l’apanage des fainéants. p.28-29

▪️Les mots qui surgissent de nos profondeurs sont d’une beauté tout autre. De celles qui rendent différent. De celles qui réparent et qui sauvent. Qui me réparent. Qui me sauvent, peut-être. p.46

▪️Il ne s’agit pas une promesse d’amour mais déjà d’un repère […] Il ne sera jamais la lueur hésitante, je sais déjà qu’il sera mon avenir. Partout. Tout le temps. Dans les endroits hostiles comme en bordure des noirs silences. p.50-51

▪️L’éducation par la crainte laisse des habitudes tenaces. p.68

▪️… l’absence d’un enfant est une omniprésence. Déchirante. Inconsolable. p.107

▪️Il est des lieux qui collent à l’émotion du moment. p.109

▪️Quand vous prenez une décision courageuse, les gens, surtout les plus proches, vous applaudissent. Puis ils rejoignent leur quotidien et ils oublient. p. 143

▪️… une héroïne tragique. La beauté sombre d’un drame. C’est tout ce qui me reste au fond. p.194-195

▪️… la lecture. Tu dis souvent qu’à part ton amour pour moi, c’est tout ce qu’il te reste. Se nourrir des mots et des vies des autres. S’oublier entre les lignes, dans les méats de la fiction. p.285

▪️Au fond de moi, je sais que mon amour pour toi n’a pas mis les voiles et il ne les mettra jamais. Il sera toujours là, en chacun de mes jours. Il danse à mes lèvres, sur mes épaules et jusque sous mes ongles. Le grand amour ne passe pas. Il continue de battre en chacun de ceux qu’il a élus, tapi près du cœur. Jusqu’à la fin. p.292

▪️L’existence n’est finalement faite que de mots. Ce sont qui subliment ou qui noircissent les destins. Ils agissent et décident, font et défont l’appétit et le désir. Ils peuvent tout répéter à l’infini. Bonheur et malheur. Guérison ou blessure. Il y a aussi les mots qui ne passent pas et ceux qui nous dépassent. À moi, les mots ont souvent manqué. p.299

▪️… comme un livre trop puissant qu’on doit reposer de temps à autre. Pour être capable d’en poursuivre la nécessaire lecture. p.301

▪️On peut polir les mots mais pas les silences. Ils nous échappent et nous révèlent. p.315

Note: 5/5 💙

Lien: Sophie de Baere « La dérobée »

J.C. Lattès, 2020, 352 p.

CORINNE ERNAULT « La maison d’autres »

Quatrième de couverture

Quand Hugo, mystérieux intermittent du spectacle, pose ses valises dans le colombier de La Sauvageonne, maison d’hôtes provençale de Jeanne, le bel équilibre de celle-ci commence à s’effriter. Qui est cet homme qui fait resurgir l’histoire familiale? Bientôt, les secrets de Misia, la grand-mère fantasque et de Tania, la mère trop tôt disparue, sortent des tiroirs, dans un tourbillon de billets de banque oubliés. Les souvenirs et les regrets aussi. Pourquoi Hugo est-il venu? Jeanne va-t-elle sortir indemne de ce voyage dans ses souvenirs? En quelques jours, la vérité dévoilée va recolorer les clichés en noir et blanc du passé.

Mon avis

La Sauvageonne, une maison d’hôtes en Provence. Une maison que Jeanne a hérité de sa grand-mère, Misia. Une maison, et le passé qui bientôt refait surface avec ses secrets, ses non-dits. Peu à peu le puzzle se recompose, et la vérité surgit des tiroirs comme les billets de banque oubliés, un peu partout dans la maison. Et puis l’arrivée de Hugo, un homme mystérieux, un inconnu qui déposera ses valises dans le colombier encore en chantier…

Une très jolie lecture, sur les secrets, les vérités qu’on cache pour protéger, les drames de la vie, les histoires de famille, les destins qui bouleversent et ces silences plus bruyants que les mots … Des personnages très attachants, et une écriture poétique et maîtrisée. La Provence en toile de fond et une maison d’hôtes où l’on aimerait séjourner. Un coup de cœur…

Extraits

▪️Les histoires de famille, c’est parfois si douloureux qu’il vaut mieux entrer dans le passé avec les ballerines légères de la nostalgie plutôt qu’avec les gros godillots de la mélancolie.

