Un jour, une citation: Alexandra Koszelyk

Elle engloutissait les romans à une vitesse métronomique. Les mondes de papier la rendirent épicurienne. Partout. Tout le temps. Elle lisait comme on respire. Par soif, par nécessité. Le plaisir était là aussi. Elle refermait chaque livre, comme on quitte des amis. Alexandra Koszelyk « À crier dans les ruines » Aux forges de Vulcain, p.147

(Photo : Librairie Nijinski, Bruxelles)

Un jour, une citation: Julian Barnes

Ce sont les romans qui disent le plus de vérité sur la vie : ce qu’elle est, comment nous la vivons, quel sens elle pourrait avoir, comment nous la goûtons et l’apprécions, comment elle tourne mal et comment nous la perdons. Les romans parlent à et émanent de tout ce que nous sommes – esprit, cœur, œil, sexe, peau, conscient et subconscient. Ils disent ce que c’est que d’être un individu, ce que signifie faire partie d’une société, ce que signifie être seul. Seul et pourtant en compagnie: telle est la position paradoxale du lecteur. Seul en compagnie d’un écrivain qui parle dans le silence de notre esprit. Et – autre paradoxe – cela ne fait aucune différence que cet écrivain soit vivant ou mort. Le roman rend des personnages qui n’ont jamais existé aussi réels que nos amis et des écrivains morts aussi vivants qu’un présentateur de télévision. Julian Barnes « Par la fenêtre »

(Photo: Librairie Tulitu, Bruxelles)

Un jour, une citation: Louis Dubrau

C’est d’ailleurs ce qu’elle attend d’un roman: « qu’il élargisse son champ de vision ». Cité dans la préface de Louis Dubrau* « À la poursuite de Sandra » Éditions Névrosée, Collection Femmes de lettres oubliées, p.9

* Louis Dubrau, de son vrai nom, Louise Scheidt. Née à Bruxelles (1904-1997). Elle choisit d’écrire sous un pseudonyme masculin, parce qu’elle se méfie des jugements subjectifs qu’on porte aux textes écrits par une femme.

(Photo: Bouquinerie, Louvain)