Un jour, une citation: Oriana Fallaci

🇫🇷 Tu sais que le roman m’a toujours séduit parce que c’est un récipient dans lequel on peut verser en même temps de la réalité et de la fantaisie, de la dialectique et de la poésie, des idées et des sentiments. Tu sais qu’il me séduit parce que la combinaison de tous ces éléments permet d’obtenir une vérité plus vraie que la vérité vraie. Une vérité réinventée parce que la combinaison de tous ces éléments permet d’obtenir une vérité plus vraie que la vérité vraie. Une vérité réinventée, devenue universelle, à laquelle chacun s’identifie et dans laquelle chacun s’identifie et dans laquelle chacun se reconnaît. Oriana Fallaci « Inchallah » Gallimard

🇮🇹 Tu sai che il romanzo mi ha sempre sedotto, perché è un recipiente dentro il quale puoi versare nel medesimo tempo realtà e fantasia, dialettica e poesia, idee e sentimenti. Tu sai che mi seduce perché il suo impasto di realtà e fantasia, dialettica e poesia, idee e sentimenti, consente di fornire una verità più vera della verità vera. Una verità reinventata, universalizzata, nella quale ciascuno si identifica e si riconosce. Oriana Fallaci « Insciallah » Rizzoli

(Photo: Daunt Books, Marylebone High Street, 83-84, London)

Florence Malmassari «Makoro »

Quatrième de couverture

« Si tu empiles vingt pommes, tu as à peu près la hauteur de Makoro. Elle a dix ans, ses jambes sont des baguettes, les muscles collent aux os, c’est une petite grenouille. Ses cheveux, ce sont des milliards de frisures de laine, on passe les doigts dedans, c’est doux et ça pétille, au-dessous, on sent la tête bien faite, bien ferme. » Makoro vient de Kissibougou, un village en brousse. A Bamako, dans un minuscule deux pièces, Ada sa tante l’accueille comme si c’était sa fille. On plonge alors dans la vie d’un quartier bouillonnant aux côtés de personnages pétulants : la vieille Niéba, Tiguidé-aux-belles-fesses, Touré le professeur, Inoussa le prodige, Abdoulaye-jus-à-bulles et petit Youssouf, qui nous entraînent dans un Mali vibrant, poétique et profond.

Mon avis

Elle a dix ans et n’est pas plus haute que vingt pommes. Elle s’appelle Makoro. Sa mère étant malade, elle quitte son village pour aller vivre chez sa tante, à Bamako…

Une nouvelle vie commence, faite de rencontres: que ce soit à l’école ou dans le quartier où elle habite…

Un roman qui parle de traditions, d’histoires ancestrales et de sagesse. Les personnages qui gravitent autour de Makoro sont à la fois touchants et d’une vivacité inouïe. Une histoire pleine de vie. Une écriture vivante, joyeuse et colorée. Une très jolie découverte.

Extraits

▪️La nuit, tout se tait. Même les étoiles sont muettes.

▪️La passion tourmente, et les vrais liens apaisent.

▪️Mais les mots, petite, c’est eux qui transportent. Sur les mots, on vibre d’espérance.

▪️À chaque homme son destin, il y a des routes longues et des routes plus courtes.

▪️Tu t’égares, quand tes oreilles s’ouvrent aux flatteries. Celui qui vaut la peine, ce n’est pas celui qui parle le plus.

▪️Si un homme se connaît et d’encre à son histoire, rien ne lui porte atteinte.

▪️Si tu crois que l’amour est un marchand de mirages, l’histoire d’Ada et Boubacar te recolle les rêves.

▪️Les contes te délivrent des indices et te donnent des signes. Tu les interprètes avec ton jugement propre.,Alors, les histoires fantastiques, c’est une façon de réfléchir, tu sors de ton vécu pour revenir à toi-même.

Note: 4/5

Ateliers Henry Dougier, 2018, 128 p.