▪️Qu’est-ce qu’un non-dit? Un silence coupable muré dans la perpétuité de la honte.

▪️Nous continuâmes à marcher sans but précis. Nos mots étaient le chemin à suivre. Nos arrêts étaient la ponctuation de cette conversation.

Note: 5/5 💙

Corinne Ernault, 212p.

JACQUES DE SAINT VICTOR « Casa bianca »

Quatrième de couverture

Ils pourraient jouer dans un film de Nanni Moretti. Michela est italienne, lui, le narrateur, français. À la cinquantaine, ils ne supportent plus de voyager « en touriste »: chaque séjour à l’hôtel menace de se terminer par une catastrophe conjugale. Une seule solution: s’enraciner, chercher le jardin d’Eden.

Ils pensent le trouver dans un couvent en ruine, un morceau de pierre dans les Pouilles, près de Lecce, légué par ses parents à Michela. Mais le couple n’est pas au bout de ses surprises. Lui, le spécialiste de la mafia, découvre que le couvent abrite un cercle de jeu très étrange. Comment le déloger? Serait-il aux mains de gangsters locaux? Le village a été l’une des forteresses de la Sacra Corona, la mafia locale. Les voisins le rassurent: « Tout ça, c’est du passé. Maintenant, la mafia ici, c’est fini! » Les deux amoureux se lancent dans la restauration du couvent. L’amour rend aveugle, celui des vieilles pierres aussi. Après le purgatoire, on touchera peut-être le paradis…

Avec humour, Jacques de Saint Victor nous raconte les tribulations d’un couple décalé et rocambolesque dans cette Italie du Sud, mystérieuse et sensuelle. Casa Bianca est une méditation sur le temps, l’enfance et le rêve universel d’une maison à soi.*

Mon avis

Deux universitaires, écrivains, elle italienne, lui français, décident de restaurer un ancien couvent dans le Sud de l’Italie. Et d’en faire un lieu à soi: « un petit port solide sur cet océan déchaîné ». De vieilles pierres qui se restaureront à coup de « non c’è problema » et un voyage à la découverte de ces terres ancestrales, mystérieuses et ensoleillées. À la découverte aussi de l’histoire et des traditions de ces terres, imprégnées par l’esprit des Anciens. Et le « diario » (journal) d’un « zio », témoignage de toute une époque, que l’on découvre dans un vieux coffre-fort dont personne n’a plus la clef…

Une pointe d’humour, une pointe d’érudition font de cette lecture, une très très belle lecture. Une bouffée de soleil au milieu de l’hiver et de sa grisaille. Aux couleurs de l’Italie. On prendrait bien la route vers ce sud enchanteur..

Extraits

▪️Ce n’étaient donc pas toujours le temps qui embellissait les souvenirs et produisait l’es navrant « c’était -mieux-avent ». Les choses changeaient aussi. Et pas toujours en bien.

▪️On ne choisit jamais tout à fait. Un jour, un lieu vous saisit.

▪️Il arrive parfois dans la vie que les gens sur lesquels nous comptons le moins nous rendent un fier service, alors que ceux qui semblent les plus fiables se révèlent incapables du moindre coup de pouce.

▪️Si stava meglio quando si stava peggio.

▪️ « On est vraiment bien ici. » […] « Tu serais devenu sentimental? » J’étais juste content d’avoir trouvé un petitport solide sur cet océan déchaîné, […]. Une terre rassurante ou je pouvais faire la paix avec moi-même.

