Isabelle Bary « Dix-sept valises »

Quatrième de couverture

Alicia Zitouni est ce genre de femme qui a tout pour aller mal. D’origine marocaine, elle est née en Belgique, mais ne se sent ni d’ici ni de là-bas. Elle sillonne une vie chahutée et marquée au fer rouge par un environnement violent, enfermant, acculturé et soumis au diktat des hommes. Pourtant Alicia rayonne. Elle transpire cet enchantement pour la vie qui permet de la traverser les bras grand ouverts, quel que soit le cadeau de naissance.

Lorsque Mathilde Lambert – jeune femme moderne qui a tout pour aller bien – décide d’écrire un roman inspiré par le destin étonnant d’Alicia, elle est loin d’imaginer que ce projet va bouleverser sa vie.

En se glissant dans la peau de son héroïne, elle découvrira, au bout de sa propre plume, une manière d’appréhender l’existence aux antipodes de la sienne. Elle pénétrera les mondes invisibles des croyances et de l’imaginaire et se laissera porter par la grâce d’envisager le monde avec poésie. Elle comprendra enfin pourquoi, d’elles deux, c’est Alicia qui souriait le mieux.

Mon avis

Écrire. Écrire pour changer le destin transformer une vérité qu’on n’accepte peut-être pas et réinventer la réalité. Mathilde décide d’écrire un roman pour donner un sens au destin de son amie Alicia, que l’on a vu entrer dans l’océan et disparaître au loin. Lentement, le processus de l’écriture s’élabore. Elle retrace le parcours de son amie, de l’enfance douloureuse au succès! Et bientôt, elle comprend qu’écrire n’est pas une affaire de mots, mais une affaire d’amour. Elle se laisse alors emporter par son imagination…

Alternant le récit de la vie d’Alicia et le travail d’écriture de Mathilde, on découvre les portraits de deux femmes, différentes mais attachantes et fragiles, qui toutes deux mettent beaucoup d’amour dans ce qu’elles font: l’une écrit et l’autre cuisine.

Un roman qui analyse le besoin d’écriture, cette écriture qui bouleverse et envahit la vie. Un très joli roman inspiré par une histoire vraie!

Extraits

▪️C’est l’apanage des âmes prodigieuses, on leur trouve toujours une attitude, un sourire, une délicatesse qui nous incitent à nous laisser entraîner dans leur liberté.

▪️Mais écrire, c’est être libre, non?

▪️Écrire était avant tout un acte de tolérance.

▪️… le récit s’est fait vivant, les mots, les phrases puis les paragraphes sont devenus cette histoire sur j’avais envie d’écrire.

▪️Je comprenais qu’à défaut de pouvoir changer le monde, le voir autrement est parfois la seule issue.

▪️Sans plus chercher à comprendre pourquoi, sans culpabiliser, sans vouloir convertir le cours des choses, sans chercher à convaincre ou être aimée. Juste vivre. Juste écrire.

▪️Moi, je crois qu’écrire est une manière de vivre. Que, quand tu crées tes personnages, ils déteignent sur toi et te forcent à voir la vie autrement, avec leur regard à eux.

▪️- Tu crois qu’écrire rend plus tolérant?

– Évidemment! Et plus heureux!

– Sans doute. Je vais y réfléchir.

▪️Les mots sont dangereux, parfois. Ils instillent des impressions, des vides qu’on comble en cherchant à deviner ce que l’autre n’a pas dit.

▪️Écrire était devenu mon acte d’amour.

Note: 4/5

Éditions Luce Wilquin. 2018, 190p.

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