MARION MCGUINNESS « LE TOUR DU MONDE DU BONHEUR »

Quatrième de couverture

Du Japon au Chili, de la Nouvelle-Zélande à la Scandinavie, partez à la découverte des secrets des gens heureux!

Dans toutes les langues et cultures du monde, des mots sont utilisés pour définir des concepts parfois complexes. En quelques syllabes, des arts de vivre, des visions du bonheur ou la façon d’y parvenir sont ainsi « décodés ». Derrière chaque mot, tout un univers de valeurs, d’histoires et de modes de vie jaillit.

Le bonheur ne se définit ainsi pas de la même façon au Danemark ou au Japon, et les valeurs clés pour être heureux ne sont pas les mêmes non plus. Chacun construit son bonheur à partir du contexte dans lequel il naît, mais aussi de son identité profonde. Mais ce qui reste universel, c’est notre quête du bonheur, sous toutes ses formes – et ses mots !

Cet ouvrage est une fenêtre ouverte sur le monde entier, sur différents regards et cultures. Découvrez 44 concepts, des plus connus (Hygge, Lagom, Ikigaï…) aux plus confidentiels, pour avoir une vision globale et bigarrée du bonheur. Composez votre propre recette en piochant ce qui vous « parle » le plus, ce qui résonne le plus en vous et vous aide à construire votre chemin du bonheur.

L’auteur

Spécialiste en développement personnel, Marion McGuinness est autrice, traductrice et lectrice en langue anglaise depuis plusieurs années. Elle est notamment la traductrice de « Livre du Hygge » et du « Livre du Lykke », de Meik Wiking , che First Éditions (2016 & 2017) et du « Petit Livre de l’Ikigaï » de Ken Mogi (Mazarine/Fayard, 2018)

Mon avis

Un voyage à la découverte de tous les bonheurs du monde.

Des mots, des citations, des photos, des portraits de chercheurs de bonheur et des curiosités pour décliner un bonheur multiple et varié.

Hygge, Hakuna Matata, Serendipity, Accords toltèques, Ikigaï, Ho’oponopono, Slow Life….

Arts de vivre, pratiques ancestrales, concepts culturels, théories modernes, croyances, philosophies…

Le bonheur est tantôt bruyant, tantôt silencieux; il se vit au milieu de la foule, ou seul dans la nature.

Mais le lien universel est cette quête du bonheur commune à tous…

Un livre merveilleux à la fois instructif et inspirant … À lire d’une traite ou à laisser traîner sur une table pour y picorer quelques moments de sérénité au hasard d’une page!

Une superbe idée de cadeau à l’approche des fêtes!

Extraits

▪️Serendipité. Rechercher quelque chose, trouver autre chose et réaliser que ce que vous avez trouvé convient mieux à vos besoins que ce que vous pensiez rechercher. Lawrence Block

▪️Le mot « ikigaï signifie littéralement « raison de vivre ( iki veut dire vivre et gaï, raison) c’ est cette force intérieure, immuable et puissante, qui nous pousse à avancer et nous lever chaque matin. p.89

▪️Le sentiment d’être à sa place , comme à la maison. La sensation d’être en sécurité, protégé du monde, et de pouvoir enfin baisser sa garde. Meik Wiking

▪️Sois reconnaissant envers les gens qui te rendent heureux. Ils sont les jardiniers qui font fleurir ton âme. Marcel Proust

▪️Le bonheur n’est pas un état « stable »: il est normal de ressentir des émotions différentes, aussi bien la joie que la tristesse, et surtout, le bonheur n’est pas posé quelque part immobile. Non, il faut vivre et bouger pour le ressentir – le bonheur est vivant, c’est une aventure. Il doit se « travailler »

▪️ »Lagom är bästl » Proverbe suédois signifiant « Le juste milieu, c’est ce qu’il y a de mieux!  »

Lien (vers la chronique du premier roman de Marion McGuinness):

https://abookisalwaysagoodidea.com/2019/07/09/marion-mcguinness-egarer-la-tristesse/

Éditions De Boeck Supérieur, 2019, 192 p.