▪️… cette maison où j’ai passé une partie de mon enfance. Jamais je n’aurais pensé y revenir. Les souvenirs que j’en garde ne sont pas toujours joyeux ; c’est aussi une maison hantée par des secrets. Mais je sais qu’il faut parfois revenir sur les lieux de son passé et ouvrir les armoires pour faire la paix avec soi-même.

Note: 5/5

Éditions des Équateurs, 2019, 398p.

MARION MCGUINNESS « LE TOUR DU MONDE DU BONHEUR »

Quatrième de couverture

Du Japon au Chili, de la Nouvelle-Zélande à la Scandinavie, partez à la découverte des secrets des gens heureux!

Dans toutes les langues et cultures du monde, des mots sont utilisés pour définir des concepts parfois complexes. En quelques syllabes, des arts de vivre, des visions du bonheur ou la façon d’y parvenir sont ainsi « décodés ». Derrière chaque mot, tout un univers de valeurs, d’histoires et de modes de vie jaillit.

Le bonheur ne se définit ainsi pas de la même façon au Danemark ou au Japon, et les valeurs clés pour être heureux ne sont pas les mêmes non plus. Chacun construit son bonheur à partir du contexte dans lequel il naît, mais aussi de son identité profonde. Mais ce qui reste universel, c’est notre quête du bonheur, sous toutes ses formes – et ses mots !

Cet ouvrage est une fenêtre ouverte sur le monde entier, sur différents regards et cultures. Découvrez 44 concepts, des plus connus (Hygge, Lagom, Ikigaï…) aux plus confidentiels, pour avoir une vision globale et bigarrée du bonheur. Composez votre propre recette en piochant ce qui vous « parle » le plus, ce qui résonne le plus en vous et vous aide à construire votre chemin du bonheur.

L’auteur

Spécialiste en développement personnel, Marion McGuinness est autrice, traductrice et lectrice en langue anglaise depuis plusieurs années. Elle est notamment la traductrice de « Livre du Hygge » et du « Livre du Lykke », de Meik Wiking , che First Éditions (2016 & 2017) et du « Petit Livre de l’Ikigaï » de Ken Mogi (Mazarine/Fayard, 2018)

Mon avis

Un voyage à la découverte de tous les bonheurs du monde.

Des mots, des citations, des photos, des portraits de chercheurs de bonheur et des curiosités pour décliner un bonheur multiple et varié.

Hygge, Hakuna Matata, Serendipity, Accords toltèques, Ikigaï, Ho’oponopono, Slow Life….

Arts de vivre, pratiques ancestrales, concepts culturels, théories modernes, croyances, philosophies…

Le bonheur est tantôt bruyant, tantôt silencieux; il se vit au milieu de la foule, ou seul dans la nature.

Mais le lien universel est cette quête du bonheur commune à tous…

Un livre merveilleux à la fois instructif et inspirant … À lire d’une traite ou à laisser traîner sur une table pour y picorer quelques moments de sérénité au hasard d’une page!

Une superbe idée de cadeau à l’approche des fêtes!

Extraits

▪️Serendipité. Rechercher quelque chose, trouver autre chose et réaliser que ce que vous avez trouvé convient mieux à vos besoins que ce que vous pensiez rechercher. Lawrence Block

▪️Le mot « ikigaï signifie littéralement « raison de vivre ( iki veut dire vivre et gaï, raison) c’ est cette force intérieure, immuable et puissante, qui nous pousse à avancer et nous lever chaque matin. p.89

▪️Le sentiment d’être à sa place , comme à la maison. La sensation d’être en sécurité, protégé du monde, et de pouvoir enfin baisser sa garde. Meik Wiking

▪️Sois reconnaissant envers les gens qui te rendent heureux. Ils sont les jardiniers qui font fleurir ton âme. Marcel Proust

▪️Le bonheur n’est pas un état « stable »: il est normal de ressentir des émotions différentes, aussi bien la joie que la tristesse, et surtout, le bonheur n’est pas posé quelque part immobile. Non, il faut vivre et bouger pour le ressentir – le bonheur est vivant, c’est une aventure. Il doit se « travailler »

▪️ »Lagom är bästl » Proverbe suédois signifiant « Le juste milieu, c’est ce qu’il y a de mieux!  »

Lien (vers la chronique du premier roman de Marion McGuinness):

https://abookisalwaysagoodidea.com/2019/07/09/marion-mcguinness-egarer-la-tristesse/

Éditions De Boeck Supérieur, 2019, 192 p.

