Un jour, une citation: Georges Simenon

Il y a des romans écrits par le subconscient, littéralement. On se met dans la peau d’un personnage, on ne sait pas du tout où il va nous mener. On le suit au jour le jour et ce n’est qu’au dernier chapitre qu’on sait ce qu’il lui arrive. Il doit aller jusqu’au bout de lui-même. Georges Simenon (« Conversations avec Simenon » de Francis Lacassin)

(Photo: Librairie Genicot, Bruxelles)

Un jour, une citation: Carole Martinez

Un roman n’est pas un mensonge, puisqu’il ne se présente pas comme la vérité, même s’il en donne les apparences. Il peut pourtant contenir plus de réalité qu’un témoignage, permettre de toucher à l’intime, de dire ce qui ne saurait être dit autrement. Carole Martinez « Les roses fauves » Gallimard, p.67

(Photo: Librairie Candide, Bruxelles)

Un jour, une citation: Irène Némirovsky

🇫🇷 Un roman doit ressembler à une rue pleine d’inconnus où passent deux ou trois êtres,pas davantage, que l’on connaît à fond. Regarde d’autres comme Proust, ils ont su utiliser les comparses. Ils s’en servent pour humilier, pour rapetisser leurs principaux personnages. Rien de plus salutaire dans un roman que cette leçon d’humilité donnée aux héros. Rappelle-toi, dans « Guerre et Paix »; les petites paysannes qui traversent la route en riant devant la voiture du prince André vont le voir d’abord leur parlant à elles, à leurs oreilles, et la vision du lecteur du même coup s’élève, ce n’est plus qu’un seul visage, qu’une seule âme. Il découvre la multiplicité des moules. Attends, je vais te lire ce passage, il est remarquable. Allume, lui dit-il , car la nuit est venue. Irène Némirovsky « Suite française « , Pochothèque, p.1483

🇮🇹 Un romanzo deve somigliare ad un viale pieno di sconosciuti, in cui passano solo due o tre creature che conosciamo a fondo, non di più. Prendi certi scrittori, come Proust: hanno saputo utilizzare le comparse. Se ne servono per umiliare, per sminuire i personaggi principali. Niente di più salutare in un romanzo, di questa lezioni di umiltà inflitta ai protagonisti. Pensa, in « Guerra e pace », alle contadinelle che attraversano la strada davanti alla carrozza del principe André ridendo e la prima immagine che ne hanno è quella di lui che parla con loro, alle loro orecchie; nello stesso tempo la visione del lettore si allarga, non c’è più un singolo volto, una sola anima. Si scopre la molteplicità delle forme. Irène Némirovsky, « Suite francese »

(Photo: Vieille Bourse, Lille)