Lydie Salvayre « Sept femmes » [Extraits]

▪️Car il fallait qu’elles fussent folles ces femmes pour affirmer leur volonté présomptueuse d’écrire dans un milieu littéraire essentiellement gouverné par les hommes. Car il fallait qu’elles fussent folles pour s’écarter aussi résolument, dans leurs romans ou leurs poèmes, de la voie commune, pour creuser d’aussi dangereuses corniches, pour impatienter leur temps ou le devancer comme elles le firent, et endurer en conséquence les blâmes, les réproba­tions, les excommunications, ou pire l’ignorance d’une société que, sans le vouloir ou le voulant, elles dérangeaient. p.8

▪️Je relus, il y a un an, tous leurs livres. Je traversais une période sombre. Le goût d’écrire m’avait quittée. Mais je gardais celui de lire. Il me fallait de l’air, du vif. Ces lectures me l’apportèrent. Je vécus avec elles, m’endormis avec elles. Je les rêvais. Certain jour, un seul vers de Plath suffisait à m’occuper l’esprit. La perfection est atroce, me répétais-je, elle ne peut pas avoir d’enfant. Le lendemain, j’avalais d’un trait les trois cent dix-sept pages du roman de Woolf Orlando, dans un bonheur presque parfait

▪️… j’inventais leur œuvre, tout lecteur, je crois, fait cela. p.9

▪️Écrire, pour ces femmes, ne connaissaient d’ autre autorité que celle de vivre. Et vivre sans écrire revenait à mourir. p. 11

▪️Parfois, le livre ouvert sur sa poitrine, elle (Emily Brontë) s’interrompt de lire comme le font tous les lecteurs du monde et parcourt « El mundo por de dentro « , comme aurait dit Quevedo, à la poursuite d’un songe, ou d’une image, ou de rien, ou d’une histoire pleine de bruits ou de rebonds… p.33-34

▪️Elle (Emily Brontë) ne saura jamais qu’un écrivain nommé Georges Bataille désignera , un siècle après, « Les hauts de Hurlevent » comme le plus grand roman d’amour de tous les temps. p.48-49

▪️il arrive que les grands événements d’une vie se produisent en un instant. p.85

▪️… puisque écrire ne conduit qu’à écrire.

▪️Elle (Marina Tsvetaeva) disait qu’elle était condamnée aux mots […] condamnée à vouloir l’impossible qui émane du domaine des mots. Elle disait qu’elle ne tenait pas la plume, que c’était la plume qui la tenait. p.136

▪️Correspondance d’âme à âme, de rêve à rêve. […] Lieu de la plus haute amitié. D’une parole partagée entre deux etres qui d’emblée se reconnaissent. Où chacun, dans sa tentative de cerner l’art poétique de l’autre avec cette intuitions ceux-là qui aiment et qui admirent, livre dans un mouvement quelque chose de soi. p.149

▪️Car Tsvetaeva a besoin pour écrire d’entendre à son oreille battre le cœur d’un autre, besoin que ses poèmes soient lus par d’autres et qu’ils résonnent en d’autres. p.162

▪️Un écrivain est une oreille. Rien d’autre. Un écrivain, comme le cœur et les marées, pour le dire autrement, un écrivain à son rythme intérieur. Et s’il n’end pas son rythme intérieur, il n’est pas écrivain. C’est aussi simple, et aussi implacable. Le rythme est l’écrivain. p.196

▪️Un auteur aimé vous amène vers ses livres aimés, lesquels vous amènent vers d’autres livres aimés, et ainsi infiniment jusqu’à la fin des jours, formant ce livre immense, inépuisable, toujours inachevé, qui est en nous comme un cœur vivant, immatériel mais vivant. p.208

▪️Elle (Ingeborg Bachmann) dit qu’elle déteste la littérature lorsque la littérature n’est qu’une parure de cheminée. Elle veut que la littérature exerce une influence sur la réalité. Elle le croit. Elle veut le croire… p.209

▪️Paul Celan: « Le poème peut être une bouteille jetée à la mer, abandonnée à l’espoir, certes fragile, qu’elle pourra un jour être recueillie sur quelque plage, sur la plage du cœur.