Lydie Salvayre « Sept femmes » [Extraits]

▪️Car il fallait qu’elles fussent folles ces femmes pour affirmer leur volonté présomptueuse d’écrire dans un milieu littéraire essentiellement gouverné par les hommes. Car il fallait qu’elles fussent folles pour s’écarter aussi résolument, dans leurs romans ou leurs poèmes, de la voie commune, pour creuser d’aussi dangereuses corniches, pour impatienter leur temps ou le devancer comme elles le firent, et endurer en conséquence les blâmes, les réproba­tions, les excommunications, ou pire l’ignorance d’une société que, sans le vouloir ou le voulant, elles dérangeaient. p.8

▪️Je relus, il y a un an, tous leurs livres. Je traversais une période sombre. Le goût d’écrire m’avait quittée. Mais je gardais celui de lire. Il me fallait de l’air, du vif. Ces lectures me l’apportèrent. Je vécus avec elles, m’endormis avec elles. Je les rêvais. Certain jour, un seul vers de Plath suffisait à m’occuper l’esprit. La perfection est atroce, me répétais-je, elle ne peut pas avoir d’enfant. Le lendemain, j’avalais d’un trait les trois cent dix-sept pages du roman de Woolf Orlando, dans un bonheur presque parfait

▪️… j’inventais leur œuvre, tout lecteur, je crois, fait cela. p.9

▪️Écrire, pour ces femmes, ne connaissaient d’ autre autorité que celle de vivre. Et vivre sans écrire revenait à mourir. p. 11

▪️Parfois, le livre ouvert sur sa poitrine, elle (Emily Brontë) s’interrompt de lire comme le font tous les lecteurs du monde et parcourt « El mundo por de dentro « , comme aurait dit Quevedo, à la poursuite d’un songe, ou d’une image, ou de rien, ou d’une histoire pleine de bruits ou de rebonds… p.33-34

▪️Elle (Emily Brontë) ne saura jamais qu’un écrivain nommé Georges Bataille désignera , un siècle après, « Les hauts de Hurlevent » comme le plus grand roman d’amour de tous les temps. p.48-49

▪️il arrive que les grands événements d’une vie se produisent en un instant. p.85

▪️… puisque écrire ne conduit qu’à écrire.

▪️Elle (Marina Tsvetaeva) disait qu’elle était condamnée aux mots […] condamnée à vouloir l’impossible qui émane du domaine des mots. Elle disait qu’elle ne tenait pas la plume, que c’était la plume qui la tenait. p.136

▪️Correspondance d’âme à âme, de rêve à rêve. […] Lieu de la plus haute amitié. D’une parole partagée entre deux etres qui d’emblée se reconnaissent. Où chacun, dans sa tentative de cerner l’art poétique de l’autre avec cette intuitions ceux-là qui aiment et qui admirent, livre dans un mouvement quelque chose de soi. p.149

▪️Car Tsvetaeva a besoin pour écrire d’entendre à son oreille battre le cœur d’un autre, besoin que ses poèmes soient lus par d’autres et qu’ils résonnent en d’autres. p.162

▪️Un écrivain est une oreille. Rien d’autre. Un écrivain, comme le cœur et les marées, pour le dire autrement, un écrivain à son rythme intérieur. Et s’il n’end pas son rythme intérieur, il n’est pas écrivain. C’est aussi simple, et aussi implacable. Le rythme est l’écrivain. p.196

▪️Un auteur aimé vous amène vers ses livres aimés, lesquels vous amènent vers d’autres livres aimés, et ainsi infiniment jusqu’à la fin des jours, formant ce livre immense, inépuisable, toujours inachevé, qui est en nous comme un cœur vivant, immatériel mais vivant. p.208

▪️Elle (Ingeborg Bachmann) dit qu’elle déteste la littérature lorsque la littérature n’est qu’une parure de cheminée. Elle veut que la littérature exerce une influence sur la réalité. Elle le croit. Elle veut le croire… p.209

▪️Paul Celan: « Le poème peut être une bouteille jetée à la mer, abandonnée à l’espoir, certes fragile, qu’elle pourra un jour être recueillie sur quelque plage, sur la plage du cœur.