Un jour, une citation: Olivia de Lamberterie

La lecture est l’endroit où je me sens à ma place. Lire répare les vivants et réveille les morts. Lire permet non de fuir la réalité, comme beaucoup le pensent, mais d’y puiser une vérité. L’essentiel pour moi est qu’un texte sonne juste, que je puisse y discerner une voix, une folie; je n’aime pas les histoires pour les histoires, encore moins les gens qui s’en racontent. Je n’ai pas besoin d’être divertie, mes proches s’en chargent, je me fiche d’apprendre. J’aime être déstabilisée, voir avec d’autres yeux. Olivia de Lamberterie « Avec toutes mes sympathies »

(Photo: Boekhandel De tribune, Kapoenstraat 8-10, 6211 KW Maastricht)

Un jour, une citation: Marc Meganck

Les paupières semblent fermées. Le visage est légèrement penché en avant. Le regard posé sur le papier, sur les pages qui tournent presque imperceptiblement, sur les lignes du temps qui s’est arrêté. C’est beau une femme qui lit. De face, de côté. Dans un bistrot, dans un train, dans une baignoire, dans nos songes. Sur une terrasse, sur un banc, sur une butte herbeuse. C’est un spectacle apaisant, celui d’une femme emportée par des mots, emmenée par un auteur et son univers…. Marc Meganck «Au sud des jours ordinaires» (micro-nouvelles) – (dessins Aurélie Russanowska, 180 éditions)

(Photo: Librairie Nijinski, Chaussée d’Ixelles, 315, 1050 Bruxelles)

Isabelle Bary « Dix-sept valises »

Quatrième de couverture

Alicia Zitouni est ce genre de femme qui a tout pour aller mal. D’origine marocaine, elle est née en Belgique, mais ne se sent ni d’ici ni de là-bas. Elle sillonne une vie chahutée et marquée au fer rouge par un environnement violent, enfermant, acculturé et soumis au diktat des hommes. Pourtant Alicia rayonne. Elle transpire cet enchantement pour la vie qui permet de la traverser les bras grand ouverts, quel que soit le cadeau de naissance.

Lorsque Mathilde Lambert – jeune femme moderne qui a tout pour aller bien – décide d’écrire un roman inspiré par le destin étonnant d’Alicia, elle est loin d’imaginer que ce projet va bouleverser sa vie.

En se glissant dans la peau de son héroïne, elle découvrira, au bout de sa propre plume, une manière d’appréhender l’existence aux antipodes de la sienne. Elle pénétrera les mondes invisibles des croyances et de l’imaginaire et se laissera porter par la grâce d’envisager le monde avec poésie. Elle comprendra enfin pourquoi, d’elles deux, c’est Alicia qui souriait le mieux.

Mon avis

Écrire. Écrire pour changer le destin transformer une vérité qu’on n’accepte peut-être pas et réinventer la réalité. Mathilde décide d’écrire un roman pour donner un sens au destin de son amie Alicia, que l’on a vu entrer dans l’océan et disparaître au loin. Lentement, le processus de l’écriture s’élabore. Elle retrace le parcours de son amie, de l’enfance douloureuse au succès! Et bientôt, elle comprend qu’écrire n’est pas une affaire de mots, mais une affaire d’amour. Elle se laisse alors emporter par son imagination…

Alternant le récit de la vie d’Alicia et le travail d’écriture de Mathilde, on découvre les portraits de deux femmes, différentes mais attachantes et fragiles, qui toutes deux mettent beaucoup d’amour dans ce qu’elles font: l’une écrit et l’autre cuisine.

Un roman qui analyse le besoin d’écriture, cette écriture qui bouleverse et envahit la vie. Un très joli roman inspiré par une histoire vraie!

Extraits

▪️C’est l’apanage des âmes prodigieuses, on leur trouve toujours une attitude, un sourire, une délicatesse qui nous incitent à nous laisser entraîner dans leur liberté.

▪️Mais écrire, c’est être libre, non?

▪️Écrire était avant tout un acte de tolérance.

▪️… le récit s’est fait vivant, les mots, les phrases puis les paragraphes sont devenus cette histoire sur j’avais envie d’écrire.

▪️Je comprenais qu’à défaut de pouvoir changer le monde, le voir autrement est parfois la seule issue.

▪️Sans plus chercher à comprendre pourquoi, sans culpabiliser, sans vouloir convertir le cours des choses, sans chercher à convaincre ou être aimée. Juste vivre. Juste écrire.

▪️Moi, je crois qu’écrire est une manière de vivre. Que, quand tu crées tes personnages, ils déteignent sur toi et te forcent à voir la vie autrement, avec leur regard à eux.

▪️- Tu crois qu’écrire rend plus tolérant?

– Évidemment! Et plus heureux!

– Sans doute. Je vais y réfléchir.

▪️Les mots sont dangereux, parfois. Ils instillent des impressions, des vides qu’on comble en cherchant à deviner ce que l’autre n’a pas dit.

▪️Écrire était devenu mon acte d’amour.

Note: 4/5

Éditions Luce Wilquin. 2018, 190p.