Lydie Salvayre « Sept femmes », Points, 2014

(Photos: Midis de la Poésie du 7 novembre 2019 au Théâtre National, Bruxelles)

ALEX RIVA « VOUS ALLEZ DIRE QUE ÇA NE ME REGARDE PAS »

Quatrième de couverture

Depuis le décès de Jeanne, son épouse, Pierre a fait du «Café Saint-Honoré» sa deuxième maison. Non content d’y observer les clients, ce psychiatre à la retraite aime prendre la liberté de leur apporter son assistance affective, comme il la qualifie, après les avoir abordés avec son habituel « vous allez dire que ça ne me regarde pas… ». Être à l’écoute, prodiguer des conseils, mettre des mots sur les maux, tel est son credo pour aider ceux qui retiennent son attention.Mais l’arrivée chez lui de sa petite-fille Léa, la rencontre avec Anna, une fausse inconnue, et la relation compliquée qu’il entretient avec Antoine, son fils cadet, vont mettre à mal son nouvel équilibre de vie.À force de se mêler de ce qui ne le regarde pas et de vouloir tout comprendre, Pierre va apprendre à ses dépens que la vie rattrape parfois ceux qui pensent bien la connaître… La découverte d’un carnet sera-t-elle la clé qui lui permettra de pousser les portes de sa propre histoire?

L’auteur

Alex Riva travaille à son compte dans le domaine de la communication. Elle aime analyser avec humour et lucidité les rapports entre les êtres humains. Après le succès de la trilogie « Les femmes formidables », ce quatrième roman amène le lecteur à se poser des questions essentielles pour éclairer sa propre vie.

Mon avis

Pierre, un psychiatre à la retraite fréquente le « Café Saint-Honoré ». Il est veuf et prodigue des conseils aux clients du café en commençant par cette petite phrase: « Je sais bien que ça ne me regarde pas ». « Une assistance affective » faite de bienveillance, d’écoute et de mots… En douceur, il aime aider ses semblables, que ce soit dans ce café parisien ou dans une association d’alphabétisation où il est bénévole.

Alors que sa petite-fille s’installe chez lui et mouvemente son quotidien, une découverte bouleversera sa vie et redessinera sa propre histoire. Des carnets…

Une histoire touchante, des personnages très attachants; dans leurs fragilités et leurs questionnements. Et des relations humaines faites de sentiments, d’émotions et de secrets.

Il y quelque chose de chaleureux et de bienveillant dans ce roman: un coup de coeur!

Extraits

▪️ »Pardonne-moi »

Pierre n’arrivait pas à détacher ses yeux de ces deux mots. Ces deux mots posés au bas de la lettre qu’il tenait entre ses mains. Désemparé et impuissant, il assistait à une réécriture de sa vie.

▪️On cherche tous à un moment ou un autre a réparer nos blessures du passé.

▪️Qui sait ce qui l’attendait? Mais vous allez me dire que ça ne nous regarde pas…

Note: 5/5

alexriva.fr, 2019, 312 p.

CLARISSE SABARD « LA VIE A PLUS D’IMAGINATION QUE NOUS »

Quatrième de couverture

Après sa récente rupture avec Clément, Léna redoute une nouvelle fois les vacances de Noël dans sa famille quelque peu agitée. Mais elle n’imaginait pas avoir affaire à un nouveau cataclysme! Cette fois, c’est son père qui fait des siennes: une semaine avant Noël, la voilà forcée d’aller le chercher à l’hôpital, car il a été ramassé ivre mort devant la grille du cimetière de Vallenot… Qu’est-ce qui lui a pris? Et pourquoi a-t-il rompu avec sa dernière conquête?