Lydie Salvayre « Sept femmes », Points, 2014

(Photos: Midis de la Poésie du 7 novembre 2019 au Théâtre National, Bruxelles)

ALEX RIVA « VOUS ALLEZ DIRE QUE ÇA NE ME REGARDE PAS »

Quatrième de couverture

Depuis le décès de Jeanne, son épouse, Pierre a fait du «Café Saint-Honoré» sa deuxième maison. Non content d’y observer les clients, ce psychiatre à la retraite aime prendre la liberté de leur apporter son assistance affective, comme il la qualifie, après les avoir abordés avec son habituel « vous allez dire que ça ne me regarde pas… ». Être à l’écoute, prodiguer des conseils, mettre des mots sur les maux, tel est son credo pour aider ceux qui retiennent son attention.Mais l’arrivée chez lui de sa petite-fille Léa, la rencontre avec Anna, une fausse inconnue, et la relation compliquée qu’il entretient avec Antoine, son fils cadet, vont mettre à mal son nouvel équilibre de vie.À force de se mêler de ce qui ne le regarde pas et de vouloir tout comprendre, Pierre va apprendre à ses dépens que la vie rattrape parfois ceux qui pensent bien la connaître… La découverte d’un carnet sera-t-elle la clé qui lui permettra de pousser les portes de sa propre histoire?

L’auteur

Alex Riva travaille à son compte dans le domaine de la communication. Elle aime analyser avec humour et lucidité les rapports entre les êtres humains. Après le succès de la trilogie « Les femmes formidables », ce quatrième roman amène le lecteur à se poser des questions essentielles pour éclairer sa propre vie.

Mon avis

Pierre, un psychiatre à la retraite fréquente le « Café Saint-Honoré ». Il est veuf et prodigue des conseils aux clients du café en commençant par cette petite phrase: « Je sais bien que ça ne me regarde pas ». « Une assistance affective » faite de bienveillance, d’écoute et de mots… En douceur, il aime aider ses semblables, que ce soit dans ce café parisien ou dans une association d’alphabétisation où il est bénévole.

Alors que sa petite-fille s’installe chez lui et mouvemente son quotidien, une découverte bouleversera sa vie et redessinera sa propre histoire. Des carnets…

Une histoire touchante, des personnages très attachants; dans leurs fragilités et leurs questionnements. Et des relations humaines faites de sentiments, d’émotions et de secrets.

Il y quelque chose de chaleureux et de bienveillant dans ce roman: un coup de coeur!

Extraits

▪️ »Pardonne-moi »

Pierre n’arrivait pas à détacher ses yeux de ces deux mots. Ces deux mots posés au bas de la lettre qu’il tenait entre ses mains. Désemparé et impuissant, il assistait à une réécriture de sa vie.

▪️On cherche tous à un moment ou un autre a réparer nos blessures du passé.

▪️Qui sait ce qui l’attendait? Mais vous allez me dire que ça ne nous regarde pas…

Note: 5/5

alexriva.fr, 2019, 312 p.

CLARISSE SABARD « LA VIE A PLUS D’IMAGINATION QUE NOUS »

Quatrième de couverture

Après sa récente rupture avec Clément, Léna redoute une nouvelle fois les vacances de Noël dans sa famille quelque peu agitée. Mais elle n’imaginait pas avoir affaire à un nouveau cataclysme! Cette fois, c’est son père qui fait des siennes: une semaine avant Noël, la voilà forcée d’aller le chercher à l’hôpital, car il a été ramassé ivre mort devant la grille du cimetière de Vallenot… Qu’est-ce qui lui a pris? Et pourquoi a-t-il rompu avec sa dernière conquête?

