Un jour, une citation : Stendhal

Je me félicite toujours plus du hasard qui nous a portés à aimer la lecture; car quoique tu n’en dises, je suppose que tu lis toujours beaucoup.
C’est un magasin de bonheur toujours sûr et que les hommes ne peuvent nous ravir. Stendhal  » Lettres à Pauline » (lettre du 4 juin 1810), Seuil – L’école des lettres », p.484

(Photo: Galerie Bortier, 1000 Bruxelles)

ADRIANA TRIGIANI « TRÈS CHÈRE VALENTINE »

Quatrième de couverture

New York, 2007. De génération en génération, les Roncalli ont mis tout leur amour dans la confection d’exquises chaussures de mariage, façonnées dans les cuirs les plus tendres et les satins les plus chatoyants. Une passion qui a permis à la petite entreprise familiale de perdurer, en plein coeur d’un Manhattan envahi par les grandes enseignes. Aujourd’hui, c’est à Valentine qu’il revient de poursuivre cet héritage. Mais prise dans les tumultes de la vie new-yorkaise et son histoire d’amour compliquée avec un jeune chef cuisinier en vogue, l’inspiration lui manque. Et si un voyage en Italie sur les traces de son histoire familiale l’aidait à découvrir sa voix artistique ? Et peut-être beaucoup d’autres choses sur elle-même…

Des rues encombrées de Manhattan aux verdoyantes collines toscanes, à la rencontre d’une jeune femme passionnée et inoubliable.

« POIGNANT, DRÔLE, TENDRE ET INCANDESCENT, TRÈS CHÈRE VALENTINE EST UN MAGNIFIQUE CADEAU POUR TOUS LES FANS D’ADRIANA TRIGIANI. » Boston Globe

L’auteur

Adriana Trigiani est une grande romancière américaine d’origine italienne. Ses romans ont été publiés dans le monde entier (36 pays) et elle a reçu de nombreux prix. « L’italienne son premier roman, publié en France, est un best-seller.

Mon avis

Une famille, c’est des mariages, des naissances, des maladies, des disputes et des incompréhensions. Une famille, c’est des joies et des peines… La famille de Valentine est une famille italo-américaine. Elle vit avec sa grand-mère. Ensemble, elles gèrent une petite entreprise familiale de confection de chaussures de mariage dans Greenwich Village. Dans la famille, elle est considérée comme la rigolote, ses sœurs étant l’intelligente et la jolie.

Mais l’entreprise familiale connaît des problèmes et elle risque de se retrouver sans rien. Elle rencontre l’amour…

Et puis, sa grand-mère l’entraîne dans un voyage en Italie: Arezzo, Capri. Un voyage qui devrait allier le travail et l’amour. Mais l’amour n’est peut-être pas au rendez-vous. Elle décide alors de prendre son destin en main…

Un roman sur les relations familiales, les liens et les traditions… Le portrait d’une femme volontaire et libre. Un roman aux couleurs et au saveurs de l’Italie…

Et quand on tourne la dernière page, on aimerait déjà pouvoir lire la suite.

Extraits

▪️… c’est comme si le soleil italien apparaissait dans cette nuit glaciale.

▪️… l’amour, ce sont les épreuves que l’on traverse ensemble.

▪️… l’art est au cœur de la vie, même dans la souffrance.

▪️Au final, l’amour est un énorme casse-tête.

▪️Tous les mots que j’ai appris dans ma vie ne me permettent pas de décrire ce que j’éprouvais pour elle.

Note: 4/5

Éditions Charleston, 2019, 400p.

Un jour, une citation: Paolo Cognetti

🇫🇷 Nicola dormait, je n’avais donc personne à qui faire part de ce sentiment, cette tristesse que seuls les lecteurs connaissent, la nostalgie des livres finis. Paolo Cognetti « Sans jamais atteindre le sommet » Stock

🇮🇹 Nicola dormiva, cosi non avevo nessuno a cui comunicare quel sentimento, il tipo di tristezza che solo i lettori conoscono, la nostalgia dei libri finiti. Paolo Cognetti « Senza mai arrivare in cima  » Einaudi

(Photo: Galerie Vivienne, Paris)