Et comme si cela ne suffisait pas, sa mère a décidé de la recaser avec Clément, Mamie Jacotte l’a inscrite en secret sur un site de rencontres et son oncle Xavier a invité un SDF pour les fêtes… Cette année encore, les vacances ne s’annoncent pas de tout repos.

Heureusement qu’il y aura la neige, le chocolat chaud, le marché de Noël et les traditionnelles décorations au programme!

«CLARISSE SABARD A LE POUVOIR D’ENFERMER LE LECTEUR DANS UNE BULLE DE BIEN-ÊTRE DONT ON A DU MAL À SORTIR.» Élodie, du blog « Au Chapitre »

L’auteur

Clarisse Sabard est née en 1984 dans une petite ville située en plein cœur du Berry. Après un bac littéraire, elle s’oriente vers le commerce. Un AVC la rattrape et elle décide de réaliser enfin son rêve: écrire. Passionnée de littérature et de voyages, elle vit aujourd’hui à Nice et se consacre à l’écriture.

Son premier roman « Les Lettres de Rose », a reçu le Prix du Livre Romantique 2016.

Elle est également l’auteure de « La Plage de la mariée », du « Jardin de l’oubli », de « Ceux qui voulaient voir la mer », ainsi que d’une première comédie de Noël, « La Vie est belle et drôle à la fois ».

Mon avis

« Les mots sont délicats à poser sur des blessures, et il arrive parfois qu’au lieu de les cicatriser, ils les rouvrent. »Quand elle rentre passer les vacances de Noël en famille, Léna ne s’imagine pas que celles-ci seront aussi mouvementées et agitées. Séparée depuis quelques mois de son amoureux, Clément, elle souffre encore de cette rupture. Et son père, dont l’existence est jalonnée de coups de théâtre, la préoccupe énormément… De rebondissement en rebondissement, de secret de famille en secret de famille, d’émotions en émotions, elle vivra une folle semaine auprès des siens et apprendra à laisser ses certitudes de côté. Un Noël plein de surprises et de révélations… Un livre qui réchauffe le cœur comme les fêtes de Noel réchauffent le coeur. La neige , le chocolat chaud , un sapin qu’on décore…, une famille… Une famille ses blessures et ses chagrins, ses secrets, ses révélations, ses problèmes… Des personnages bienveillants auxquels on s’attache. Un agréable moment de lecture.

Extraits

▪️Il n’y a rien de plus trompeur que les souvenirs. S’ils surviennent avec une apparence doucereuse, des centaines de griffes acérées se cachent sous leur surface. Elles sont là pour nous lacérer lentement le cœur en nous rappelant qu’il ne tenait qu’à nous de savourer ces instants à la beauté si parfaite.

▪️… même sous les nuages les plus sombres réside la lumière. Après les drames, il renaît toujours quelque chose de plus fort. L’espoir, l’amour, la vie dans toute sa splendeur.

▪️ La vie est un intarissable nid à emmerdes. Mais que veux-tu! Une fois qu’on est mère, c’est à vie.

▪️La vie a quand même un sens de l’humour parti- culier. Elle devrait s’écrire au crayon de papier pour qu’on puisse en gommer tous les ratés, ce serait bien moins compliqué.

▪️Les mots sont délicats à poser sur des blessures, et il arrive parfois qu’au lieu de les cicatriser, ils les rouvrent.

▪️La poésie, Catherine, ce n’est rien d’autre que des mots que l’on pose pour apaiser un peu le vacarme quand la vie devient trop facétieuse.

▪️Les blessures ont deux pouvoirs : nous détruire ou nous construire. C’est nous qui choisissons de les apprivoiser ou non. Même si cela ne se fait pas en un jour.

▪️À cet instant, je sais que la vie peut devenir une joie, si c’est ce que l’on décide d’en faire. Une joie contagieuse, une joie qui se donne, entière. Une joie dessinée par des cœurs bienveillants. Parce qu’au- delà des peines et des douleurs, la vie est belle et drôle à la fois.

Note: 5/5

Éditions Charleston, 2019, 304 p.