Et comme si cela ne suffisait pas, sa mère a décidé de la recaser avec Clément, Mamie Jacotte l’a inscrite en secret sur un site de rencontres et son oncle Xavier a invité un SDF pour les fêtes… Cette année encore, les vacances ne s’annoncent pas de tout repos.

Heureusement qu’il y aura la neige, le chocolat chaud, le marché de Noël et les traditionnelles décorations au programme!

«CLARISSE SABARD A LE POUVOIR D’ENFERMER LE LECTEUR DANS UNE BULLE DE BIEN-ÊTRE DONT ON A DU MAL À SORTIR.» Élodie, du blog « Au Chapitre »

L’auteur

Clarisse Sabard est née en 1984 dans une petite ville située en plein cœur du Berry. Après un bac littéraire, elle s’oriente vers le commerce. Un AVC la rattrape et elle décide de réaliser enfin son rêve: écrire. Passionnée de littérature et de voyages, elle vit aujourd’hui à Nice et se consacre à l’écriture.

Son premier roman « Les Lettres de Rose », a reçu le Prix du Livre Romantique 2016.

Elle est également l’auteure de « La Plage de la mariée », du « Jardin de l’oubli », de « Ceux qui voulaient voir la mer », ainsi que d’une première comédie de Noël, « La Vie est belle et drôle à la fois ».

Mon avis

« Les mots sont délicats à poser sur des blessures, et il arrive parfois qu’au lieu de les cicatriser, ils les rouvrent. »Quand elle rentre passer les vacances de Noël en famille, Léna ne s’imagine pas que celles-ci seront aussi mouvementées et agitées. Séparée depuis quelques mois de son amoureux, Clément, elle souffre encore de cette rupture. Et son père, dont l’existence est jalonnée de coups de théâtre, la préoccupe énormément… De rebondissement en rebondissement, de secret de famille en secret de famille, d’émotions en émotions, elle vivra une folle semaine auprès des siens et apprendra à laisser ses certitudes de côté. Un Noël plein de surprises et de révélations… Un livre qui réchauffe le cœur comme les fêtes de Noel réchauffent le coeur. La neige , le chocolat chaud , un sapin qu’on décore…, une famille… Une famille ses blessures et ses chagrins, ses secrets, ses révélations, ses problèmes… Des personnages bienveillants auxquels on s’attache. Un agréable moment de lecture.

Extraits

▪️Il n’y a rien de plus trompeur que les souvenirs. S’ils surviennent avec une apparence doucereuse, des centaines de griffes acérées se cachent sous leur surface. Elles sont là pour nous lacérer lentement le cœur en nous rappelant qu’il ne tenait qu’à nous de savourer ces instants à la beauté si parfaite.

▪️… même sous les nuages les plus sombres réside la lumière. Après les drames, il renaît toujours quelque chose de plus fort. L’espoir, l’amour, la vie dans toute sa splendeur.

▪️ La vie est un intarissable nid à emmerdes. Mais que veux-tu! Une fois qu’on est mère, c’est à vie.

▪️La vie a quand même un sens de l’humour parti- culier. Elle devrait s’écrire au crayon de papier pour qu’on puisse en gommer tous les ratés, ce serait bien moins compliqué.

▪️Les mots sont délicats à poser sur des blessures, et il arrive parfois qu’au lieu de les cicatriser, ils les rouvrent.

▪️La poésie, Catherine, ce n’est rien d’autre que des mots que l’on pose pour apaiser un peu le vacarme quand la vie devient trop facétieuse.

▪️Les blessures ont deux pouvoirs : nous détruire ou nous construire. C’est nous qui choisissons de les apprivoiser ou non. Même si cela ne se fait pas en un jour.

