Un jour, une citation: Jeanne Benameur

Après tout, il suffit de bien peu parfois, une couleur sur un tableau, un sourire sur une photographie, un mot dans un livre, et nous voilà atteints dans l’une de nos failles, ramenés loin, loin, là où nous ne savions même plus que nous avions vécu et éprouvé. Et nous sentons se raviver et se réparer peut-être tout à la fois ce qui fut un moment de notre vie. Alors nous nous disons Comme c’est étrange, cette histoire, ou ce paysage, cette musique, sont si loin de ma vie et pourtant c’est aussi mon histoire, ce paysage c’est moi et cette musique, aussi. Jeanne Benameur « Ceux qui partent », Actes Sud, p.37

(Photo: Bouquinerie, Bruxelles)

Un jour, une citation: Cristina Comencini

🇫🇷 Chaque vrai livre contient un mystère ignoré même de l’auteur. Celui qui lit et celui qui écrit sont liés par le même désir de le découvrir. Ils le font ensemble, sur une chemin commun, où le lecteur a l’impression d’être guidé, alors que l’écrivain ne connait ni la route ni la direction. Cristina Comencini « Matriochka »

🇮🇹 Ogni vero libro contiene un mistero ignorato anche dall’autore. Chi scrive e chi legge sono accomunati dalla stessa passione di svelarlo. Lo fanno insieme, in un cammino comune, in cui al lettore pare di essere portato, mentre lo scrittore non sa la strada né la direzione. Cristina Comencini « Matrioska »

(Photo: Home)

Un jour, une citation: Éliette Abécassis

Les ouvrages de ma librairie étaient classés par thème (….) J’en prenais un que j’ouvrais au hasard, et il apportait toujours une réponse à mes questions les plus intimes. J’avais le sentiment que quelque chose manquait à ma vie, mais je ne savais pas quoi. J’aspirais à un idéal, que je voyais dessiné, ou esquissé dans certaines œuvres, et pourtant je n’y trouvais jamais précisément les mots pour le dire. Je cherchais le livre absolu. Celui qui parle de la vie à un niveau où personne ne voit, mais que tout le monde perçoit, celui qui serait comme une porte ouverte sur l’autre monde qui existe à l’intérieur du nôtre, qui coulerait dans le sang de nos veines, pour les faire palpiter d’un souffle nouveau et leur insuffler un message vital: le livre, universel et intime, qui parviendrait à mettre les mots sur mes aspirations secrètes, mes pensées, serait un livre d’amour, de poésie, de philosophie. Éliette Abécassis « Et te voici permise à tout homme », p.36

(Photo : Librairie Nijinski, Bruxelles)