NATHALIE AFLALO « C’EST UNE CHANSON QUI NOUS RESSEMBLE »

Quatrième de couverture

Ça se passe à Paris et à Lyon, mais aussi à Göteborg, à Amsterdam, à Romans.

Ça se passe maintenant. Et il y a vingt-cinq ans.

Le tourbillon de la vie, des destins croisés.

Un roman choral où l’on fait la connaissance de Nathan, Charlotte, Raphaël, Valérie, Suzanne, Arnaud… et de plein d’autres personnages comme au cinéma .

Des enfants, un chien, et même un chat.

Des retrouvailles, des rencontres, des hasards, la quête de soi et du bonheur, de l’amour, de l’amitié, des choix, des déceptions, des chagrins, des rires, de la manipulation, du courage, des secondes chances, de la résilience, de la bonne bouffe, du vin, des plantes, du running, et du yoga.

Et beaucoup de musique…

L’auteur

Nathalie Aflalo est née et a grandi à Paris. Après avoir vécu mille vies, habité aux États-Unis et en Italie, dessiné et édité pendant près de 15 ans des tissus, elle a choisi de poser ses valises à Lyon avec ses trois filles et son chien. C’est une chanson qui nous ressemble est son premier roman.

Mon avis

Et vous que feriez-vous si votre premier amour réapparaissait dans votre vie? Oseriez-vous quitter la banquise pour le volcan?

Ils se sont aimés, ils se sont quittés, il y a longtemps!

Chacun a construit sa famille: un mari, une femme, des enfants.

Et puis un jour, ils se retrouvent! Et le destin fait bouger toutes les lignes d’horizon …

Un roman comme la vie! Des destins qui s’entrecroisent au rythme d’une chanson. Des rencontres, des retrouvailles. Les joies, les chagrins, les hésitations et les élans d’une génération. Des êtres qui se perdent parfois en route, mais restent toujours à la recherche du bonheur. Des êtres et des chansons qui nous ressemblent. Des personnages touchants et attachants. Et la musique qui donne l’atmosphère et le rythme au roman. Une très agréable lecture.

Extraits

▪️Il sortit le reste des bouquins qu’il avait pris chez sa grand-mère. Des livres de poche aux pages cornées, aux couvertures abîmées, dont les couleurs étaient fanées. Des trésors inestimables à ses yeux. Le papier était jauni, et ils avaient cette odeur particulière de moisi et de vieux qui l’emporta instantanément dans un voyage spatio-temporel.

▪️Peut-on se laver de sa tristesse ?

▪️Nathan avait toujours pensé que les hasards de la vie constituaient autant de clins d’œil du destin auxquels il fallait prêter attention.

▪️Mais souvent, le rire est seulement l’expression du bonheur de se trouver ensemble.

▪️Il retrouvait le bonheur des joutes verbales épistolaires avec Charlotte. Il avait oublié son sens de la repartie et éprouvait du plaisir à choisir les mots, à les polir comme des pierres précieuses, à se réapproprier ce goût de l’écriture qu’il affectionnait plus jeune, et qu’il avait petit à petit abandonné.

▪️Se détacher de tout. Sentir chaque pensée comme un wagon rattaché à d’autres. Rester sur le quai. Les regarder défiler. Pas de passé, ni de futur, la chaleur l’envahit, elle était ici et maintenant, ressentant une gratitude infinie pour la plus petite des particules qui l’entourait.

▪️En quoi consiste la différence entre être amoureux et aimer? Peut-être une forme de passion qui consume en détruisant tout sur son passage? Aimer, c’est s’inscrire dans la durée, c’est se sentir à sa place.

Nathalie Aflalo, 2019.