▪️À cet instant, je sais que la vie peut devenir une joie, si c’est ce que l’on décide d’en faire. Une joie contagieuse, une joie qui se donne, entière. Une joie dessinée par des cœurs bienveillants. Parce qu’au- delà des peines et des douleurs, la vie est belle et drôle à la fois.

Note: 5/5

Éditions Charleston, 2019, 304 p.

NATHALIE AFLALO « C’EST UNE CHANSON QUI NOUS RESSEMBLE »

Quatrième de couverture

Ça se passe à Paris et à Lyon, mais aussi à Göteborg, à Amsterdam, à Romans.

Ça se passe maintenant. Et il y a vingt-cinq ans.

Le tourbillon de la vie, des destins croisés.

Un roman choral où l’on fait la connaissance de Nathan, Charlotte, Raphaël, Valérie, Suzanne, Arnaud… et de plein d’autres personnages comme au cinéma .

Des enfants, un chien, et même un chat.

Des retrouvailles, des rencontres, des hasards, la quête de soi et du bonheur, de l’amour, de l’amitié, des choix, des déceptions, des chagrins, des rires, de la manipulation, du courage, des secondes chances, de la résilience, de la bonne bouffe, du vin, des plantes, du running, et du yoga.

Et beaucoup de musique…

L’auteur

Nathalie Aflalo est née et a grandi à Paris. Après avoir vécu mille vies, habité aux États-Unis et en Italie, dessiné et édité pendant près de 15 ans des tissus, elle a choisi de poser ses valises à Lyon avec ses trois filles et son chien. C’est une chanson qui nous ressemble est son premier roman.

Mon avis

Et vous que feriez-vous si votre premier amour réapparaissait dans votre vie? Oseriez-vous quitter la banquise pour le volcan?

Ils se sont aimés, ils se sont quittés, il y a longtemps!

Chacun a construit sa famille: un mari, une femme, des enfants.

Et puis un jour, ils se retrouvent! Et le destin fait bouger toutes les lignes d’horizon …

Un roman comme la vie! Des destins qui s’entrecroisent au rythme d’une chanson. Des rencontres, des retrouvailles. Les joies, les chagrins, les hésitations et les élans d’une génération. Des êtres qui se perdent parfois en route, mais restent toujours à la recherche du bonheur. Des êtres et des chansons qui nous ressemblent. Des personnages touchants et attachants. Et la musique qui donne l’atmosphère et le rythme au roman. Une très agréable lecture.

Extraits

▪️Il sortit le reste des bouquins qu’il avait pris chez sa grand-mère. Des livres de poche aux pages cornées, aux couvertures abîmées, dont les couleurs étaient fanées. Des trésors inestimables à ses yeux. Le papier était jauni, et ils avaient cette odeur particulière de moisi et de vieux qui l’emporta instantanément dans un voyage spatio-temporel.

▪️Peut-on se laver de sa tristesse ?

▪️Nathan avait toujours pensé que les hasards de la vie constituaient autant de clins d’œil du destin auxquels il fallait prêter attention.

▪️Mais souvent, le rire est seulement l’expression du bonheur de se trouver ensemble.

▪️Il retrouvait le bonheur des joutes verbales épistolaires avec Charlotte. Il avait oublié son sens de la repartie et éprouvait du plaisir à choisir les mots, à les polir comme des pierres précieuses, à se réapproprier ce goût de l’écriture qu’il affectionnait plus jeune, et qu’il avait petit à petit abandonné.

▪️Se détacher de tout. Sentir chaque pensée comme un wagon rattaché à d’autres. Rester sur le quai. Les regarder défiler. Pas de passé, ni de futur, la chaleur l’envahit, elle était ici et maintenant, ressentant une gratitude infinie pour la plus petite des particules qui l’entourait.

▪️En quoi consiste la différence entre être amoureux et aimer? Peut-être une forme de passion qui consume en détruisant tout sur son passage? Aimer, c’est s’inscrire dans la durée, c’est se sentir à sa place.

Nathalie Aflalo, 2019.