Un jour, une citation: Italo Calvino

🇫🇷 La vie d’une personne consiste en un ensemble d’événements dont le dernier pourrait encore changer le sens de tout l’ensemble, non parce qu’il compterait plus que les précédents, mais parce qu’une fois inclus dans une vie les événements se disposent en un ordre qui n’est pas chronologique mais répond à une architecture intérieure. Quelqu’un par exemple, qui lit à l’âge mûr un livre important pour lui, au point de dire: «Comment pouvais-je vivre sans l’avoir lu!» et encore: «Quel dommage que je ne l’aie pas lu quand j’étais jeune!» eh bien, ces affirmations, et surtout la seconde, n’ont pas beaucoup de sens, puisque, du moment où il a lu ce livre, sa vie devient celle de quelqu’un qui l’a lu, et peu importe qu’il l’ait lu tôt ou tard, car même la vie qui a précédé cette lecture prend maintenant dans sa forme la marque de cette lecture. Italo Calvino « Palomar »

🇮🇹 La vita d’una persona consiste in un insieme d’avvenimenti di cui l’ultimo potrebbe anche cambiare il senso di tutto l’insieme, non perché conti di più dei precedenti ma perché inclusi in una vita gli avvenimenti si dispongono in un ordine che non è cronologico, ma risponde a un’architettura interna. Uno per esempio legge in età matura un libro importante per lui che gli fa dire: «Come potevo vivere senza averlo letto! E anche: «Che peccato che non l’ho letto da giovane!» Ebbene, queste affermazioni non hanno molto senso, soprattutto la seconda, perché dal momento che lui ha letto quel libro, la sua vita diventa la vita di uno che ha letto quel libro, e poco importa che l’abbia letto presto o tardi, perché anche la vita precedente alla lettura ora assume una forma segnata da quella lettura. Italo Calvino « Palomar »

(Photo: Librairie Nijinski, Chaussée d’Ixelles, 315, 1050 Bruxelles)

Un jour, une citation: Laetitia Colombani

🇫🇷 À la clameur des discothèques, Giulia préfère le silence feutré de la biblioteca comunale. Elle s’y rend chaque jour à l’heure du déjeuner. Insatiable lectrice, elle aime l’ambiance des grandes salles tapissées de livres, que seul le bruissement des pages vient troubler. Il lui semble qu’il y a là quelque chose de religieux, un recueillement quasi mystique qui lui plait. Lorsqu’elle lit, Giulia ne voit pas le temps passer. Enfant, elle dévorait les romans d’Emilio Salgari, assise aux pieds des ouvrières. Plus tard, elle a découvert la poésie. Elle aime Caproni plus qu’Ungaretti, la prose de Moravia et surtout les mots de Pavese, son auteur de chevet. Elle dit qu’elle pourrait passer sa vie en cette seule compagnie. Elle en oublie même de manger. Il n’est pas rare de la voir rentrer le ventre vide de sa pause déjeuner. C’est ainsi: Giulia dévore les livres comme d’autres les cannoli. Laetitia Colombani « La tresse » Grasset

🇮🇹 Al chiasso delle discoteche, lei preferisce il silenzio ovattato della biblioteca comunale, in cui si reca ogni giorno all’ora di pranzo. Lettrice insaziabile, Giulia adora la quiete delle grandi sale tappezzate di libri, turbata soltanto dal fruscio delle pagine. È come se in quel luogo ci fosse qualcosa di sacro, una sorta di raccoglimento mistico che l’affascina. Quando legge, per lei il tempo smette di scorrere. Da piccola, Giulia si sedeva ai piedi delle operaie e divorava i romanzi di Emilio Salgari. Qualche anno dopo, aveva scoperto la poesia. A Ungaretti preferisce Caproni, le piace la prosa di Moravia, ma soprattutto ama le parole di Pavese, il suo autore preferito. A volte pensa che sarebbe capace di passare la vita intera solo in loro compagnia. La lettura le fa dimenticare persino l’appetito. Non è raro vederla rientrare dalla pausa pranzo a stomaco vuoto. Giulia è fatta cosı, divora i libri con la stessa avidità con cui altri divorano i cannoli. Laëtitia Colombani « La treccia » Editrice Nord

(Photo: Galerie Bortier, 1000 Bruxelles)

Un jour, une citation: Alberto Manguel

C’est curieux cette façon dont le lecteur façonne son propre texte en remarquant certains mots, certains noms qui ont pour lui une signification privée, dont lui seul perçoit l’écho et qui échappent à tous les autres. Alberto Manguel « Journal d’un lecteur » Actes Sud, p.40-41

(Photo: Librairie des Éditeurs Associés, rue de Médicis, 11, 75006 Paris)