DOMINIQUE BARBÉRIS « UN DIMANCHE À VILLE-D’AVRAY »

Quatrième de couverture

« En fait, a murmuré ma sœur sans me regarder, j’ai pensé à quelqu’un. J’ai fait une rencontre, il y a des années, je ne te l’ai jamais dit ? Il m’est arrivé quelque chose. Une rencontre! Le mot est tombé bizarrement avec l’ombre. J’ai arrêté tout net de fredonner. Je me rappelais la formule de maman: « Va voir ce que ta sœur fabrique. » En réalité, sur certains points, Claire Marie me fait penser à ces canards qui ont l’air de glisser sur l’eau (un glissement d’objets immobiles) mais leurs pattes remuent sous la surface à toute allure. »

Deux soeurs se retrouvent à Ville-d’Avray, un dimanche alors que fléchit la lumière. L’une révèle à l’autre son errance avec un inconnu : une brève histoire, inquiète et trouble comme les eaux des étangs tout proches, mystérieuse et violente comme notre insatiable besoin de romanesque.

L’auteur

Dominique Barbéris est une romancière française. Elle enseigne à Sorbonne-Université et y anime des ateliers d’écriture. Son premier livre La Ville a été publié chez Arléa en 1996. Ses huit autres livres sont chez Gallimard : Les Kangourous a été adapté à l’écran en 2005 par Anne Fontaine sous le titre « Entre ses mains ». « Quelque chose à cacher » a eu le Prix des Deux Magots et le Prix de la Ville de Nantes en 2008. Et « L’Année de l’éducation sentimentale » le Prix Jean-Freustié / Fondation de France en 2018.

Mon avis

C’est la fin de l’été. Un dimanche de septembre, à la frontière entre l’automne et l’été. Deux soeurs s’installent dans le jardin d’un pavillon de Ville-d’Avray; les ombres, un certain malaise, un jus de fruit et des verres, une conversation, ou plutôt un aveu, un aveu dans un murmure: une rencontre quelques années plus tôt, une brève histoire curieuse et troublante …

Comme un vieux film en noir et blanc, ce livre évoque les souvenirs, la mélancolie des dimanches après-midi, les amours littéraires de la jeunesse, le hasard des rencontres, le besoin d’un peu de romanesque dans la vie. Une atmosphère traverse le roman: un peu Modiano, un peu Simenon. Une pépite!

Extraits

▪️Nous avions réclamé le livre et le lisions, le soir, au lit, la lumière éteinte, nous brodions sur le scénario, inventions des épisodes qui nous ravissaient et nous faisaient peur.

▪️C’est ainsi, la vie; on essayait de porter vaillamment ses rêves ou ceux des autres.

▪️… peut-être que cette tristesse , nous la partage tous, cette tristesse qu’on sent quand les choses ferment, quand elles finissent

▪️En fait, a murmuré ma sœur sans me regarder, j’ai pensé à quelqu’un. J’ai fait une rencontre, il y a des années, je ne te l’ai jamais dit ? Il m’est arrivé quelque chose. Une rencontre! Le mot est tombé bizarrement avec l’ombre. J’ai arrêté tout net de fredonner. Je me rappelais la formule de maman: « Va voir ce que ta sœur fabrique. » En réalité, sur certains points, Claire Marie me fait penser à ces canards qui ont l’air de glisser sur l’eau (un glissement d’objets immobiles) mais leurs pattes remuent sous la surface à toute allure.

▪️… l’arbre. J’ai pensé que nos souvenirs étaient comme lui, qu’ils avaient un tronc solide et caché dans l’ombre.

▪️Le hasard, ça n’existe pas tout à fait, … on peut aider; on a la liberté de choisir.

▪️Qu’est-ce qui lui restait à attendre? Qu’est-ce qui pouvait encore advenir? Simplement que les heures « la blessent », une à une? — voilà que me revenait d’on ne sait où, de très loin, cette vieille citation latine que monsieur Jumeau nous avait traduite; une devinette inscrite sur un cadran solaire romain: « Toutes blessent, la dernière tue ». Il avait expliqué que c’étaient les heures. Enfant, j’avais été frappée par cette image de blessure. À l’époque, je n’imaginais pas qu’une blessure puisse être purement intérieure . Ou plus exactement, je ne voyais pas le temps comme une blessure.Je me suis dit: Pourtant c’est vrai; pourtant c’est juste; c’est ce qu’elles ont fait; c’est ce que les heures font au bout du compte, elles le font même si vite!

Note: 5/5 💙💙

Première sélection du Prix Goncourt 2019 et Prix Goncourt des Lycéens 2019, Première sélection du Prix Fémina

Éditions Arléa (coll. La rencontre), 2019, 128p.

JEANNE-MARIE SAUVAGE-AVIT « CÉLESTE, FILLE DE PERLINE »

Quatrième de couverture

Saint-Étienne, 1945

À la libération, Céleste a vingt ans. Alors que les scènes d’épuration se multiplient partout en France, sa vie bascule brutalement dans l’horreur lorsqu’elle est accusée à tort de liens avec l’occupant allemand. Incapable de reprendre une vie normale auprès des siens, elle part s’installer à Lyon où elle fait bientôt la connaissance d’Alexander, un jeune G.I.

Par amour pour lui, elle deviendra une « épouse américaine », une de ces femmes qui vont traverser seules l’Atlantique vers une nouvelle famille, tandis que leurs maris continuent leur progression à travers l’Europe. Mais Céleste peut-elle devenir l’épouse soumise qu’on attend d’elle dans l’Illinois puritain des années quarante ou, à l’exemple de sa cousine Claire, exigera-t-elle davantage de la vie ? Une vie de femme libre ? 

Après le best-seller Cueilleuse de thé, Jeanne-Marie Sauvage-Avit revient à ses premières amours en nous offrant un magnifique destin de femme plongée en plein cœur de l’Histoire.

L’auteur

Professeure d’histoire et de géographie à la retraite, Jeanne-Marie Sauvage-Avit a vécu ses vingt premières années à Saint-Étienne. Installée désormais dans la région de Martigues, elle partage ses loisirs entre l’écriture, le jardin et les randonnées. Elle est l’auteure du best-seller Cueilleuse de thé, qui a remporté le Prix du Livre Romantique en 2017, et de Perline, Clémence, Lucille et les autres, lauréat du Prix Femme Actuelle.

Mon avis

Accusée à tort, Céleste subit l’humiliation, en ce 22 août 1944. Traumatisée, elle se réfugie à Lyon où elle rencontre un soldat américain, blessé.

Ils s’aiment. Ils se marient, et alors qu’il reste combattre en France, elle part seule, rejoindre sa nouvelle famille américaine de l’autre côté de l’Atlantique…

De beaux portraits de femmes qui rêvent d’indépendance. Des femmes fortes et volontaires. Des femmes qui cherchent leur chemin vers l’émancipation, la liberté, dans un monde qui change, mais qui parfois leur impose encore d’épouser tel ou tel mari. Ce monde qui les voit encore trop souvent prisonnières des conventions et de la bienséance.

Au cœur du roman, une belle histoire d’amour, comme un parcours semé d’embûches… Une jolie écriture.

Extraits

▪️Ils apprirent plus à se connaître par l’écriture qu’ils ne l’avaient fait en bavardant. L’écriture a quelque chose de magique; les sentiments s’y expriment sans fausse pudeur, les anecdotes révèlent les passions et les désirs, le mot ne se cache pas derrière un geste qui pourrait l’affaiblir.

▪️La lettre ne disait rien des émotions éprouvées par la jeune fille. Comment savoir si les yeux brillent ou si les lèvres tremblent quand on n’a que des mots à lire ?

▪️L’amour est une passion friable qui ne dure qu’un temps. Il ne faut pas regretter le sentiment qui s’éloigne mais passer à autre chose, la tendresse, l’estime ou l’amitié.

▪️… le temps était un implacable consommateur de rêves et de sentiments…

▪️La haine est un sentiment dangereux, disait-il. Elle ruine la vie de celui qui s’en repaît. » Et il ajoutait : « Tiens-toi à l’écart des gens haineux. Ils pourraient te détruire. »

▪️Il n’y a pas plus léger soulagement que celui qu’on éprouve quand on a dépassé ses peurs.

Note: 4/5

Éditions Charleston, 2019, 288p.